Recherche avancée       Liste groupes



      
FOLK-ROCK/BLUES-ROCK/ALT  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


The JOHN BUTLER TRIO - Three (2001)
Par COWBOY BEBOP le 17 Juin 2017          Consultée 246 fois

La musique du JOHN BUTLER TRIO est à l'image des déserts d'Australie : aride et sèche, fruste d'apparence mais recelant des richesses insoupçonnées. John BUTLER a commencé sa carrière de guitariste dans les rues de Fremantle, cité portuaire de la côte ouest australienne. Là, il a développé un jeu puissant et brut, où les notes hasardeuses jaillissent parfois de manière désordonnée, mélangées aux bruits parasites qui deviennent une partie intégrante de la texture sonore. Butler explore la guitare dans toutes ses dimensions physiques, l'utilisant comme un instrument double, à la fois cordes vibrantes et tambour résonnant. L'écoute au casque est fortement conseillée – nécessaire même, afin de percevoir toutes les aspérités de son jeu à la slide.
Le groupe, réduit à sa plus simple expression d'un trio guitare-basse-batterie, accouche d'un blues-rock dont la simplicité technique n'a d'égale que la puissance explosive. Martelées, écorchées, les guitares sèches et électriques s'entremêlent pour transformer le son en une texture vivante et palpable à laquelle l'absence de retouches confère une intensité et une « véracité » similaire au live. Si la prononciation de Butler, qui avale les deux tiers de ses mots, requiert un petit temps d'adaptation, sa voix puissante et nuancée fait merveille pour dégager toute l'intensité des morceaux.

Les meilleurs sont ceux où le trio allie mélodies entraînantes et énergie communicative : « Media », « Life Ain't What It Seems » et « Betterman ». On sent l'influence de Ben HARPER sur ce dernier – les mêmes sonorités « roots », le même feeling rhythm'n'blues. Ailleurs, la slide de Butler évoque le swamp blues (« Pickapart »). Le trio assume également ses origines australiennes sans en faire trop : le didgeroo fait ainsi quelques apparitions discrètes dans les moments calmes de « Take » et sur l'intro de « Money ». Absurdité de la localisation, les fans australiens du groupe se voient privés de trois morceaux (« Pickapart », « Earthbound Child » et « Don't Understand ») qui viennent remplacer « Foundation » sur la version US de l'album. Three étant le premier album du JOHN BUTLER TRIO à sortir aux States, le marketing a favorisé les morceaux courts, quitte à dénaturer l'esprit du groupe. Néanmoins, cette édition alternative vaut le coup d'être écoutée, ne serait-ce que pour le très bon « Pickpart », où Butler dévoile tout son talent en picking.

Les longs morceaux qui ont fait la réputation du groupe en live sont également présents, bien qu'ils ne se prêtent pas toujours parfaitement aux enregistrements studio. Il y perdent inévitablement cette énergie électrisante, née de la fusion du public et des musiciens, et qui ne peut exister que sur scène. Deux longs morceaux, de plus de dix minutes chacun, concluent l'album : « Money » et « Foundation ». Ce dernier, plombé par une direction peu claire et des moments de remplissage, donne l'impression d'un groupe qui s'écoute jouer sans vraiment chercher à impliquer l'auditeur. La tentative mérite néanmoins d'être saluée : Dieu sait que c'est compliqué de composer un bon morceau instrumental qui dure quatre ou cinq minutes, alors un quart d'heure, n'en parlons pas (– le morceau doit valoir le coup en live, cela dit). « Money » est quant à lui beaucoup plus réussi, alternant avec brio passages calmes et moments fiévreux.
Comme de nombreux artistes de la veine folk-rock, Butler écrit des textes engagés ; mais lui fait un peu plus que de dire « le monde va mal ». Ses textes sont le plus souvent focalisés sur des problématiques concrètes : la politique environnementale désastreuse menée en Australie à l'époque est un de ses sujets de prédilection (« Earthbound Child », « Money »). « Attitude » dénonce la violence au quotidien, tandis que « Media » accuse le manque d'éthique de certains médias – un sujet banal aujourd'hui, mais relativement original pour un songwriter du début des années 2000. En cela, le trio reprend à son compte l'héritage d'un autre grand groupe australien, MIDNIGHT OIL. Sauf que Butler, lui, est toujours fidèle à ses convictions et n'a pas retourné sa veste…

A lire aussi en FOLK par COWBOY BEBOP :


AMERICA
America (1971)
Amérique mon amour




Stephen STILLS
Stephen Stills (1970)
Aimez votre prochain !


Marquez et partagez





 
   COWBOY BEBOP

 
  N/A



- John Butler (chant, guitare, guitare slide, harmonica)
- Gavin Shoesmith (basse)
- Jason Mcgann (batterie)
- Paul Boon (didgeridoo)


- tracklist Australienne
1. Betterman
2. Attitude
3. Media
4. Believe
5. Take
6. Life Ain't What It Seems
7. Money
8. Foundation
- tracklist Américaine
9. Betterman
10. Attitude
11. Media
12. Believe
13. Take
14. Life Ain't What It Seems
15. Money
16. Pickapart
17. Earthbound Child
18. Don't Understand



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod