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- Style : Joseph Haydn , Johann Baptist Vanhal

Anton FILS - Symphonie En Sol Mineur (goebel) (1760)
Par CHIPSTOUILLE le 7 Février 2017          Consultée 156 fois

Anton FILS (ou FILTZ) à l’image de PERGOLESI ou SCHUBERT, a du se contenter d’une très brève existence. C’est en 1760 qu’il devait décéder à l’âge de 26 ans. Certains ont prétendu à l’époque que son appétit pour les araignées, qui d’après lui avaient le goût de fraises, lui a valu cette auguste destinée. Contemporain de HAYDN, il se fit recruter très tôt dans la fameuse école de Mannheim, qui eu une très forte influence sur la musique européenne durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Malgré son jeune âge, il laissa derrière lui une trentaine de symphonies, dont notre héroïne du jour. Il s’agit de l’un sinon du premier exemple de symphonie en sol mineur violente et énergique, dont HAYDN, VANHAL et MOZART (1) devaient s’inspirer (indirectement ou non) pour tirer quelques unes de leurs plus belles pages.

On ne saura vous donner beaucoup de détails sur le contexte de cette symphonie, qui devait apparemment être publiée après 1760, et probablement composée après le recrutement de FILS en 1755 à Mannheim. C’est le Concerto Köln, sous la direction de Reinhardt Goebel qui nous en a livré son unique interprétation sur disque. Anton FILS ne fait définitivement pas partie de la catégorie des compositeurs reconnus aujourd’hui.

L’école de Mannheim, dont nous n’avons parlé que pour son influence sur les compositeurs autrichiens, était très en vogue dans les années 1750. C’est principalement l’influence de cette école qui a fait basculer la musique du baroque au classique. Sans faire disparaître la basse continue, STAMITZ père et fils, RICHTER ou encore CANNABICH se sont tous employés à composer pour mettre en avant la mélodie, au détriment de la basse continue, qui avec eux a pris une importance moindre. C’est ainsi que de nouvelles techniques ont vu le jour, dont une grande partie des effets d’orchestre sans qui le romantisme n’aurait jamais vu le jour. Effets de noyade, répétition d’une même note pour obtenir une tension, variations du volume pour obtenir des crescendo et decrescendo, et bien sûr la fameuse « « roquette de Mannheim » qui combine à peu près tous les effets précités. Toutefois l’école de Mannheim, drivée par ses aspirations mélodiques, portait également la musique dans des contrées enjouées et/ou amusantes.

FILS use et abuse de tous ces effets dans sa symphonie, tout en accordant le tout en mode mineur. La symphonie ne nous charcute pas encore les oreilles à grands coups de scalpels, mais elle se dote d’une intensité qui contraste avec les promenades enjouées de Johann STAMITZ. Dans son Allegro, les saveurs épicées ont le goût de l’interdit. A l’image de « La Passion » de HAYDN (Symphonie n°49), il y a ici un empressement, non sans plaisir (notez les flutes enthousiastes), à réaliser un acte que la bienséance condamne. L’andante, encloîtré dans sa basse continue, plus fleur bleue (il semble que HAYDN soit le premier à avoir eu l’idée de passer le mouvement lent en mode mineur) peine à maintenir l’enthousiasme intact. Le vigoureux menuet (2)(3) angule son propos, un précurseur qui malgré ses qualités disparaitra dans l’ombre de ceux de la quarantième de MOZART ou la première de MENDELSSOHN.

C’est définitivement l’Allegro Assai conclusif et sa nervosité qui font que l’on revient régulièrement à cette symphonie de feu. Il y a ici une vive impatience, à peine tempérée par cette basse continue qui ne sert ici plus qu’à attiser la violence de cette magnifique roquette. On passe de piano à fortissimo comme si BEETHOVEN avait quelque chose à voir là-dedans, les manières en plus. On manque malheureusement d’informations, d’interprétations et de connaissances pour affirmer de manière péremptoire qu’il y a eu un avant et un après cette symphonie d’Anton FILS. Dans les différents méandres que prenait la musique au tournant du XVIIIe siècle, il semble néanmoins que FILS ait eu une bonne longueur d’avance sur ses contemporains.

(1) On trouve d’autres contemporains qui se sont essayés à l’exercice de la symphonie en sol mineur, comme Johann Christian BACH ou Carl STAMITZ, mais pour des résultats nettement différents.
(2) Notez la forme « classique » vif-lent-menuet-vif déjà adoptée par FILS en 1760 ou avant. Il n’y a guère que les résidus de basse continue présente ici pour nous assurer que la datation et/ou l’attribution de la symphonie ne sont pas erronées…
(3) A confirmer : iTunes indique que le mouvement est un « Minué » et non l’usuel « Menuet »

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- Concerto Köln
- Reinhardt Goebel (direction)


- symphonie En Sol Mineur
1. Allegro
2. Andante
3. Minué
4. Allegro Assai



             



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