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ZËRO - Diesel Dead Machine (2009)
Par JOVIAL le 8 Mars 2012          Consultée 851 fois

Cette claque, on ne l'avait pas vraiment vue venir. Joke Box, deux ans auparavant, avait certes été un album de bonne facture mais n'en demeurait pas pour autant des plus convaincants. En un mot, ZËRO, malgré le talent et l'inspiration de ses musiciens, se montrait trop hésitant, ou plutôt tentait de toucher à trop de styles différents à la fois, d'où un certain manque de personnalité. Le groupe ne savait pas franchement quelle direction prendre, ça se sentait, souhaitant tout d'abord s'éloigner des territoires défrichés avec Bästard et dans le même temps ne pas totalement en renier la filiation. Ainsi le résultat fut un album hétérogène et décousu, et en faisant la fine bouche manquant tout de même parfois d'un peu de speed. Et puis là, 2009 sonne, et Diesel Dead Machine nous arrive en pleine figure. Les premières notes de « Bobby Fischer » envahissent à peine nos oreilles que l'on comprend que ZËRO n'est plus vraiment le même. Le rythme s'accélère, les arrangements se font plus électroniques, le chant gagne en énergie, les mélodies se montrent tantôt plus aiguisées tantôt plus massives et par-dessus tout, le groupe se révèle plus accrocheur, allant parfois même jusqu'à l'immersif, sans toutefois jamais tomber dans l'excès et le boursouflé.

Dès le premier morceau, ce second opus s'annonce comme plus électronique que son prédécesseur, et les claviers, bien souvent relégués au rang de soutien sur Joke Box, deviennent des acteurs majeurs des compositions de Diesel Dead Machine, à égalité avec les guitares et la basse d'Aldéa, avec qui d'ailleurs ils se voient brillamment associés. Ainsi « Bobby Fischer » frappe d'emblée par son électronique malsaine et cérébrale, abrutissant les sens de l'auditeur qui ne sait déjà plus où donner de la tête. ZËRO délivre ainsi au travers de ses arrangements une force lysergique incroyable, une histoire d'un psychédélisme urbain et moderne, aux montées en puissance nous poussant littéralement à la transe. Les fulgurants « Pigeon Jelly », particulièrement entraînant, et « Cheeeese », dont l'introduction ressemblerait presque à celle, en accélérée, de « Syntelman's March Of The Roaring Seventies » des vieux aînés d'Amon Düül II, n'en sont qu'un premier et agréable aperçu, sans pourtant rien nous laisser présager du démentiel de l'outro de Diesel Dead Machine, l'immense « Viandox », quintessence du rock électronique d'un groupe ici au sommet de son art.

Néanmoins, ZËRO sait aussi se faire plus hargneux et délaisse parfois les hautes sphères électriques décrites plus haut pour des morceaux plus débridés, en gardant toutefois toujours sous le pied cette petite touffe d'herbe infectée, aux retours d'acide parfois inattendues. Si « Load Out » avec ses guitares écrasantes et rondes demeure la moins intéressante du disque, l'amusante « Sick To The Bone », toute en syncopes, réjouit au plus haut point son auditeur arrivé en fin d'album. Mais nous retiendrons, c'est certain, quand même encore plus les deux énormes mandales d'« Enough... Never Enough » et de « The Cage », globalement plus sombres, sur lesquelles Franck Laurino martèle ses fûts comme une brute, accompagnant le chant plus dure d'un Eric Aldéa visiblement toujours aussi à l'aise derrière le micro en étant capable de délivrer en même temps des lignes d'une efficacité redoutable. N'oublions pas non plus de nous attarder sur la plus bästardienne « Dreamland Circus Sideshow », imprévisible et parfois troublante, dont l'intermédiaire instrumental, plus calme, réveillera sans aucun doute les plus nostalgiques d'entre nous.

Diesel Dead Machine est ainsi un album qui frappe fort, très fort, et peu de choses sont à lui reprocher, si ce n'est deux-trois passages un peu plus faibles, pas non plus catastrophiques, en particulier « Load Out », dont j'ai déjà parlé, et « The Opening », qui s'égare un petit peu en fin de morceau, malgré un très bon début. Quoiqu'il en soit, ZËRO nous fait énormément de bien avec cette seconde offrande et rassure là où Joke Box pouvait à juste titre nous inquiéter. Diesel Dead Machine reste à mon avis une des plus grosses sorties de l'année 2009, stupéfiante dans les deux sens du terme.

À écouter absolument : « Enough... Never Enough », « The Cage » et « Viandox ».

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- Ivan Chiossone (clavier/guitare)
- Franck Laurino (batterie)
- François Cuilleron (guitare/basse/claviers)
- Eric Aldéa (chant/basse/guitare)


1. Bobby Fischer
2. Load Out
3. Dreamland Circus Sideshow
4. Pigeon Jelly
5. Enough... Never Enough
6. The Opening
7. Cheeeese
8. The Cage
9. Sick To The Bone
10. Viandox



             



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