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Lou PRIDE - Keep On Believing (2005)
Par LE KINGBEE le 30 Novembre 2016          Consultée 552 fois

Lou Pride … encore un nom peu connu dans l’Hexagone. Né en 1950 dans le North Side de Chicago, le jeune George Louis Pride (son vrai nom) fait ses gammes à la First Baptist Church dirigée par le Révérend E.J. Cole (le père du pianiste). Un parcours commun à de nombreux chanteurs noirs de l’époque. En assistant à un concert de BB KING, il a la révélation et décide de bifurquer vers la musique séculière, la Soul Blues. Incorporé en Allemagne, il chante au sein des Karls, un modeste groupe. A sa démobilisation, il revient à Chicago et chante en duo avec JLC, une chanteuse qui deviendra Madame Pride à la ville.

Installé à El Paso, il grave une poignée de singles pour Suemi, un label local. Dernièrement, un de ses singles se vendait pour la modeste somme de 3800 €, c’est dire si le truc doit être rare. On le retrouve ensuite à Albuquerque, ville où il enregistre quelques disques pour Gold Black. En 1979, il enregistre un single pour Curtom, le label de Curtis Mayfield. Excellent chanteur, Pride se produit essentiellement dans le Chitlin’ Circuit (le Circuit des Andouillettes). En 1990, le label Ichiban décide de le faire venir en studio, Pride met en boîte « Gone Bad Again » suivi en 1997 de « Twisting The Knife ». A l’aube du nouveau millénaire, le Texan d’adoption atterrit chez Icehouse Records et grave « I Won’t Give Up », album qui passe inaperçu. Il lui faut attendre 2002 pour qu’il soit signé par Severn Records, label qui lui consacre quatre albums.

David Earl, patron du label Severn fondé en 1998 a vraiment du nez. Si « Words Of Caution », le premier opus de Lou Pride, laissait présager une Soul au-dessus de ce que le registre proposait à l’époque, « Keep On Believing » se situe à un cran largement supérieur. Excellent producteur, Earl est aussi un homme privilégiant le contact. Sa première trouvaille a été de s’attacher les services d’une escouade de musiciens attitrés. Partant du principe qu’on ne change pas une équipe qui gagne, Earl décide de faire appel à certains des session men figurant dans l’album précédent. Le chanteur et les différents membres se connaissent bien et ont de surcroît eu le temps de se roder lors de nombreux festivals et dans la Severn Soul Revue. Le bassiste Steve Gomes (ex Ronnie Earl, Luther Allison ou WC Clark) décide d’élargir son champs d’action et se transforme en coproducteur. Le fait n’est pas totalement anodin. Investi par sa nouvelle mission, Gomes va concocter une production léchée sans surenchère, juste ce qu’il faut. Earl et Gomes décident de faire appel au batteur Robb Stupka (ex Luther Allison, Gary Primich et membre des Butanes) et à l’organiste Benjie Porecki, tous deux présents dans l’album précédent. Il ne reste plus qu’à trouver un guitariste et c’est Johnny Moeller (futur Fabulous Thunderbirds) qui décroche le contrat. Adepte d’un jeu peu pondéré, Moeller vient d’enregistrer avec Candye Kane et John « Juke » Logan et se trouve disponible. Si l’idée de faire appel à Moeller pouvait surprendre au départ, convenons que Moeller va se fondre dans l’ensemble et même carrément se couler dans le moule. Afin de donner une coloration cuivrée à l’ensemble, la petite formation est complétée par une importante section cuivre, menée par Kevin Burns (ex Ray Charles, Temptations, Four Tops) dont les membres sont presque tous issus du Jazz. Afin d’épaissir la tonalité, une demi douzaine d’invités interviennent au gré des titres, et curieusement cet apport ne casse pas la cohésion de l’ensemble mais contribue à apporter chaleur et convivialité.

Pour ce nouvel album, Pride s’est livré à un gros travail d’écriture en apportant pas moins de douze nouveaux titres. D’emblée, « Midnight Call » annonce la couleur, une Soul texane aussi cuivrée que délicate. Pour diriger la section cuivre et s’occuper des arrangements, le label a embauché Willie Henderson. Ancien sax d’Otis Rush ou de Syl Johnson, Henderson a aussi pris une part importante dans les succès de Tyrone Davis, Jackie Wilson ou des Chi-Lites et l’arrangeur apporte sa pâte. La majorité des titres monte crescendo, la corrélation entre les souffleurs, la section rythmique, la sobre guitare de Moeller et les choristes invités est évidente. S’il est ardu de ressortir un titre plus qu’un autre, tant le niveau frôle ici les sommets, « I Want To Hold Your Hand » où la guitare se fait plus rurale, « Real Deal » titre Soul Blues évocateur de WC Clark se détachent du lot. Mais c’est bien « Sunrise » qui remporte tous les suffrages, un véritable blues dans lequel les touches délicates de guitare n’ont de cesse de placer le chant de Lou Pride au diapason.
Lou Pride ne nous délivre qu’une seule reprise avec « Waiting In Vain » tirée de l’album « Exodus » de Bob Marley. Ce titre lent a connu plusieurs reprises, souvent affligeantes. On se souvient de la version d’Annie Lennox ou de celle de Gilberto Gil qui n’apportaient strictement rien. Plein d’autres formations se sont fracassées sur ce standard de Marley (The Pasadenas, Nicole Henry) dénaturant complètement le morceau. Transformer du Bob Marley à la sauce Soul Blues n’est pas nouveau, Chuck Jackson et Cissy Houston (la mère de Whitney) avaient repris en duo « Waiting In Vain » bien des années avant, avec une ballade sentimentale aussi lente que sirupeuse. Lou Pride parvient ici à tirer les marrons du feu. Le chant velouté relevé par l’Hammond de Benjie Porecki fait ici encore mouche.

«Keep In Believing », titre révélateur au message optimiste, nous dévoilait un chanteur capable de faire ressortir ses émotions, un chanteur qui a toujours cru en ses possibilité malgré un manque de notoriété. Le disque permettra à Lou Pride de se produire en Europe, mais l’embellie sera de courte durée. En 2010, alors qu’il devait participer à la Severn Soul Revue, en Angleterre, Suisse, Pays Bas et Allemagne, Lou Pride est victime d’une crise cardiaque. Il enregistre un dernier album « Ain’t No More Love In This House » publié en 2013 par Severn Record à titre posthume. Victime d’un cœur fatigué, il ne verra jamais ce disque. Il décède en juin 2012. Avec « Keep In Beliving », vous avez entre les mains (ou les oreilles) l’un des meilleurs albums de Soul de la première décennie du nouveau millénaire.

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- Lou Pride (chant)
- Johnny Moeller (guitare)
- Walter Namuth (guitare 5)
- Steve Gomes (basse)
- Robb Strupka (batterie)
- Benjie Porecki (claviers)
- Victor Williams (percussions)
- Kevin Burns (trompette)
- Kenny Rittenhouse (trompette)
- Scott Young (saxophone)
- Jeff Antoniuk (saxophone)
- Scott Silbert (saxophone)
- Ron Dielh (saxophone)
- John Jensen (trombone)
- Margie Clarke (chœurs 1-2-5)
- Lady Mary (chœurs 1-2-5)
- John Butler (chœurs 1-2-5)
- Meg Murray (chœurs 1-7)
- Earl Jones (chœurs 6-10-13)
- Eddie Jones (chœurs 6-10-13)


1. Midnight Call.
2. Waiting In Vain.
3. I Can't Hold It.
4. I'm Com'un Home In The Morn'un.
5. Love Will Make It Alright.
6. I Want To Hold Your Hand.
7. Another Broken Herat.
8. Real Deal.
9. Sunrise.
10. Without Your Love.
11. I Wanna Be The Man You Want.
12. Layin' Eggs.
13. Hold On To Your Dream.



             



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