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2013 The 1975

The 1975 - The 1975 (2013)
Par WALTERSMOKE le 26 Octobre 2013          Consultée 816 fois

La spontanéité, en voilà quelque chose qui se perd dans le monde du rock. Dans l'ancien temps, par exemple, un groupe était monté et sortait son premier disque en un rien de temps. Prenez par exemple les Rolling Stones : un matin, Mick et Keith se rencontrent. L'après-midi, ils fondent leur groupe et le soir, ils donnent déjà leur premier concert. Je prends un exemple bien célèbre, mais on avait la même avec tant d'autres groupes, qu'ils soient passés à la postérité ou pas. Avec le temps, ceci a bien changé. Le temps passé à la première oeuvre musicale tient de l'ordre de quelques mois, sans compter l'appareil promotionnel qui doit être paré à agir efficacement. Certes, Internet montre que la tendance peut s'inverser, mais c'est assez relatif.
THE 1975 ne changera rien à cette prise de temps. Fondé en 2002, ce quatuor anglais a tout de même opéré comme ses illustres prédécesseurs des années 60 en enregistrant des EP tout au long de l'année, avant de passer à la vitesse supérieure avec leur premier LP. Pour les quelques personnes ayant suivi THE 1975 depuis leurs débuts, elles reconnaîtront d'ailleurs des chansons qui y figurent, comme par exemple "The City", "Sex" ou encore "Chocolate".

En termes de pedigree, THE 1975 est classé comme un groupe d'indie pop, voire d'alternative rock. Mais soyons francs, il n'y a ici rien d'indie, surtout quand on voit qui a produit l'album. Il s'agit de Mike Crossey, le même qui s'est occupé des premiers albums des Arctic Monkeys. D'ailleurs, certains parallèles peuvent être établis entre le fameux groupe d'Alex Turner et celui de Matthew Healy, en termes de débuts. Ceci amène à évoquer l'entrée fracassante de The 1975, ayant réussi à trôner en tant que numéro 1 dans les charts anglais, coiffant au poteau le dernier NIN. Belle performance pour un album moyennement bon.

The 1975 est en effet un album de pop-rock ni excellent, ni horrible. En vérité, il n'est pas mauvais pour un sou, mais manque de beaucoup trop de choses pour mériter un fort engouement. Du côté des points positifs, de bonnes idées sortent du lot. Les quelques interludes électroniques offrent de petites respirations à travers les 50 minutes de l'album, distribuées entre 16 morceaux. Les membres de THE 1975, en tant que musiciens, montrent clairement une maîtrise de leurs instruments respectifs, même si cela n'est pas flagrant – j'y reviendrai plus tard. Tout cela est synthétisé avec les deux premiers morceaux, "The 1975" et "The City". Si tout l'album se situe dans cette veine rock teinté d'électro, alors on devrait en sortir plus que satisfaits.

Et pourtant, la mayonnaise ne prend que difficilement par la suite. Par la suite, les premières chansons qui suivent restent encore assez originales les unes par rapport aux autres, et également assez bonnes dans l'ensemble. C'est à partir de "Heart Out" que les choses se gâtent. Le sentiment d'écouter peu ou prou les mêmes chansons s'installe et ne lâche plus l'esprit. Enfin, ce n'est pas tout à fait le cas, puisque la dernière chanson, "Is There Somebody Who Can Watch You" (oh le titre à rallonge !) est une ballade au piano minimaliste. De manière plus globale, le chant de Healy est assez basique, et empêche THE 1975 de réellement se démarquer. Pire, il ressemble bien à celui de Simple Plan, et ceci n'est pas un compliment. Enfin, la production n'est pas au top et rend un son trop compressé, on aurait pu attendre mieux du travail de Crossey. Parmi les conséquences, l'absence de la basse est à noter.

THE 1975 a bien fait d'extraire les meilleures chansons de leurs précédents EP et de les intégrer ici. Sans eux, l'album serait tout simplement monotone et peu engageant. Pourtant, les pistes musicales qui s'ouvrent devant le groupe sont intéressantes. Maintenant que le succès leur est acquis pour un temps, la question est de savoir si THE 1975 va persévérer dans un perfectionnement de sa musique, ou bien se reposer sur ses lauriers.

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- Matthew Healy (chant, guitares, piano)
- Adam Hann (guitare)
- George Daniel (batterie)
- Ross Mcdonald (basse)


1. The 1975
2. The City
3. M.o.n.e.y.
4. Chocolate
5. Sex
6. Talk !
7. An Encounter
8. Heart Out
9. Settle Down
10. Robbers
11. Girls
12. 12
13. She Way Out
14. Menswear
15. Pressure
16. Is There Somebody Who Can Watch You



             



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