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DIE KRUPPS - Stahlwerkrequiem (2016)
Par WALTERSMOKE le 28 Juin 2016          Consultée 844 fois

En 2016, cela fait 36 ans que Die Krupps ont été formés. Le groupe mené de main de maître par Jürgen Engler a réussi à devenir une sorte de formation culte, s'étant fait un nom dans le métal industriel des années 90, quelques années avant Rammstein (histoire de citer la référence la plus connue du genre), des années après un passé EBM plutôt animé. Mais cette année voit le groupe s'orienter plus vers ses premières racines, lorsque la musique signée Die Krupps était placée sous le signe de l'indus tout court. Enfin, plus que s'oriente, Engler va jusqu'à réinterpréter le tout premier disque signé Die Krupps, j'ai nommé Stalhwerksinfonie. Sorti en 1981, cet album reste d'une importance conséquente pour qui s'intéresse à l'indus, en tout cas bien plus que les affreux Throbbing Gristle.

Stahlwerkrequiem, donc, est en quelque sorte un remix de Stahlwerksinfonie ? Oui, dans le sens où la pièce d'origine est aisément reconnaissable, mais il s'agit là d'une réadaptation/réactualisation, pour être plus honnête. Et puis aussi, il s'agit pour le fan de rock expérimental allemand d'une vraie offrande inespérée quant au line-up. En effet, Engler fait carrément appel à Jean-Hervé Péon et Zappi Diermaier, les membres du légendaire Faust, ainsi que Mani Neumeier, éternel leader de Guru Guru, et Pyrolator, un musicien qui a officié chez D.A.F. lors des jeunes années de cette dernière formation. Accompagnés de Scott Telles, tout ce beau monde retravaille donc le premier opus des folles aventures des Krupps.

Il y a pourtant de quoi avoir peur, puisqu'un tel supergroupe (appelons un chat un chat) pourrait n'être qu'une réunion d'égos gonflés comme des outres, n'offrant qu'un triste spectacle à contempler. Sauf que non, car non seulement on peut sentir que l'alchimie marche bien avec ces musiciens, mais en plus, soyons francs : Stahlwerkrequiem est supérieur à Stahlwerksinfonie. Que ce soit sur le son ou la durée de l'oeuvre, plus longue d'ailleurs, il n'y a a priori rien à redire. Et que dire du jeu des musiciens en lui-même, sinon qu'il est très bon ? Engler et ses camarades ne sont pas loin de donner le meilleur d'eux-même, le tout en ne dégradant pas l'oeuvre originale. Mieux, ils l'améliorent en injectant de fortes doses de krautrock (logique) et une pincée d'électronique, ce qui en fait une oeuvre particulièrement riche au final. Certes, il n'y a plus par exemple de voix intrigantes et inquiétantes, mais en échange les variations et rallongements amènent entre autres des ambiances tout aussi captivantes, ainsi que le brisage d'une possible monotonie qui planait sur l'opus de 1981.

Pour ceux qui s'intéressent au krautrock moderne, on peut rapprocher Stahlwerkrequiem de Voix d'Aluk Todolo. Mais la comparaison s'arrête là, puisque ce dernier a montré comment rater un croisement entre krautrock, indus et noise. Jürgen Engler, pour sa part, remet les points sur les i, grâce à son « nouvel » opus qui devrait être à même d'en intéresser plus d'un. Dès lors, une seule chose est souhaitable : que le musicien allemand fasse de nouveau appel à ses illustres collègues, afin de délivrer cette fois une oeuvre complètement originale qui ne manquera pas de convaincre.

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- Jürgen Engler
- Jean-hervé Péron
- Zappi Diermaier
- Mani Neumeier
- Pyrolator
- Scott Telles


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