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ROCK PSYCHEDELIQUE  |  STUDIO

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- Membre : Deep Purple, Iron Butterfly, Johnny Winter

CAPTAIN BEYOND - Sufficiently Breathless (1973)
Par TOMTOM le 28 Janvier 2017          Consultée 1134 fois

Encore aujourd’hui, on ne sait pas très bien ce qui a causé la chute de CAPTAIN BEYOND. RHINO assure que c’est le label qui a sabordé le groupe. Capricorn voulait leur faire jouer du rock sudiste… Pour avoir dit non, les boys se sont retrouvés à jouer (sacrilège) en première partie des SHA NA NA. Bobby CALDWELL fournit une version bien moins épique à base de drogues et de problèmes de management. Quoiqu’il en soit, fin 1972, le batteur quitte le vaisseau et laisse les trois autres se démerder avec leur deuxième album.

Quand un groupe sort un disque, généralement, on dit que le suivant est le « difficile deuxième album ». Pour Sufficiently Breathless, ce sera l’inverse. CAPTAIN BEYOND, cette fois, a décidé de (se la) jouer cool. Finis les grandes cavalcades et les riffs canon laser. Le groupe embauche un joueur de congas, un pianiste, et pose sur un tapis volant en pochette intérieure. Sufficiently Breathless, comme son nom l’indique, c’est le calme après la tempête électrique, le repos des guerriers heavy sur les rivages tranquilles du jazz rock psychédélique.

Illustration : si vous avez écouté le premier CAPTAIN BEYOND, vous vous attendez naturellement à ce que la chanson titre explose à un moment ou à un autre. Hé bien non. « Sufficiently Breathless » est bien un titre acoustique. Le genre de chanson que n’aurait pas renié CSN&Y. Cela tombe bien, Rod EVANS n’a jamais été un chanteur hargneux, même chez DEEP PURPLE. Le registre adopté ici lui convient donc parfaitement : c’est planant et mélodique pour le chant, poétique et spatial pour les paroles. « Need you much / More than the ocean needs the cosmic love », la magnifique ballade « Starglow Energy » met tout le monde d’accord.

L’évolution de CAPTAIN BEYOND est avant tout celle de Larry « RHINO » REINHARDT. Sur le premier album, une grande partie de la furie ambiante était déployée par ses dix doigts. Cette fois, s’il n’abandonne pas totalement les structures hard rock (certains passages sur « Distant Sun », et « Evil Men »), le guitariste emmène le groupe sur les terres des premiers SANTANA. « Bright, Blue Tango », « Drifting In Space » et « Everything’s A Circle » sont de superbes pièces de funk-rock latino, avec congas, donc, et solo de piano sur « Drifting In Space ».

De manière générale, les guitares sont la grande affaire de ce disque. Il y en a PARTOUT. De la distordue, de la wah-wah, de la délicate, de l’électrique, etc. Le travail purement « sonique » abattu par RHINO est fantastique. Sur « Evil Men », les solos prennent le relais à chaque fois qu’EVANS s’arrête de chanter. A la rythmique, Lee DORMAN et Marty RODRIGUEZ (le nouveau batteur) jouent serré pour permettre à leur guitariste de prendre le large.

Sufficiently Breathless est un grand album contemplatif. Intelligent mais totalement laid-back. Et c’est peut-être son grand défaut. Les chansons sont alignées côte à côte comme les personnages zarbis de la pochette. On passe de l’une à l’autre en souriant, sans avoir constamment un manche de Stratocaster braqué sur la tempe (ce qui était la grande réussite du premier album). C’est bien. Mais où sont passés LES RIFFS ? Le problème, quand votre premier disque est un chef d’oeuvre, c’est que le second doit toujours y être comparé. C’est peut-être ça, le « difficile deuxième album ».

Malgré toutes ses qualités, Sufficiently Breathless signe « lu et approuvé » l’arrêt de mort de CAPTAIN BEYOND. Cette année-là, Rod EVANS décide de quitter le groupe. Encore aujourd’hui, personne ne sait pourquoi. RHINO et les autres essayeront de ressusciter la bête quelques années plus tard, sans approcher l’excellence de leurs deux premiers albums. Il faudra attendre 97/98 pour que Capricorn se décide à ressortir en CD ces deux disques magnifiques, perdus entre le heavy le plus impitoyable et l’acid rock le plus inspiré. Des rééditions plus basiques tu meurs, sans bonus track ni livret annoté. Quand j’y repense… du rock sudiste ? Sans déconner.

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   TOMTOM

 
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- Rod Evans (chant)
- Larry 'rhino' Reinhardt (guitare)
- Lee Dorman (basse)
- Marty Rodriguez (batterie)
- Reese Wynans (claviers)
- Guille Garcia (percussions)


1. Sufficiently Breathless
2. Bright Blue Tango
3. Drifting In Space
4. Evil Men
5. Starglow Energy
6. Distant Sun
7. Voyages Of Past Travellers
8. Everything's A Circle



             



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