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DEAD ROCK MACHINE - Bright Colors Mean Poison (2013)
Par CHIPSTOUILLE le 1er Novembre 2013          Consultée 1110 fois

Fuck you, fuck your band, fuck your music.

C’est sur ces magnifiques paroles que DEAD ROCK MACHINE vous invite à découvrir son univers musical. Certes, comme entrée en matière, on a sûrement fait pire, par exemple joué d’équivoques en parlant du Dr Mengele (1). Cela étant, lorsqu’on est admiratif du « Respect to the dance floor » de MASS HYSTERIA, le message, brut, peu importe à qui il s’adresse, passe difficilement. Ce n’est pourtant pas les paroles débiles qui manquent dans le monde de l’électro, mais il me semble bien qu’on vient de toucher le fond. Combien de titres se contentent de répéter stupidement une phrase jusqu’à la dénuer de son sens ? I like to move it-move it, my friend Dario has a super racer car, beng beng... Pas besoin de vous faire un dessin. "Fuck Your Band" rince comme une douche froide, annonciateur d’une mauvaise nouvelle. Non, DEAD ROCK MACHINE n’est pas la révélation attendue.

Pourtant le premier contact avec le duo français, pour bien des personnes, est plus engageant. "Far away now" est un tube qui mérite que l’on s’y attarde. Riff magique, refrain accrocheur, production poussant un peu plus loin le mur du son, beat agressif. Vite, une autre dose ! "Far away now", c’est un peu la rareté dans une brocante, la petite perle sur laquelle vous n’espériez plus tomber, que vous aviez même oublié de chercher à force d’essais infructueux. Tout est là, elle vous fait de l’œil, vous avez déjà sorti votre portefeuille. Craintif que l’on vous dérobe l’objet convoité sous vos yeux, vous vous êtes même senti l’âme du prédateur l’espace d’un instant. Mais la brocante est une activité traîtresse. Il a suffit de cette petite rareté pour transformer ce petit « tour pour prendre l’air – je reviens tout de suite chérie – oublie pas ton écharpe » en véritable chasse au trésor. Bien vite l’amer constat, la rareté s’avère être ce qu’elle devait être, une exception. Rien n’y fait, vous avez beau gratter le fond des cartons, ausculter la tranche de vieux jeux Playstation, labourer les bacs à BD, faire le tour trois fois des étalages de disques vinyles, rien. La brocante ne vous octroiera que versions antédiluviennes de Fifa, Tintins et Asterix à prix prohibitif et compilations de Frédéric FRANÇOIS, youpi. Je dis ça, je ne vous parle même pas des gens qui espèrent vous vendre le vaisselier de mémé, la collection printemps-été 84 des figurines kinder et des frites dissoutes dans la graisse. Histoire de ne pas revenir brocouille, on se déniche toujours un vieux DVD plateau-repas-du-dimanche-soir qu’on ne regardera jamais qu’une fois dans sa vie, une dizaine de chiffons presque pas usés et un action replay pour Saturn qui ne sera testé qu’un an plus tard et s’avérant au final, défectueux. Non, ne cherchez pas, vous venez de perdre votre journée.

Bright colors mean poison donne un peu cette impression de perte de temps. Ce duo français ne parvient jamais tout à fait à réitérer l’exploit de "Far away now". Post-rock, post-punk, post-it ? J’avoue ne pas avoir bien compris dans quelle catégorie les ranger. DEAD ROCK MACHINE fait du bruit, martèle le beat comme un groupe de techno, joue comme un groupe de rock, monte le son comme un groupe de métal, chante comme un groupe de brit-pop. Prenez PONY PONY RUN RUN, croisez-les avec VITALIC et PRODIGY, vous obtiendrez quelque chose d’approchant. Loin d’un groupe tout à fait générique, DEAD ROCK MACHINE parvient même à jouer de subtilité par instants, usant de jolis chromatismes ("There-alone", "Show me the way"), voir de nappes complexes et multiples ("Show me the way", à nouveau). Quelques titres pourraient prétendre au rôle de challenger, comme les sympatiques "LA Club" ou "The wrong button". Mais le peu de temps qu’elle dure, cette musique affreusement attirante se révèle malgré tout superficielle et répétitive et, corollaire qui en découle, bien souvent creuse.

Exception faite de "Far Away now", recette répétée, mais dont la magie ne fonctionne qu'une fois.

Si j’étais malpoli, rancunier (j'ai payé mon CD) et sans principe, je reprendrais la phrase d’intro à la lettre pour donner de la percussion à cette conclusion. Cela n’étant pas le cas, on se contentera d’une citation en guise de réponse :
« Tu peux écouter du hardcore, tu peux écouter du hip-hop, du death metal, du reggae, de la techno, de la new wave, tu respectes ! »

(1) Encore une référence au Reign in blood de SLAYER, ça tourne à l’obsession.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Romain Pascal
- Thierry Minot


1. Fuck Your Band
2. Far Away Now
3. By
4. La Club
5. London
6. There-alone
7. Successful
8. Take The Lead
9. Show Me The Way
10. The Wrong Button
11. Like You Had Scored
12. Ante



             



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