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Nat King COLE - After Midnight (1957)
Par TEEMO le 8 Octobre 2015          Consultée 812 fois

Nat « King » Cole, « le parfait dandy » du jazz, pour reprendre les mots de Noël Balen dans L'Odyssée du Jazz. Nathaniel Adams Cole est une des nombreuses étoiles de la musique ayant fait surface dans les années 30 alors que l'ère du swing est à son apogée. Les orchestres des big bands, parmi lesquels on peut citer Duke Ellington et Count Basie comme maîtres de forges, enflamment alors tous les dancings et autres cabarets américains. Mais, cette époque correspond aussi à l'émergence sporadique d'artistes solistes s'étant, le plus souvent, émancipés de leur chef d'orchestre et mentor. Ainsi, Nat Cole quitte l'orchestre Solid Swingers, créé par son frère, pour se consacrer à un autre type de formation qu'il va grandement populariser : le trio. Imité par nombre de ses pairs (Art Tatum à l'époque, puis plus tard Oscar Peterson, Michel Petrucciani, Keith Jarrett...) Nat, dont l'élégance le suit comme une ombre, grave un nombre de disques impressionnant. Crooner d'exception à la voix sensuelle et suave et au jeu pianistique fluide, le natif d'Alabama parvient à toucher un large public tout en imposant un technicité remarquable.

Nous sommes donc en 1957 quand « After Midnight » sort chez le prestigieux label Capitol Records, label de prédilection du pianiste. L'album rencontre un succès important puisqu'il atteint la 13ème place du Billboard américain... catégorie « Pop » ! A bien y réfléchir, cela n'a rien d'étonnant : le répertoire est principalement constitué de chansons populaires interprétées dans un jazz très accessible. Cela n'empêche pas au chanteur d'y insuffler un swing unique et irrésistible.
La chanson « Sweet Lorraine », écrite en 1920 par le duo Burwell et Parish, est le morceau qui a fait connaître notre dandy lorsqu'il l'interprète pour la première fois en 1940. Une ambiance feutrée dont on distingue une trompette en sourdine, une contrebasse qui se meut avec grâce, quelques accords de piano et de guitare jazzy, et surtout une voix ronde et chaleureuse. Cette pureté qui règne c'est tout l'esprit du « King ».

Une fraîcheur libératrice anime la musique de Cole, et parmi les exemples les plus parlants on peut citer « It's Only A Paper Moon » qui se veut toute enjouée et pleine d'entrain, tandis que « I Know That You Know » déboule avec fracas sur la piste de danse dans un duel furibond de piano et de violon. En 1946, Bobby Troup compose (Get Your Kicks On) Route 66, un morceau qui deviendra un standard du rhythm & blues. C'est le Nat Cole Trio qui l'enregistre pour la première fois cette même année et qui lui offre un succès triomphant. Pour l'album « After Midnight » il réenregistre le morceau de manière légèrement plus habillée mais parvient à en garder toute la saveur, tout le feeling. On appréciera tout autant « Don't Let It Go To Your Head », un mid-tempo doucereux dont les phrasés languissants du saxophone nous bercent. Comment passer à côté de « Caravan », ce célèbre standard du jazz composé par Duke Ellington ? Cole maîtrise toute l'ambiguïté et l'exotisme du thème qu'il chante d'une voix profonde et mystérieuse.

On dit souvent que les plus belles interprétations des jazzmen se font sur des tempi lents. Or, force est d'admettre que Nat Cole n'est pas une exception. Notre homme à l'allure raffinée s'ouvre à nous avec « You're Looking At Me », où il devient très sentimental et où son talent de crooner devient une évidence. Sur « Blame It On My Youth » (autre standard du jazz) l'accompagnement minimaliste permet d'apprécier pleinement la sensualité et le charme de sa voix. D'ailleurs, il faut admettre que l'album mise, en règle générale, plus sur la voix de Nat que sur son jeu pianistique, ce qui constitue le seul bémol de l'opus.

Nat Cole est à l'époque un artiste très populaire qui rencontre ses premiers succès en 1945 avec l'album « The King Cole Trio, Vol 1 ». A une époque où la ségrégation raciale sévit, celui dont la musique fait danser aussi bien les noirs que les blancs, parvient à monter sa propre émission de télévision et à se produire en tant qu'acteur. Plus tard adulé par Ray Charles, qui le cite comme son inspiration principale, Nat King Cole évolue beaucoup lors de sa carrière, troquant le trio, qu'il avait fondé avec Oscar Moore et Wesley Prince, pour un orchestre grandiloquent et abandonnant peu à peu le piano au profit du chant. Mais malgré quelques dérives commerciales, Cole conserve toujours une certaine forme d'authenticité. « After Midnight » est l'un des derniers témoins de ses qualités jazzman.

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- Nat King Cole (piano, voix)
- Charlie Harris (contrebasse)
- John Collins (guitare)
- Lee Young (batterie)
- Invités :
- Willie Smith (saxophone)
- Harry Edison (trompette)
- Stuff Smith (violon)
- Juan Tizol (trombone)
- Jack Costanzo (bongos)


1. Just You, Just Me
2. Sweet Lorraine
3. Sometimes I'm Happy
4. Caravan
5. It's Only A Paper Moon
6. You're Looking At Me
7. Lonely One
8. Don't Let It Go To Your Head
9. I Know That You Know
10. Blame It On My Youth
11. When It Grow Too Old To Dream
12. (get Your Kicks On) Route 66



             



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