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1986 Vinnie Vincent Invasi...
1988 All Systems Go!

VINNIE VINCENT INVASION - Vinnie Vincent Invasion (1986)
Par JASPER LEE POP le 3 Juillet 2020          Consultée 364 fois

« C’est pas ma faute », c’est toujours celle des autres, soit le syndrome de la cour de récréation parce que les enfants sont maîtres dans l’art de rejeter la faute sur autrui. C’est un réflexe d’auto-défense naturel et le but du jeu est de grandir, de mûrir pour être capable une fois adulte d’assumer ses responsabilités. Certains n’y parviennent pas et restent coincés dans la cour de récré.

Vincent Cusano naît le 6 août 1952 à Bridgeport dans le Connecticut. Ses deux parents sont musiciens et il se saisit d’une guitare à un très jeune âge. Il débute sa carrière professionnelle dans le groupe TREASURE qui accompagne Felix Cavaliere des RASCALS. Il déménage sur la côte Ouest et travaille pendant quelques temps à l’habillage musical de la série Happy Days avant de rejoindre plusieurs groupes.

Pour certains, Cusano est le sauveur de KISS, rien moins que ça. Présenté à Paul Stanley et Gene Simmons par le compositeur Adam Mitchell, il cosigne trois titres (dont « I Love it Loud ») et enregistre une poignée de solos sur Creatures of the Night, l’album qui remet musicalement les pendules à l’heure après la débâcle prétentieuse de Music From The Elder. C’est lui qui est finalement choisi pour remplacer le mythique Spaceman Ace Frehley seulement présent sur la pochette pour permettre au groupe d’honorer des obligations contractuelles et qui part rebaptisé Vinnie Vincent en tournée sous le costume et les traits d’un guerrier égyptien (The Ankh Warrior). Mais si le disque est bon, le groupe alors considéré comme ringard ne parvient pas à remplir les salles et la tournée est écourtée. Rien de tel qu’un bon coup de pub pour relancer la War Machine et décision est prise de tomber les masques. Le groupe apparaît pour la première fois démaquillé sur la pochette de Lick it Up en 1983. Ses deux patrons et le batteur Eric Carr sont habillés en noir, lui arbore sur la gauche un chemisier rose fuchsia. L’album est convaincant et Vincent cosigne pas moins de huit titres sur dix. Problème, le guitariste persiste à refuser de signer le contrat que ses employeurs lui tendent, sous prétexte que ses émoluments seraient beaucoup trop bas. C’est possible, les deux hommes (particulièrement Simmons) n’ont pas la réputation d’être des philanthropes mais il est bien plus probable que Vincent ait essayé jusqu’au bout de leur forcer la main pour devenir associé et ça, il n’en est pas question. Dans le rock business, quand un membre fondateur s’en va, il est remplacé par un salarié, pas par un nouvel actionnaire. Sur scène, Vincent devient ingérable et son solo devient chaque soir un peu plus long au point que Stanley vient l’interrompre à Long Beach en 1984. C’est la porte et l’occasion d’intenter peu après un premier procès pour licenciement abusif qu’il perd forcément puisqu’aucun contrat n’a été signé. À qui la faute, Vincent ?

Entre en scène Dana Strum, ancien bassiste de Bad Axe, un groupe qui n’a pas concrétisé les quelques espoirs qu’il avait pu faire naître. Strum est un type vif et ambitieux qui a du réseau à Los Angeles. Quelques années plus tôt, il s’était attiré les bonnes grâces d’un Ozzy OSBOURNE complètement paumé et déraciné dans la Cité des Anges à la recherche de musiciens pour voler de ses propres ailes après le chapitre BLACK SABBATH. Il était devenu son chauffeur, son confident, son bassiste même pendant un quart d’heure et son quasi manager, ce qui lui avait valu d’être écarté par Don Arden, le père de Sharon, il faut savoir rester à sa place. Sauf qu’entre temps, Strum a eu le coup de génie de présenter au Prince des Ténèbres un jeune guitariste prometteur en la personne de Randy Rhoads. Même qu’Ozzy s’en souviendra (ou plutôt Sharon parce qu’Ozzy et la mémoire…) et se tournera à nouveau vers lui pour dégotter un successeur au défunt Rhoads. Strum leur conseillera alors Jake E. Lee. On le voit donc, Dana Strum s’impose comme une sorte d’entremetteur qui a le nez fin et c’est tout naturellement vers lui que Paul Stanley se tourne pour trouver un remplaçant à l’éconduit Vincent. Strum lui suggère Mark St. John mais l’info que l’ex-KISS à la Jackson rose est disponible sur le marché ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd et l’entreprenant bassiste le contacte pour monter un groupe, vite complété par un clone de Stallone à la batterie et par Robert Fleischman qui a chanté un quart d’heure (unité de valeur comme une autre) chez JOURNEY. Ainsi naît le VINNIE VINCENT INVASION (VVI).

La soucoupe volante de Vincent débarque sur Terre le 6 août 1986, soit le même jour que la sortie dans les bacs du Look What The Cat Dragged In de POISON. Les deux groupes adoptent le look 100 % glam remis au goût du jour un an plus tôt par MOTLEY CRUE sur le verso du bien médiocre Theatre of Pain. Les paillettes, le strass, la résille et les boas sont à nouveau à l’honneur, le maquillage à la truelle est ouvertement féminin et les couleurs flashy sont privilégiées. Évidemment, il est de bon ton de compenser le côté androgyne du look par une attitude outrancièrement macho. On bande les muscles, on s’exhibe dans les clips en compagnie de filles lascives, légèrement vêtues en pâmoison devant ces bêtes de sexe et sur le thème « Oh baby, je vais te faire grimper aux rideaux toute la nuit », les paroles des chansons se chargent de rappeler à tout le monde qu’on est des mecs, des vrais. On coche toutes ces cases chez VVI. À la puissance dix. Les photos des quatre envahisseurs au verso de l’album sont un régal. Strum en blond platine montre la moquette, le bodybuildé Bobby Rock aussi ridicule que Kane Roberts chez Alice COOPER a le motif félin de son collant spandex qui se poursuit peint sur les abdos de son torse nu et l’ami Vincent entérine ici sa passion pour le rose et le violet. Seul Fleischman dénote avec son look sage à la Richard MARX, il ne le sait pas encore mais ses jours sont comptés.

La ressemblance avec POISON s’arrête au look. Si les deux albums sont généralement classés dans la catégorie Glam Metal, il ne faut pas s’y méprendre, POISON n’est en réalité rien d’autre qu’un groupe pop à guitare saturée. Quant à VVI, c’est du gros Hard US qui tâche, clichetonneux, gonflé aux hormones de croissance et matinée de Hard FM (« No Substitute », « Back on the Streets »). L’exploit de cet album est qu’il annonce déjà la fin du Hair Metal alors qu’en 1986, le genre est commercialement en excellente santé, seulement en début de seconde vague. Balèze, Vincent ! Il faut dire qu’animé d’une soif de vengeance inextinguible, il ne lésine pas sur l’esbroufe. C’est bien simple et pour faire une seconde fois référence à Stallone, ce premier opus du VVI est Over the Top. À part trois compos cosignées, tous les morceaux sont l’œuvre de Vincent (la plupart recyclés de son groupe pré-Kissien WARRIOR) et s’ils sont raccords au niveau de l’écriture avec ce qui se fait au même moment dans le Hard US, le jusqu’au-boutisme permanent dans leur exécution et leur production rend leur écoute particulièrement pénible. Vincent tente de décrocher la médaille d’or des shredders, il en met partout au-delà du raisonnable, hennissements de cheval et dive bombs au vibrato, descentes de manche en mode Grand Prix, ses solos frénétiques sont des performances athlétiques dénuées de toute musicalité, le final de « Animal » tenant de la mauvaise blague. Où est passée la concision inventive de ses solos chez KISS ? Certes, certains riffs tiennent la route (« Boyz Are Gonna Rock », « Animal », « Shoot U Full of Love ») mais l’overdose d’effets en tous genres les rend parodiques. Pour surnager au milieu d’une pareille pyrotechnie, il fallait nécessairement un chanteur excessif et on n’est pas déçu. Avec son registre haut-perché hyper strident Fleischman est parfaitement insupportable. La production clinquante n’arrange rien, il y avait visiblement promotion sur la reverb, utilisée sans retenue sur le chant et la caisse claire (Rambo raconte que le dictateur Vincent lui a fait vivre un enfer en studio. À quoi bon ? On a l’impression d’entendre une boîte à rythmes). La décennie ne fait certes pas dans la mesure mais quand c’est trop, ce n’est pas seulement du jus d’orange à l’eau, c’est juste trop.

L’album est en boîte mais Fleischman refuse de signer le contrat qu’on lui tend. Tiens, tiens, c’est encore la reverb ou on a déjà entendu ce refrain ? Chrysalis le menace de faire réenregistrer ses parties vocales par un autre. Le chanteur claque la porte et découvre quelques semaines plus tard sur MTV le clip de « Boyz Are Gonna Rock » (faites donc une pause et allez visionner ce bijou pour mesurer l’outrance du truc, c’est fabuleux) avec un nouveau chanteur qui mime en play-back ses parties vocales. Procès. Gagné par Fleischman bien sûr avec à la clé une interdiction pour le groupe de réaliser d’autres clips. Le quart d’heure de gloire (unité de valeur Warholienne) du VVI est déjà terminé. Un mauvais choix de première partie n’arrange rien (celle d’IRON MAIDEN dont le public apprécie moyennement la couleur rose) mais Vincent met tout ça sur le dos de son manager forcément incompétent. Un deuxième album suit en 1988 (All Systems Go) plus mesuré, le nouveau castra Mark Slaughter, qui faisait son MILLI VANILLI dans le clip, tape un tout petit peu moins sur les nerfs mais c’est trop tard, le groupe a clairement raté le coche et se retrouve noyé dans la pléthore de troisièmes couteaux du genre. Vincent boude, fait des caprices et des reproches à ses acolytes, c’est de leur faute et surtout celle de Slaughter qu’il estime désormais piètre chanteur après avoir longtemps déclaré que c’était son choix initial. Vincent dépense trop, dépasse les avances consenties par Chrisalys et doit déclarer faillite. La maison de disques qui a mal digéré le divorce Steve Stevens/Billy Idol a pris la précaution d’assortir le contrat du VVI d’options de rachat en cas de départs des membres. Quand Mark Slaughter et Dana Strum, fatigués des exigences de diva et descentes de manche stériles du guitariste décident de prendre la tangente, Chrisalys les suit au détriment de Vincent. Pour lui, c’est une trahison doublée d’un coup d’état d’autant plus difficile à digérer que SLAUGHTER, le groupe que les deux dissidents forment, écoule dans la foulée trois millions de son premier album. Les morceaux passent à la radio et Mark plaît beaucoup aux filles. Humiliation ultime, le groupe dédie au Sphinx un morceau (« Burning Bridges ») dans lequel il est accusé d’être un menteur et un escroc.

À la surprise générale, il participe à l’écriture de trois compos sur l’album Revenge de KISS en 1992. C’est lui qui en a fait la demande auprès de Gene qui accepte grand seigneur d’enterrer la hache de guerre. Bien mal lui en a pris, le disque n’est pas encore dans les bacs que les problèmes resurgissent quand Vincent exige de changer les termes du contrat qu’il a signé (putain, cette reverb!). Procès. Qu’il perd évidemment. En tout et pour tout, il y aurait eu treize procès intentés contre Stanley et Simmons. Vincent les a tous perdus et n’a plus le droit de se déclarer en faillite, tactique dont il aurait maintes fois abusé pour éviter de payer les frais d’avocats réclamés. À partir de là, la production musicale de Vincent est anecdotique et se résume à un EP auto-produit (Euphoria qui sort en 96 mais enregistré en 91) sur son propre label Metaluna qui tient davantage de la démo bâclée avec Fleischman au chant, à nouveau en odeur de sainteté, ainsi qu’un CD en 2002 baptisé Speedball Jam, soit une unique piste de 71 minutes de descentes de manche étourdissantes sans queue ni tête. Comique ou pitoyable, c’est selon.

Mais le plus intriguant est ailleurs. Après la dissolution du VVI, Vincent déménage à Nashville. Pour rebondir en tant que compositeur et/ou musicien de cession dans la nouvelle Mecque de la musique aux États-Unis ? Non, il vit reclus dans la commune avoisinante de Smyrna et sort le moins souvent de chez lui. C’est le J.D Salinger du Hair Metal. Et comme les fans de KISS sont parmi les plus acharnés, pourquoi ne pas profiter d’eux ? Par exemple, en leur pré-vendant un coffret fantôme de 7 cassettes de soit-disant inédits à 120 dollars (The Vinnie Vincent Archives) qu’ils ne recevront jamais. La faute au fabriquant. D’autres fois, c’est un catalogue de ses guitares (150 $) ou un médiator ayant servi lors des sessions de Creatures of the Night pour la modique somme de 1000 $. Il faut bien ça pour jouer sur une réplique officielle de sa fameuse Jackson double V qui débute à 9000 $. Après des mois de conception le luthier de Las Vegas Ed Roman avait dû renoncer au projet suite à la tentative de Vincent de renégocier le contrat initial pour doubler sa part (la reverb, je sais). Les réseaux sociaux permettent de mettre à jour ces arnaques plus rapidement qu’avant mais rien n’y fait, sur les forums, il y a toujours quelques irréductibles fans pour prendre la défense de l’ex-sauveur de KISS, éternelle victime. Il arrive que derrière les profils de certains de ces idolâtres se cache en réalité Vincent lui-même, il a été démasqué plusieurs fois, occupé à réécrire son histoire.

Ça se complique en 2011, lorsque les hommes du Bureau du Comté de Rutherford débarquent chez lui pour l’arrêter. Sa femme s’est présentée quelques heures plus tôt au poste, couverte de sang et visiblement ivre. Vincent l’a frappée au visage, l’a traînée par les cheveux sur des éclats de verre par terre à cause d’une histoire de jalousie. La police fouille le domicile et découvre les cadavres de quatre chiens. La faute à un cinquième chien plus violent que les autres d’après Vincent. Celui-ci niera tout en bloc, prétextera qu’on s’acharne encore contre lui et affirmera avoir été relaxé. Faux, il a purgé une peine d’intérêt général. Le mugshot de l’arrestation est la première photo de Vincent depuis deux décennies. On est rarement à notre avantage sur ce genre de cliché et le visage du guitariste est bouffie. Ses traits ont aussi quelque chose d’encore plus féminin que par le passé.

Sa conduite n’est pas parfaite mais Vincent bouge finalement de sa retraite. Il apparaît d’abord lors d’une convention KISS à Detroit en janvier 2018 au cours de laquelle il déclare que Paul et Gene sont sa famille. Après deux décennies sous les radars, son apparence physique ne passe pas inaperçue et les mauvaises langues soupçonnent un changement de sexe. Prise de poids, tailleur noir, bottines à hauts talons, maquillage, Vincent a l’apparence d’une grand-tante légèrement excentrique. Homme, femme, transgenre ? On s’en fout, à chacun son identité, c’est une pièce de plus du puzzle éparpillé Cusano. Rien n’est décidément facile dans la tête de Vincent et on se posera éventuellement la question de savoir comment il avait réellement vécu la période glam ultra-maquillée des 80s.

Il monte ensuite sur scène en octobre de la même année avec le groupe FOUR BY FATE constitué d’anciens FREHLEY’S COMET lors d’une soirée précédent la KISS Kruise à Miami. Il arbore son maquillage de guerrier égyptien, ce qui ne manque pas de ridicule avec sa nouvelle silhouette mais il a enfin une guitare dans les mains et c’est peu dire qu’on l’attend au tournant (on comprend donc qu’il ait préféré se présenter protégé par son grimage). Est-il toujours capable de dévaler son manche à trois cent à l’heure ? Sait-il encore jouer tout simplement ? La démonstration laisse tout le monde sur sa faim, il joue « Lick it Up », « I Love it Loud » et « Cold Gin », soit des morceaux hyper basiques dont il n’exécute même pas les solos. Il apparaît lors d’une des dates de promo du coffret de Gene Simmons (The Vault), une fois de plus pas bégueule. Il est tout sourire mais gratte sans conviction une guitare acoustique, on n’est toujours pas convaincu. Il accorde ensuite quelques interviews soporifiques dans lesquelles il se contente de dire qu’il ne faut pas croire ce que les vilains internautes disent de lui sur la toile, la vérité sortira un jour. Il annonce un retour, plusieurs soirées avec pré-vente de places à tarif exclusif VIP sont annoncées à Nashville avant d’être reportées, puis annulées (dont une où il aurait dû être accompagné par Carmine Appice et Tony Franklin), la faute aux organisateurs bien sûr.

Et puis finalement, un événement a bien lieu pour fêter son 67e anniversaire (Birthday Bash) aux S.I.R Studios de Nashville en août 2019 après un jeu de pistes assez ridicule pour éconduire les curieux. Aux dernières nouvelles, 30 personnes auraient assisté à la fête dont aucune image n’a filtré, les portables étant prohibés. Certains présents disent que Vincent aurait même joué pendant un petit quart d’heure (unité de valeur toujours valable) et que sa technique serait toujours aussi impressionnante. Pourquoi pas, même si l’avis et l’objectivité de fans encore capables d’accorder du crédit à Vincent après autant d’entourloupes et de débourser 300 $ pour une séance de questions/réponses et un poster dédicacé est à prendre avec d’énormes pincettes.

Vinnie Vincent est la victime de Vincent Cusano et n’a besoin de personne d’autre pour creuser sa propre tombe. Il a brûlé trop de ponts pour prétendre à un retour sur la scène musicale si tant est qu’il puisse avoir quelque chose à offrir et semble condamné à exploiter ses derniers admirateurs. Sera-t-il invité à rejoindre Stanley et Simmons sur scène lors de l’ultime concert donné par le Baiser en clôture de la tournée The End of the Road comme les autres anciens membres (c’est ce qui se dit en tous cas) ? Rien n’est moins sûr si on en croit Stanley, plus que lassé par le personnage. Un comble pour celui que certains ont considéré comme le sauveur de KISS. Mais qu’est-ce qui a pu se passer dans cette cour de récréation ?


* Les faits concernant l’exil à Nashville proviennent de l’article de Rolling Stone suivant :
https://www.rollingstone.com/music/music-features/the-long-kiss-goodbye-the-search-for-vinnie-vincent-187427/

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   (2 chroniques)



- Vinnie Vincent (guitare)
- Dana Strum (basse)
- Bobby Rock (batterie)
- Robert Fleischman (chant)


1. Boyz Are Gonna Rock
2. Shoot U Full Of Love
3. No Substitute
4. Animal
5. Twisted
6. Do You Wanna Make Love
7. Back On The Streets
8. I Wanna Be Your Victim
9. Baby-o
10. Invasion



             



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