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Uli Jon ROTH - Scorpions Revisited (2015)
Par GEGERS le 27 Janvier 2015          Consultée 2542 fois

Nos papys du hard rock vieillissent. Ceux qui ont commencé leur carrière à la fin des années 60, pères fondateurs de la distorsion, ont désormais tous ou presque largement dépassé la soixantaine. Ceux qui sont encore là, et qui n'ont depuis longtemps plus rien à prouver, déplorent chaque année de nouvelles pertes dans leurs rangs. Et, si certains ont encore l'envie et la force de poursuivre le chemin, de continuer à créer, nombre ont à cœur de boucler la boucle en commémorant, en célébrant leur immense carrière tant qu'ils le peuvent encore. Dans le camp des Scorpions, création et célébration restent deux maître-mots. Le groupe de Rudolf Schenker, qui célèbre en 2015 ses 50 ans d'existence, propose un nouvel album et s'embarque dans une longue tournée mondiale. Depuis les années 2000 Michael, le petit frère, s'évertue à célébrer ce qu'il appelle le « hard rock artisanal » en parcourant le monde et en continuant de composer en compagnie de la section rythmique légendaire des Scorpions composée de Francis Buchholz et Herman Rarebell. Uli Jon Roth, pour sa part, s'est fait plus discret dans le courant des années 2000, proposant quelques rares albums inventifs et novateurs, tout en donnant aux quatre coins du globes des concerts et autres masterclass lui permettant de transmettre aux aspirants guitaristes quelques éléments de son talent. En 2013, le fils spirituel d'Hendrix décide lui-aussi de célébrer son passé. Cette même année marquant les 40 ans de son intégration dans Scorpions (il intègre le groupe alors moribond en 1973, en remplacement de Michael Schenker, pour le quitter 5 ans plus tard), il se lance dans une tournée de deux ans, proposant une setlist constituée uniquement de morceaux composés pour les quatre albums studio qu'il enregistra avec le groupe de Hanovre.

Bien qu'il ne s'agisse pas d'un live, Scorpions Revisited est le résultat de cette tournée-anniversaire. Des quatre excellents opus enregistrés avec les arachnides, le virtuose a extrait 18 morceaux (19 pour la version japonaise, offrant en bonus le symbolique « I've got to be free », témoignage de la volonté du guitariste d'explorer de nouveaux horizons) compilés sur un double album. Totalement retravaillés, ces titres ont été réenregistrés courant 2014 dans le même studio d'Hanovre qui servait de lieu de répétitions aux Scorpions entre 1973 et 1978, certains morceaux ayant même été composés dans ce même studio. Celui qui a contribué à briser les barrières entre distorsion et musique classique, entre poésie et hard rock, revient donc à un exercice plus formel, bien que le maestro n'ait pas sacrifié sa volonté d'intégrer de nouveaux éléments mystiques et flamboyants dans sa relecture de ces titres composés dans sa jeunesse. Accompagné de l'indéboulonnable bassiste Ule Ritgen, qui le suit depuis ses débuts en solo avec Electric Sun, Uli s'est entouré d'une équipe de jeunes musiciens talentueux et capables de rendre un hommage convaincant au passé du guitariste. Parmi ceux-ci, le chanteur Nathan James fait preuve d'excellent choix. Le vocaliste n'est évidemment pas Klaus Meine : certains titres, à l'image de « Longing for Fire », sont chantés un ton en-dessous de la version originale, tandis que d'autres voient de nombreuses harmonies vocales tenter de donner le change. Néanmoins, le timbre à la fois gracieux et puissant du vocaliste lui donne toute légitimité pour interpréter ces titres exigeants, exercice qu'il réussit avec brio.

Désireux de rester fidèle à la structure et à l'esprit originel des morceaux, Uli sculpte par touches discrètes plus qu'il ne chamboule. Sur l'introductif et puissant « The Sails of Charon », considéré par beaucoup comme le morceau-maître de cette époque, Uli renforce les influences tour à tour flamenco et médiévales au cours d'un break rallongé, qui porte le morceau à quasiment 10 minutes. Totalement repensé, le solo est une splendeur de virtuosité et de feeling, mis en valeur par une production très claire et organique. A la différence des versions originales, Uli utilise sa célèbres Sky Guitar, qui ne le quitte plus depuis le milieu des années 80. Les sept cordes de l'instrument lui permettent l'ajout de fioritures et de petite touches mélodiques, comme sur « Longing for fire » ou sur « Dark Lady », dont la version ici rallongée reprend le break tel qu'interprété par le guitariste lors du « reunion-show » de Scorpions à l'occasion du Wacken 2006.

Les ambiances sombres et mélancoliques se voient particulièrement mises en valeur. L'alambiqué « Crying days », doté d'un solo foisonnant, est une perle qui permet à la basse ronde d'Ule Ritgen faire des merveilles. La ballade « Yellow raven », qui reprend les bruits d'oiseaux de la version originale, est une invitation à la contemplation tout comme « Fly to the Rainbow », agrémenté d'un prélude de quatre minutes à la fois technique et bouleversant de tendresse. A l'inverse, les titres les plus agressifs sont également fort bien retravaillés. C'est le cas de « Virgin Killer », qui voit l'ajout d'ambiances groovy calmer la rage du morceau pour en faire un brûlot toujours rageur mais plus mûr, doté d'une fin baroque, proche de la musique classique. « Sun in my hand », joué un ton plus bas, se fait encore plus pesant, et proche de l'univers d'un Blue Oyster Cult. Uli, qui interprète les morceaux qu'il chantait à l'époque, se fait également très convaincant au chant, ayant fait de nets progrès au fil des ans.

Loin d'être vides de sens ou d'être de simples actualisations de splendeurs passées, les relectures qui constituent de Scorpions Revisited sont d'une actualité et d'une beauté non pas surprenante, mais délectable et aboutie. Si le feeling initial des morceaux reste inégalable, ancré dans l'esprit des auditeurs depuis plus de 30 ans, ces versions revisitées bénéficient toutes d'un petit quelque chose supplémentaire qui nous les fait apprécier sous un jour nouveau et différent. Que ce soit le méconnu « All night long », jamais enregistré en studio avec les Scorpions, ou l'épique et magnifique « We'll Burn the sky », perle d'écriture et de composition, tous les titres confirment que le virtuose n'a en rien perdu de sa superbe. Bien sûr, quitte à intégrer certains titres dont il n'est ni l'auteur ni le compositeur (« In Trance notamment), on aurait aimé que le virtuose propose tous les titres de Scorpions sur lesquels il a posé sa marque, ne manquant à l'appel que l'entraînant « Your light » et le calme instrumental « Night Lights ». Ce serait néanmoins faire la fine bouche car ce double album au son d'une clarté céleste et d'une interprétation sans faille est l'exemple-type d'un hommage réussi et qui confirme que si le Scorpions de « Still Loving You » est très grand, celui des années 70 reste immense.

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   GEGERS

 
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- Uli Jon Roth (chant, guitare)
- Nathan James (chant)
- Jamie Little (batterie)
- Ule W. Ritgen (basse)
- Niklas Turmann (guitare)
- Corvin Bahn (claviers)
- David Klosinski (guitare)


- cd1:
1. The Sails Of Charon
2. Longing For Fire
3. Crying Days
4. Virgin Killer
5. In Trance
6. Sun In My Hand
7. Yellow Raven
8. Polar Nights
9. Dark Lady

- cd2:
1. Catch Your Train
2. Evening Wind
3. All Night Long
4. We’ll Burn In The Sky
5. Pictured Life
6. Hell Cat
7. Life’s Like A River
8. Drifting Sun
9. Rainbow Dream Prelude
10. Fly To The Rainbow



             



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