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CELTIQUE CLASSIQUE  |  STUDIO

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Shaun DAVEY - The Brendan Voyage (1980)
Par MARCO STIVELL le 20 Avril 2015          Consultée 451 fois

Ma chère Maman,

je vous écris que nous sommes sortis de Paris, sans regrets en ce qui me concerne (en espérant qu'il fait beau dans le Sud). Dites à Papa, à la famille, à mes amis que je vais bien, mieux, bien mieux, et puis tout va plus vite en avion. Pensez un peu ! cette merveilleuse invention qui donne à l'Homme des ailes d'oiseau et l'amène d'un bout à l'autre de la Terre en quelques heures seulement. Bon, il est vrai, ces dernières années, l'oiseau s'est quelque peu brûlé les ailes et a causé de grands malheurs à échelle humaine...

Nous sommes déjà à Caen, et serons bientôt à Carentan, d'où nous pourrons voir la mer. La mer ! la grande bleue, que les hommes utilisaient avant d'aller « prendre l'air », pour leurs longs trajets et depuis des millénaires... Parfois, ils allaient en mer, ils ne voulaient plus en revenir, et une fois à terre, ils ne songaient qu'à y retourner.

Ca me rappelle Brendan... Ce cher Brendan. Le connaissez-vous, Maman ? Non, pas Brendan et le Secret de Kells, ce film d'animation splendide qui prouve qu'un Irlandais vaut bien un Japonais, même si le rapprochement est naturel. Ce Brendan-là est un saint, après avoir été moine. Un moine bien entendu soumis aux ordres, mais qui dès le départ, regardait loin derrière les murs de son abbaye, et qui n'a pas perdu le Nord. C'est pour cela qu'il a entrepris un premier voyage aux îles Féroé et en Islande, avant de préférer les odeurs épicées et suintantes du péché originel, s'en allant quérir le jardin d'Eden, quelque part sur la mer, aux Canaries ou aux Antilles...

Nombreux sont les ménestrels, musiciens dans notre langage moderne, qui ont rendu et rendent encore hommage à ce patron des Irlandais, un peu plus jeune que Saint-Patrick. En 1980, Shaun DAVEY, compositeur de 32 ans, multidiplômé en histoire de l'art, laisse dans la musique gaélique une empreinte toute particulière et personnelle dès la confection de ce premier album qui rend hommage à Brendan. Il s'agit d'une bande sonore indépendante, véritable partition pour un film imaginaire, reliure figurative de thèmes musicaux consacrés aux voyages du moine.

L'univers rappelle John WILLIAMS de manière évidente, pour cette utilisation de l'orchestre avec alternance de tableaux impressionnistes échus aux cordes et de moments plus solennels où les cuivres ressortent ainsi qu'une approche contemporaine, quoique nous restons ici loin des « Jaws » et autres « Imperial March » -Maman, cela doit vous rappeler des souvenirs !-. L'écriture de Shaun DAVEY, exclusivement instrumentale bien entendu, se cantonne à un registre élégant, délicat (ah, cette magnifique introduction de « Journey to Iceland » par le couple hautbois-uilleann pipes !), malgré quelques surprises comme ce « The Gale » au groove disco pour le moins inattendu !

Les brumes d'Iroise aujourd'hui, sont-elles les mêmes que celles qui ont entouré le « currach » (la barque légère) de Brendan, lorsqu'il a eu les îles Féroé, l'Islande, ou une « Terretotalementnouvelle » en vue ? La cornemuse du grand Liam O'Flynn (PLANXTY), présente par intermittence, exprime les sentiments et impressions du moine. Les jigs et reels, danses irlandaises, se mêlent finement aux envolées de cordes et coups de cymbales.

C'est avec enrichissement que nous découvrons le Paradis des Oiseaux de l'île Mykines (Féroé) en même temps que Brendan, que nous sentons le temps faire une pause en arpentant les terres lunaires de l'Islande, ou que nous posons fièrement le pied sur Terre-Neuve (« Newfoundland », magnifique), longtemps avant qu'un Génois ne s'approprie sans vergogne l'immense découverte d'un « nouveau continent ». C'est du moins ce que dit la légende... Certains moments en suspens, comme des soupirs liés à l'émotion, révèlent une ligne directrice, à moins que ce ne soit une image d'une autre forme, une de ces créatures magiques qui peuplent les mers et qui n'ont pas le caractère malfaisant des sirènes.

Je regarde par le hublot, il me semble qu'elle est là. Maman, si vous la voyiez, sur son rocher ! Elle est splendide. Shaun DAVEY l'aurait-il vu, lui aussi ? cette adorable petite Selkie aux cheveux bouclés et sombres, pour écrire des notes si belles, si délicates ?

Au revoir Maman. Je vous enverrai ce beau ruban dont vous avez souvent rêvé, et vous le mettrez à votre tricot, en souvenir de moi. Bien à vous.

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   MARCO STIVELL

 
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- Shaun Davey (compositions)
- Liam O'flynn (uilleann pipes)
- Paul Macateer (batterie)
- Garvan Gallagher (basse)
- Tommy Hayes (bodhran)
- Orchestre Symphonique


1. Introduction
2. The Brendan Theme
3. Jig: Water Under The Keel
4. Journey To The Faroes
5. The Cliffs Of Mykines
6. Mykines Sound
7. Journey To Iceland
8. The Gale
9. Labrador
10. Newfoundland



             



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