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ROCK EXPéRIMENTAL  |  STUDIO

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- Style : Jane's Addiction, Nine Inch Nails, Pink Floyd
- Membre : Alanis Morissette , Red Hot Chili Peppers, Dave Navarro , Perry Farrell
- Style + Membre : Porno For Pyros

DECONSTRUCTION - Deconstruction (1994)
Par JASPER LEE POP le 22 Juin 2017          Consultée 697 fois

Alors que Perry Farrell et Stephen Perkins forment de leur côté PORNO FOR PYROS, Eric Avery et Dave Navarro collaborent au sein du projet DECONSTRUCTION. C'est Perks toujours partant qui devait initialement tenir les baguettes mais devant le refus catégorique de la maison de disques qui pousse à la reformation du groupe et qui ne veut pas d'un JANE'S ADDICTION sans Perry Farrell, c'est finalement Michael Murphy qui frappera sur les fûts. Mais DECONSTRUCTION est avant tout le bébé de l'intransigeant Avery qui va également se charger en grande partie du chant, si on peut réellement parler de chant, épaulé pour certaines voix et sur un morceau par Navarro.

La musique proposée par le duo se veut libre, audacieuse, urbaine, voire industrielle, l'influence de Reznor étant à l'époque quasiment incontournable. Et ça donne de belles choses comme sur la première moitié de l'album. « L.A Song » n'aurait pas dénoté dans le répertoire de Jane's, le lyrisme baroque de Farrell en moins. Avery y alterne de solides lignes de basse sinueuses et fluides héritées de Peter Hook et des passages slappés plus funkysant tandis que Navarro superpose typiquement ses arpèges et tranche dans le vif avec ses riffs acérés. C'est une ballade kaléidoscopique à travers la mégalopole californienne bigarrée et tentaculaire tout à fait réussie. Avery cite dans le livret l'écrivain John Fante, autre grand amoureux de la cité des anges au nombre de ses influences et si vous ne connaissez pas, foncez, tout est bon chez Fante (ben quoi, il n'y a pas que la musique dans la vie!).

La magie continue d'opérer sur « Single » et sa belle progression et sur « Get At'Em » avec un boulot toujours conséquent fourni par le talentueux Navarro qui balance ici un solo incendiaire (il a quand même peur du vide ce garçon, non?) même si assez rapidement la monotonie du chant fait son effet et commence déjà à lasser. On accueille d'ailleurs à bras ouvert « Iris », l'instrumental qui suit et qui mêle habilement saturation et bruitages aquatiques. « Dirge » n'est pas mauvais du tout mais la voix d'Avery est décidément trop faiblarde pour s'imposer au milieu du déluge de plomb déversé par la forteresse volante Navarro. Et le constat s'applique davantage encore sur « Fire In The Hole » avec une ligne de chant des plus monotones. Et que fait Avery sur « Son », le morceau suivant pour proposer une alternative ? Il singe Lou REED. Ironie quand tu nous tiens ! On se dit que Navarro qui prend alors le relais au micro sur « Big Sur » va apporter une couleur différente ? Pas de bol, ça ne décolle pas plus. Le guitariste s'en sortira fort heureusement beaucoup mieux sur sa galette en solo. Et pourtant la musique est intéressante à la croisée du FLOYD, de KILLING JOKE, d'un NIN version bio et de... ben ouais JANE'S ADDICTION quand même.

Bonne première moitié d'album donc mais qui s'essouffle rapidement à cause... d'un manque de souffle justement. Principalement parce qu'un véritable chanteur fait défaut à l'entreprise (l'album dure 71 minutes et c'est très long sur la fin) pour insuffler un peu de peps à des compos un poil répétitives. À trop vouloir jouer les intellos en refusant systématiquement les refrains (c'est vulgaire!), Avery nous offre une musique trop cérébrale qui finit par manquer d'humanité. Peut-être aurait-il fallu jouer davantage la carte de l'industriel pour assumer ce côté froid et préférer une boîte à rythmes plutôt qu'une batterie acoustique de toute façon mixée comme une machine. DECONSTRUCTION est auréolé d'un mini statut culte notamment auprès des puristes qui soutiennent le pur et incorruptible Avery contre le vénal et vendu Farrell qui n'hésitera pas à reformer plusieurs fois JANE'S ADDICTION sans son bassiste d'origine. Les puristes sont souvent aveugles et si Deconstruction est un album digne d'intérêt, ça n'est pas le chef-d'œuvre méconnu que prétendent certains. Le projet n'aura pas de lendemain. Avery ne semble pas vouloir défendre l'album sur scène comme le souhaiterait Navarro. Tant pis, après avoir décliné de rejoindre GUNS'N'ROSES, puis les RED HOT CHILI PEPPERS une première fois, le guitariste a envie de goûter au star system pour de bon et si Flea le rappelle pour le relancer, cette fois il acceptera. Flea va rappeler.

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   JASPER LEE POP

 
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- Eric Avery (basse, chant)
- Dave Navarro (guitare, chant)
- Michael Murphy (batterie)


1. L.a Song
2. Single
3. Get At'em
4. Iris
5. Dirge
6. Fire In The Hole
7. Son
8. Big Sur
9. Hope One
10. America
11. Sleepyhead
12. Wait For History
13. That Is All
14. Kilo



             



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