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Richie KOTZEN - Cannibals (2015)
Par JASPER LEE POP le 17 Avril 2016          Consultée 902 fois

Richie Kotzen bénéficie depuis deux ans d'un peu d'attention suite au succès rencontré par le premier album des Winery Dogs, trio formé avec Billy Sheehan et Mike Portnoy. C'est d'ailleurs lui qui signait la totalité des compositions figurant sur la galette. Du coup, nombreux se sont demandés d'où sortait le loustic. Et ceux qui suivent fidèlement sa carrière, dont votre serviteur, se sont de leur côté écrié : Pas trop tôt ! Avant de pousser un long soupir. Parce que cette attention, s'il y en a un qui la mérite, c'est bien Richie Kotzen. Et ceci à deux titres.

D'abord parce que le monsieur est un concentré de talents. Guitariste virtuose découvert par Mike Varney pour l'écurie Shrapnel Records, il a vite su dépasser le stade du shredder stérile payé à la note pour un jeu plus bluesy, plus funky en même temps qu'il découvrait et domptait ses capacités vocales (imaginez un Chris Cornell versant dans la soul). À noter que le bonhomme a même totalement réinventé son jeu de guitare il y a une dizaine d'années en balançant aux oubliettes son médiator pour ne jouer qu'aux doigts façon Jeff Beck. Multi-instrumentiste, il joue de tout sur bon nombre de ses albums solo et c'est ici le cas.

Ensuite parce que Kotzen est victime d'un malentendu. Mais alors un GROS malentendu. Outre ses fans fidèles au goût sûr, beaucoup associent son nom à un fait d'armes redoutable : le monsieur a été guitariste de Poison ! Si, si, il a remplacé C.C. DeVille (à lire à haute voix pour apprécier l'allitération) quand celui-ci a quitté les glam-rockeurs au débuts des 90s. On se demandait ce que ce guitariste hors-pair allait faire chez ces zozos plus prompts à manier la bombe de laque que leurs instruments (Bon allez, je vous l'avoue, j'aime bien la fraîcheur de leur premier album mais les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures). Le groupe se le demande toujours aujourd'hui probablement. Surtout Rikki Rockett, le batteur à qui Kotzen a piqué la nana, ce qui lui a valu d'être remercié. C'est sûrement ce qui pouvait lui arriver de mieux après avoir composé un seul album pour eux (Native Tongue, pas déshonorant). Mais voilà, le mal était fait et Kotzen marqué du sceau de l'infamie du bandana de Brett Michaels allait traîner cet intérim comme un boulet pour très longtemps. Rien n'y fera, ni un autre intérim plus prestigieux en remplacement de Paul Gilbert chez Mr Big, ni une participation encore plus pointue au sein du projet jazz-rock Vertu avec Stanley Clarke, Lenny White et d'autres assassins. Et c'est bien regrettable quand on se penche sur la discographie solo abondante (vingt albums) et diversifiée du type en question.

Le dernier en date s'appelle Cannibals et lorgne résolument vers le R'n'B, la soul music et le funk. Ça groove impeccablement dès le morceau d'ouverture qui donne son nom à l'album qui allie couplet funky et refrain speedé avec une basse/batterie galopante. Si Kotzen est reconnu comme guitariste, il faut marteler ici que c'est aussi un excellent chanteur dont la voix gorgée de soul fait des merveilles sur la balade toute en guitare slide The Enemy. Up (You turn me) ne déparerait pas sur un album de la Motown. L'orgue Hammond vient se faire une place sur Shake it Off, le Fender Rhodes sur Stand Tall, Come on Free fleure bon l'AOR seventies, In an Instant pourrait sortir d'un album d'Hall & Oates sans que ça gêne une seconde. Basse slappée sur I'm all In, un duo avec Doug Pinnick de King's X (jamais contre un cachet pour financer ses frais de santé) avec des voix qui se complémentent parfaitement bien. Espagnolades en cordes nylon sur Time For the Payment. À noter que la balade piano/voix You est composée et jouée par la fille de Kotzen (qu'il a eu de l'ex du batteur de Poison. Comme quoi ça n'était pas qu'une histoire de cul!). La production qui n'est pas toujours irréprochable sur certaines productions de Kotzen est ici impeccable avec une basse groovy bien présente dans le mix et des guitares légèrement en retrait pour privilégier le chant.

On l'aura compris, il y en a ici pour tous les goûts mais loin de desservir l'album, cette diversité est son atout majeur. Les amateurs de gros rock qui tache pourront ne pas y trouver leur compte mais si l'envie leur prenait de faire une incursion en terre inconnue, Cannibals est assurément un des meilleurs Ritchie Kotzen dans la veine R'n'B.

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   JASPER LEE POP

 
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- Richie Kotzen (tous les instruments)


1. Cannibals
2. In An Instant
3. The Enemy
4. Shake It Off
5. Come On Free
6. I'm All In
7. Stand Tall
8. Up (you Turn Me)
9. You
10. Time For The Payment



             



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