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2005 Golevka

The EVPATORIA REPORT - Golevka (2005)
Par FURSY le 13 Avril 2006          Consultée 2422 fois

Evpatoria est une ville située quelque part au beau milieu de l'Ukraine où s'élève une antenne destinée à établir le contact avec les petits bonhommes verts de l'espace... Le message intersidéral s'appellerait "The Evpatoria Message"...
Et à quelques années lumières de la terre, une galaxie nommée Golevka. Pour ne pas déroger à la règle qui régit une bonne partie des groupes de Post-Rock (Godspeed You!Black Emperor, Red Sparowes, Sigur Ròs, etc.), le groupe suisse The Evpatoria Report choisit encore un nom bien étrange sorti de nulle part et qui attise la curiosité.

Leur premier album Golevka est un pur bijou ; 6 titres instrumentaux d'une dizaine de minutes chacun et d'une profondeur incroyable. Les 54 minutes de ce dernier m'ont fait flotter dans l'éternel, dans un nulle-part rempli de tristesse mêlée à l'angoisse.

Golevka est un voyage introspectif, une sorte d'envolée dans le vide intersidéral où je suis bercé par le chant sinistre des étoiles, des guitares et des violons qui, surgissant de nulle part avec leur mélodie déchirante, me rappellent que je suis seul, perdu dans un nuage d'éther. L'aération des morceaux est à mes yeux un des points forts de ce disque. Evpatoria prend son temps, laisse couler les minutes, créant ainsi de gros contrastes entre les passages éthérés et les parties explosives, où batterie et guitares saturées crient leur désespoir. J'oublie ma vie de tous les jours, comme anesthésié, et me laisse guider tantôt par la profondeur du silence, tantôt par les nuées de poussières qui éclatent soudain puis s'arrêtent, permettant à mes pensées de reprendre leur cours... Tout est flou, tout est noir et tout semble intouchable, nous sommes spectateurs, impuissants et subissants, et c'est volontiers qu'on l'accepte.
Les instruments se rencontrent, dialoguent, avec une agilité et une douceur étonnante. Les montées en puissance toujours plus tragiques et intenses me perçent le coeur, avant de m'abandonner une fois de plus dans ce nulle part infini et vide.
"Dipole Experiment", dernier morceau est un chef d'oeuvre. C'est à mes yeux la touche d'espoir de ce disque ; le morceau avec lequel l'album prend toute son ampleur, et surtout, c'est la continuité logique de Golevka, qui n'aurait pas pu se terminer par un autre morceau que celui-ci. Ce titre, c'est un peu la réapparition du soleil aprés des années de nuit, les soldats qui revoient leur femme après la guerre, comme une sorte de renaissance, quelle qu'elle soit, épique mais juste assez pour ne pas tomber dans le mièvre et le cliché. Ecouter ce morceau sans avoir précédement écouté les autres est une erreur. Ecouter les autres sans écouter celui-ci en est une autre.
Le morceau se termine, l'album s'achève, et je flotte encore en attendant que tout ceci recommence.

Effectivement, The Evpatoria Report ne réinvente pas la structure d'un morceau PostRock (calme/tempete/calme/etc.), mais là n'est pas leur objectif premier. Je pense que la ligne conductrice de cet album est de plonger l'auditeur dans un univers propre à eux et d'évoquer la tristesse et le lugubre par des contrastes, des pleins et des déliés.
A mes yeux, nous touchons de très près les meilleurs moments de "Disintegration" des Cure, mais également certains albums de Tarentel "The Order Of Things", "Fear Of Bridges". Je pense également à Mogwaï, Explosions In The Sky et à la noirceur maladive de Sopor Aeternus.

The Evpatoria Report est un groupe pour lequel il est inutile de créer ses propres images et d'interpréter la musique... J'aurai tendance à dire que tout suffit, que tout est bon à prendre et que l'on s'en contente. Vivement la suite!

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   FURSY

 
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- Daniel (violon/synthé)
- Dilo (basse)
- Fabrice (batterie)
- Laurent (guitare)
- Simon (guitare)


1. Prognoz
2. Taijin Kyofusho
3. Cosmic Call
4. C.c.s Dogbook
5. Optimal Region Selector
6. Dipole Experiment



             



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