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KXM - Scatterbrain (2017)
Par JASPER LEE POP le 24 Avril 2017          Consultée 819 fois

En juillet 2013, Doug Pinnick, bassiste-chanteur de King's X (dug pour les intimes) sollicitait l'aide financière de ses fans sur une plate-forme participative pour payer une opération de hernie. Le musicien sans couverture mutuelle récoltait alors les 26 000 dollars nécessaires. Cigale ou fourmi, on n'est pas dans les finances de Pinnick mais l'anecdote en dit long sur la situation de ces musiciens, unanimement respectés par leurs confrères, qui n'ont jamais décroché le jackpot auprès du grand public (malgré 5 albums chez Geffen pour King's X) et qui tirent la langue arrivés à un certain âge (notre homme a 66 piges mine de rien!). Et dire que le Donald rêve de détricoter l'Obamacare ! Est-ce pour cela que le prolifique Texan multiplie depuis lors les projets avec plus ou moins de bonheur ? Ça va du bof avec PINNICK/GALES/PRIDGEN (quelqu'un pour débrancher Eric GALES qu'on dirait payé à la note?) au bon avec GRINDER BLUES en passant par le psyché avec 3rd EAR EXPERIENCE (LSD recommandé) jusqu'au très bon KXM qui nous occupe.

Pour ceux qui débarqueraient, KXM est un trio formé du sus-mentionné Pinnick autour duquel viennent se greffer Ray Luzier, le batteur de KORN, et George Lynch, le flamboyant guitariste de DOKKEN puis de LYNCH MOB. Association improbable s'il en est puisque les trois hommes représentent des styles et des époques différents. Mais à la surprise générale, la mayonnaise prenait avec un premier album éponyme convaincant sorti en 2014 qui voyait les trois musiciens se faire plaisir et proposer une musique moderne, techniquement ambitieuse mais toujours mélodique et accrocheuse. L'album ayant remporté un certain succès, on prend les mêmes, on les enferme dix jours en studio et on se retrouve avec un nouveau skeud tout aussi plaisant, voire plus intéressant que son prédécesseur.

Ça n'était pas gagné d'avance pour moi puisque titulaire d'un BAC+15 en analyse de pochettes, j'ai d'abord eu une grosse frayeur en voyant celle de Scatterbrain. Le style futuro-surréaliste, le coup du labyrinthe, tous les ingrédients étaient réunis pour déclencher mon alarme anti-prog, celle-là même qui avait failli me faire rater le Pressure and Time des RIVAL SONS avec sa pochette/mise en abyme digne de DREAM THEATER. Comme quoi, ramage et plumage ne vont pas toujours de pair. Ici, il n'y a pas nécessairement tromperie sur la marchandise, il y a bien une évolution qui lorgne un peu vers le prog avec des morceaux plus longs et un brin plus alambiqués que sur la première galette mais pas de panique, c'est bien de chansons dont il est ici question et pas d'esbroufe technique. Et pourtant, la première écoute de « Scatterbrain » le morceau-titre fait peur tant il ne ménage pas l'auditeur. Ça bastonne sec, c'est dense, plombant et Ray Luzier, l'un des rares batteurs modernes à rendre la double pédale intéressante, fait un véritable massacre. Lynch sature l'espace avec un riff vrombissant hypnotique et on étouffe presque jusqu'au break libérateur et ce superbe solo avant d'anéantir les derniers survivants sous un tapis de bombes final. Culotté comme introduction et comme premier choix de vidéo.

La suite est plus subtile et évoque souvent King's X (« Breakout » un peu, « Noises in the Sky » beaucoup ainsi que le jouissif « Panic Attack »), notamment celui de l'admirable album Dogman qui voyait le groupe tenter de résister à la déferlante de Seattle. On le redit, Pinnick n'est plus tout jeune et il a perdu un peu de son registre aigu mais son timbre est de plus en plus bluesy et en accordant les guitares plus bas, ça passe comme un mail sur le net. Lynch et sa main droite d'acier est comme un poisson dans l'eau, tout à sa surprise d'échanger avec ses camarades sans devoir gérer les problèmes d'ego de ses chanteurs passés. Il se laisse aller, s'affranchit du style hair metal qui a fait sa gloire et se réinvente littéralement. Les solos qu'il décoche ici sont parmi les plus beaux de sa carrière. Quant à Luzier, il tire pleinement parti de la formation en power trio pour occuper l'espace. Un peu trop, se dit-on lors des premières écoutes et puis non, son feu d'artifice de tous les instants fonctionne bien. Leçon de batterie assurée, on ne retouche pas les baguettes facilement après ça.

Les trois musiciens sont libres, s'entendent bien et ça se ressent à l'écoute de ce brillant deuxième opus somme toute un peu roboratif et c'est un comble quand on sait que les trois hommes n'ont disposé que de dix jours pour accoucher des compos (hors enregistrement voix et mixage), Luzier faisant office de garant de la spontanéité en refusant systématiquement la moindre idée préexistante. Au total, treize morceaux dont certains meilleurs que d'autres (« Calypso ») mais aucun filler n'est à déplorer et le tout se termine en beauté avec la magnifique ballade « Angel ». La classe. Et encore plus qu'à la sortie du précédent album, on allume un cierge pour que les trois musiciens trouvent le temps de tourner ensemble.

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   JASPER LEE POP

 
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- Doug 'dug' Pinnick (chant, basse)
- George Lynch (guitares)
- Ray Luzier (batterie)


1. Scatterbrain
2. Breakout
3. Big Sky Country
4. Calypso
5. Not A Single Word
6. Obsession
7. Noises In The Sky
8. Panick Attack
9. It's Never Enough
10. True Deceivers
11. Stand
12. Together
13. Angel



             



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