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FOTHERINGAY - Fotheringay (1970)
Par MARCO STIVELL le 17 Avril 2017          Consultée 144 fois

FOTHERINGAY est, en quelque sorte, une tentative de la part de Sandy Denny de s'extraire de FAIRPORT CONVENTION tout en gardant un pied dans le même type de musique. Le potentiel de ce groupe va au-delà de cela bien sûr, mais curieusement, son histoire ne dépasse pas (pour l'heure) le cap du premier disque. Une pièce unique, et on parle aussi de qualité.

Elle en exige beaucoup de la part de miss Denny alors en vacances chez elle et prenant du bon temps avec son petit ami Trevor Lucas, Australien guitariste et chanteur d'ECLECTION. Le batteur de ce groupe n'est autre que Gerry Conway, un musicien qui sera très employé dans l'univers pop-rock britannique au même titre que son collègue Dave Mattacks, bien installé dans la maison FAIRPORT. Les deux autres membres sont repêchés au collectif POET AND THE ONE-MAN BAND : le bassiste Pat Donaldson et le guitariste américain Jerry Donahue.

Ces cinq musiciens s'appuient donc sur la voix de leur chanteuse, exceptionnelle non pas en termes d'amplitude mais d'émotion, pour retrouver le son des ballades de FAIRPORT et le développer, sans violon ni aucun autre instrument traditionnel que la guitare acoustique ou le piano. Et le chant. Ce sont les ambiances de "Fotheringay", qui donne son nom au groupe, une chanson magique de Denny, celle qui ouvre l'album What We Did On Our Holidays de FAIRPORT début 1969, soit un an plus tôt. Un classique.

La chanson parle à l'origine des derniers jours de la reine Marie Stuart/Marie d'Ecosse au château de Fotheringay (désormais détruit). Ici, le climat s'installe à nouveau, avec un début enchanteur au piano et aux arpèges de guitare 12 cordes. Denny pose son timbre voilé, Lucas et les autres suivent aux choeurs, il se dégage une impression fantomatique. Donahue use d'un son "pur" pour une complainte à la texture hivernale et brumeuse, typique de la folk à l'anglaise. Quelle délicatesse ! Le son typique de l'année 1970, fabuleux. On retrouve cela directement sur le tout aussi merveilleux "Winter Winds", au titre éloquent. Si Denny & co, FAIPORT etc n'ont pas influencé GENESIS… !

Un parfum épique se dégage de la suite de "Nothing More", les soli de guitare, l'insistance de Conway, le texte aux vertus dramatiques. On le retrouve sur le traditionnel "Banks of the Nile", vision féminine de la bataille navale d'Aboukir en Egypte, l'une des premières campagnes de Bonaparte, défaite importante contre les Anglais. Elle prend des airs de complainte sublime, ce que Denny a retiré de plus important des semaines Liege & Lief avec FAIRPORT, une musique dense et hypnotique pour un texte sombre et sanglant, le tout étiré sur huit minutes qu'on ne voit pas passer.

D'autres morceaux envoûtants font leur apparition comme "The Pond and the Stream", et bien entendu "The Sea", de quoi se laisser porter à travers ce son feutré. La basse chaude de Donaldson s'entremêle avec le feeling de Donahue et les arpèges de Lucas et Denny, lorsqu'elle n'est pas au piano. Conway est déjà un batteur très fin, utilisant la palette sonore entière de sa batterie, et ses roulements de toms sont toujours bien placés, dès le premier titre.

L'alchimie de FOTHERINGAY n'est pas moins vocale qu'instrumentale, car en dehors de Denny, c'est le timbre baryton de Lucas qui émeut, similaire à celui du grand Richard THOMPSON (FAIRPORT) en moins libre. On l'entend dans la géniale "The Way I Feel" (empruntée à LIGHTFOOT) ainsi que dans "The Ballad of Ned Kelly" où le groupe retrouve son goût pour la musique folk américaine en grande pompe, de même que dans "Too Much of Anything", reprise de Bob DYLAN – toujours ces Basement Tapes inédites qui avaient déjà enthousiasmé FAIRPORT -. Les harmonies nous mettent du baume au coeur lors du refrain entêtant de "Peace in the End".

Bref, un disque flemmard (pas un morceau enregistré de plus, pas un de moins dans la sélection finale), mais une oeuvre riche et absolument passionnante, recommandée à tout amateur de folk électrique qui se respecte, ouvert à la veine créative. C'est un What We Did on Our Holidays en plus homogène. Le groupe obtient reconnaissance, joue au festival de Roundhouse aux côtés de trafic, T-REX, FLEETWOOD MAC, Ginger BAKER, PRETTY THINGS, Johnny WINTER, Elton JOHN... La plupart des membres rejoignent ensuite la maison FAIRPORT, Donahue et Donaldson jouent quelques temps pour... Johnny HALLYDAY ! En 2008, trente ans après la mort de Sandy Denny (et dix-neuf après celle de Trevor Lucas), Jerry Donahue trouve matière à reconstituer des enregistrements inédits faisant suite au succès du premier album pour en publier un faux deuxième.

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   MARCO STIVELL

 
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- Sandy Denny (chant, guitares, piano)
- Trevor Lucas (chant, guitares rythmiques)
- Jerry Donahue (guitares lead, choeurs)
- Gerry Conway (batterie, choeurs)
- Pat Donaldson (basse, choeurs)


1. Nothing More
2. The Sea
3. The Ballad Of Ned Kelly
4. Winter Winds
5. Peace In The End
6. The Way I Feel
7. The Pond And The Stream
8. Too Much Of Nothing
9. Banks Of The Nile



             



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