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MUSIQUES FOLKLORIQUES  |  STUDIO

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- Membre : Alan Stivell , Lambarena, Gabriel Yacoub , Peter Gabriel , O'stravaganza, Mozart L'egyptien, Lux Obscura
- Style + Membre : René Werneer , Pierre De Grenoble
 

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MALICORNE - L'extraordinaire Tour De France... (1978)
Par CHIPSTOUILLE le 20 Juin 2006          Consultée 7040 fois

MALICORNE pouvait s'enorgueillir jusqu'à présent d'avoir pu être catalogué en tant que groupe "bizarre". Oui bizarre, mais accessible, immédiat, évident presque, ils ont réussi à redéfinir les contours de la musique, à nous immerger dans un univers nouveau et rassurant. Ils ont fait 5 albums, si l'on compte Pierre de Grenoble, tous agréables, non sans une certaine mélancolie parfois, quelques titres tristes, mais la nostalgie fonctionne, on y croit, on en redemande, sans l'once d'une trace d'écoeurement ou de nausée, le parcours était jusque là idyllique.

Le cinquième album de MALICORNE n'est pas de ceux-là. Celui-ci s'appelle en réalité (prenez votre respiration) "L'extraordinaire Tour de France d'Adelard Rousseau, dit Nivernais la Clef des Coeurs, Compagnon Charpentier du Devoir" (et je me moque encore de MY CHEMICAL ROMANCE et BAL-SAGOTH...) on sent tout de suite l'envie qu'a eu le groupe de rompre avec son passé, dites au revoir aux titres sobres. Musicalement, on suit cette même logique, il s'agit bien de MALICORNE oui, c'est toujours aussi bizarre, mais en plus cette fois-ci, c'est long et glauque.

Regardez bien cette pochette, qu'exprime-t-elle en vous ? Un intérieur triste de wagon, difficile à dater, sans le moindre essai de design, même pour les années 70. C'est tristement sobre, le cadre ne fixe rien, et le seul personnage est une poupée de cire, le regard mort, inanimée, les cheveux filasses, vêtue de vieux habits. L'ambiance est la même sur l'album, pas forcément sobre (c'est même parfois riche), mais triste, inélégante, inspirant la solitude, le vide, l’ennui nonchalant. C'est ainsi que la plupart des mélodies qui jalonnent ce disque ont pris une tournure fermée ("La conduite", "La danse des damnés", "Les couleurs"), elles mettent mal à l'aise. MALICORNE qui avait toujours eu, tout en prenant racine dans notre moyen âge, un regard porté vers la modernité, fait ici demi-tour.

L'extraordinaire tour de France sonne affreusement vieux, non pas pour la qualité du son (quoique la production est bien moins bonne que sur les précédents, ce qui ne gâche rien au spectacle), ou parce qu'il est sorti il y a plus de 25 ans, non, les instruments sont poussiéreux, le chant léthargique, l'entrain quasi-inexistant (sauf sur un "A Paris la grande ville" miraculeux où DAN AR BRAZ viendra nous ravir d'un solo) et les mélodies terminent sur les graves de manière à donner l'impression d'une personne âgée recroquevillée, ou peut-être le bout de souffle en fin de phrase, ou en fin de vie. Tout ceci étant, vous l'aurez compris, dénué de tout charme romantique.

Lorsque les os poreux tiennent bon, fébrile, une petite voix entonne "Une fille dans le désespoir", Marie arrive à convaincre, sur fond de piano et de choeurs, la chanson est triste bien entendu, mais peut-être moins glauque, elle évoque moins cette odeur de moisi insistante. "A Paris la grande ville" redonne un espoir certain, et il est vrai que la seconde partie de l'album se passe sous de meilleurs augures. Sur fond de fanfare croupissante, la conviction du chant de "Compagnon qui roulez en Provence" fonctionne, "La complainte du coureur de bois" et "L'auberge sanglante" (trop longue en revanche) sont également plus convaincantes, bien que cette tristesse pesante persiste encore et toujours.

Quelques fois, bien entendu, on se réveille en sursaut, la fin de "La conduite" tient du miracle, on pensera même à QUEEN sur les accords de guitare introduisant "Le mari jaloux" (la boîte à musique qui suit est d'un glauque, mais d'un glauque...) on pensera au Songs from the wood de JETHRO TULL aussi, de par l'habillage boisé que revêt ici MALICORNE, mais ce sont quelques bien maigres instants qui vous rattachent encore à un espoir de vie.

En fait je ne conseillerai cet album qu'à ceux qui souhaitent se faire une séance de campagne glauque, avec l'odeur de chicorée et de beurre rance qui convient, rajoutez à cela quelques attrape-mouches usagés qui pendent au plafond, une table en formica, une vieille tapisserie à fleur tachée par le brûlé de la gazinière, laquelle, si on y regarde de plus prêt, est recouverte de graisse brûlée ; et puis bien sûr, les tableaux en canevas, les napperons jaunis, l’horloge grinçante qui maintient son quart d’heure constant de retard depuis des années, et pour finir la petite tour Eiffel en plastique mal peinte sur fond bleu dans sa boule à neige. Même le retour du thème premier de "La conduite" en toute fin d'album, fait semblant d'être joyeux ! Reste que l'ambiance - assez unique musicalement - est là, il faut au moins leur reconnaître d'avoir opéré ce tour de force ce qui je n'en doute pas, pourra plaire à certains. Je préfère pourtant éviter tout consensus, évitez cet album.

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   CHIPSTOUILLE

 
   MARCO STIVELL

 
   (2 chroniques)



- Marie Yacoub (chant, vielle à roue, dulcimer)
- Gabriel Yacoub (chant, guit., banjo, mandoloncelle, ...)
- Laurent Vercambre (chant, violon, alto, violoncelle, ...)
- Hughes De Courson (chant, percussions, flûte à bec, ...)
- Olivier Zdrzalik (chant, basse, percussions)


1. La Conduite
2. La Danse Des Damnés
3. Le Mari Jaloux|la Valse Druze
4. Si L'amour Prenait Racine
5. Une Fille Dans Le Désespoir
6. Les Couleurs
7. A Paris La Grand Ville
8. Compagnons Roulez En Provence
9. La Complainte Du Coureur De Bois
10. L'auberge Sanglante
11. Le Départ Des Compagnons|la Conduite



             



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