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SIA - 1000 Forms Of Fear (2014)
Par MOONDREAMER le 15 Septembre 2014          Consultée 4158 fois

Dans le milieu de la pop mainstream, Sia FURLER est vraiment une artiste à part. Loin du parcours de produit marqueté que la plupart des divas du genre ont subi plus ou moins contre leur gré, SIA est issue de la scène underground australienne, a fait ses débuts en 2001 en collaborant avec le groupe de trip-hop ZERO 7 et a parcouru beaucoup de chemin musical depuis son premier album studio en 2002, Healing Is Difficult. Mais pour bien saisir l’histoire ce 5ème album, revenons en 2010, après la sortie de We Are Born.

Après le succès radiophonique de « Clap Your Hands », la chanteuse s’embarque pour une tournée mondiale dont elle ne ressort pas intacte. Son agoraphobie, jusque-là latente et contrôlée, s’exprime dans toute son amplitude et SIA réalise que, si elle n’a aucun problème à chanter devant une audience restreinte d’amis, être soumise au regard perçant de milliers d’inconnus est devenu une torture quotidienne. Sombrant dans l’alcoolisme, elle passe au bord du précipice et échappe à une tentative de suicide.

Elle décide donc se mettre en retrait du devant de la scène et retourne à son activité d’auteure-compositrice pour les grands noms de la scène pop. Elle compose notamment « Diamonds » pour RIHANNA, « All I Need » pour Christina AGUILERA, « Pretty Hurts » pour BEYONCE, « Perfume » pour Britney SPEARS, et va même jusqu’à produire et composer pour Kiss Me Once, le dernier album de Kylie MINOGUE. Bien plus épanouie par ce rôle de coulisses, d’artiste de l’ombre, que lorsqu’elle se trouvait sous les spotlights, SIA est parvenue à marquer le paysage de la pop de son empreinte tout en récupérant une intimité salutaire.


Elle accepte tout de même, un peu à contrecœur, de poser sa voix sur les parties vocales des morceaux qu’elle a écrit pour David GUETTA et FLO RIDA, « Titanium » et « Wild Ones », en apparaissant en featuring. Le succès qu’elle rencontre la surprend et contribue à rendre son nom connu du grand public. Poussée par ses pairs, notamment le compositeur Greg KURSTIN avec qui elle a collaboré sur cet album et les deux précédents, et par son label qui voit un gros potentiel commercial autour de l’Australienne, SIA entame l’écriture de 1000 Forms of Fear.


Décidée à ne pas reproduire ses erreurs passées, elle impose cependant ses conditions : elle produira elle-même tout l’album, n’aura pas à montrer son visage ni sur scène, ni dans ses vidéo-clips (laissant à la place son emblématique perruque jaune prendre sa place), ne participera pas au marketing autour de l’album et ne fera une tournée que dans la mesure de ses envies. L’album dépasse alors toutes ses attentes, « Chandelier » devient un succès mondial et son premier numéro un des charts, en son nom propre.

Succès commercial autant que critique, 1000 Forms of Fear mérite-t-il pareil engouement ? Reconnaissant un certain manque d’objectivité vis-à-vis de l’Australienne, que je suis depuis des années, je me range aisément du côté des conquis par l’album. S’éloignant de l’électro-pop joyeuse et exubérante de We Are Born, 1000 Forms of Fear conserve pourtant son côté mainstream assumé, en témoignent la production tournée vers l’efficacité et la puissance, et les arrangements dans la veine de la pop urbaine à la RIHANNA. Les sceptiques y verraient le signe que SIA s’est vendue et qu’elle a renoncé à son intégrité artistique, je suis de l’avis que la pop commerciale n’est pas un genre honteux et que c’est l’univers dans lequel SIA évolue depuis déjà quelques années. Elle connaît mieux que personne les mécaniques du milieu et n’a plus rien à prouver à quiconque.


Qui plus est, la démarche artistique est là et chaque morceau a été finement composé et ciselé pour toucher sa cible. L’album dessert d’ailleurs un propos bien plus fin, sombre et sincère que nombre de ses consœurs musicales, et la production calibrée et emphatique sied particulièrement bien à la voix puissante de l’Australienne, notamment sur « Elastic Heart », présent sur la BO de Catching Fire.

Assurément masochiste sur « Hostage » (seul morceau à rappeler l’ère We Are Born) ou encore « Free the Animal », voire même pleinement autodestructrice sur l’incandescente « Fire Meet Gasoline », SIA dévoile une facette intime et dérangeante d’elle-même, qui touche par son honnêteté sans contrefaçon. « Chandelier » traite de l’alcoolisme et des nuits sans lendemain, là où « Dressed in Black » assume une vulnérabilité déconcertante, bref l’album est une réussite sans équivoque au niveau des paroles.

1000 Forms of Fear n’est pour autant pas exempt de faiblesses, à commencer par les longueurs interminables sans lesquelles « Dressed In Black » aurait été incontestablement le meilleur morceau de l’album, ce mérite allant donc pour moi au splendide « Fair Game ». Seul fil conducteur de sa carrière musicale, la voix de SIA a pris en maturité et fait toujours autant vibrer, mais la chanteuse s’accorde quelques facilités en abusant des « ohohoh » (« Eye of the Needle ») et des démonstrations vocales à deux doigts de la lourdeur.

1000 Forms Of Fear reste cela dit d’une cohérence remarquable et n’a pas à pâlir de la comparaison avec ses prédécesseurs. SIA est en passe de devenir une figure incontournable de la scène pop mainstream, et au vu de sa personnalité rafraichissante, de ses qualités assurées de compositrice et de ses capacités vocales spectaculaires, il y a de quoi s’en réjouir !

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   MOONDREAMER

 
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- Sia Furler (voix)
- Greg Kurstin (basse, guitare, claviers, piano, percussions, mell)
- Jesse Shatkin (percussions, claviers)
- Nick Valensi (guitare)


1. Chandelier
2. Big Girls Cry
3. Burn The Pages
4. Eye Of The Needle
5. Hostage
6. Straight For The Knife
7. Fair Game
8. Elastic Heart
9. Free The Animal
10. Fire Meet Gasoline
11. Cellophane
12. Dressed In Black



             



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