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- Style : Marilyn Manson
- Membre : Jane's Addiction, Red Hot Chili Peppers, Deconstruction, Porno For Pyros, The Smashing Pumpkins , Perry Farrell

Dave NAVARRO - Trust No One (2001)
Par JASPER LEE POP le 18 Septembre 2017          Consultée 782 fois

La genèse du seul album solo à ce jour du guitariste de JANE'S ADDICTION se joue en trois temps.

En 1994, Dave Navarro, qui a fraîchement rejoint les RED HOT CHILLI PEPPERS avec lesquels il signera un unique album (One Hot Minute, un de leurs tous meilleurs), fait la rencontre de Rhian Gittins dont il tombe éperdument amoureux. Trois semaines plus tard, le couple se marie à Las Vegas. La relation est tellement fusionnelle qu'elle ne durera pas longtemps. Rhian s'en va dans les bras d'un bon copain de Navarro et même si le couple était séparé, Dave l'a sérieusement en travers de la gorge. Il s'enferme alors dans son studio et accouche de cinq titres dans lesquelles il déverse sans aucun filtre sa colère et sa frustration. Il fait presser un certain nombre de CD qu'il entend laisser par piles à la caisse des magasins de disques en libre service. Le EP s'appelle Rhimorse soit la contraction du prénom de son ex Rhian (la tendre « Whore » lui est subtilement dédiée) et de remorse (le remords) et la pochette montre une main féminine inscrivant au scalpel le prénom Rhian sur le pectoral du musicien (avec au verso le contrat de mariage du couple maculé de sang).

En 1998, Navarro remanie certains des titres présents sur Rhimorse sur la démo d'un projet baptisé SPREAD en compagnie de Chad Smith des RHCP. L'album prévu doit s'intituler Unicorns & Rainbows : The Pelican mais le projet est avorté et l'album ne verra jamais le jour. La démo comporte 17 titres et la basse est tenue ici par Flea et là par Twiggy Ramirez de MARILYN MANSON. L'allumé Ramirez (Jordie White) est son nouveau grand pote du moment, ce qui n'est pas forcément judicieux pour quelqu'un qui est clean depuis deux ans. Moi je dis ça...

Trust No One qui sort en 2001 contient intégralement des titres présents sur la démo de SPREAD (et donc aussi des titres de Rhimorse) remaniés pour l'occasion. La première écoute de l'album est déconcertante. D'abord parce qu'on ne retrouve pas le chien fou/guitariste pyrotechnique de Jane's. Navarro nous offre un recueil de chansons et pas un album solo de guitariste virtuose prétexte à astiquages de manches, c'est tout à son honneur. Ensuite parce que la tonalité du disque est sacrément sombre. Navarro se livre à un travail d'introspection et entre les coups de déprime suite à la trahison de son ex (I hate my life, never want another wife dans « Rexall) et le traumatisme subi suite à l'assassinat de sa mère (« Mourning Son »), noir, c'est noir, il n'y a plus d'espoir côté paroles. La forme est à l'avenant avec notamment un chant assez monotone (typiquement « Very Little Daylight ») rendu indistincte par trop de bidouillages en studio. La voix est doublée, triplée, filtrée comme pour masquer ses limites et du coup, on perd en émotion par rapport aux démos initiales où la sincérité l'emportait sur les maladresses et les faussetés. Le reproche peut d'ailleurs être étendu à la production globale de l'album, étouffante à force de superposer les pistes et de multiplier les effets en tous genres.

Mais qu'on ne s'y méprenne pas, par-delà leur emballage pseudo-moderne, les compos tiennent pour la plupart très bien la route. Si « Not For Nothing » évoque un peu trop MARYLIN MANSON pour être honnête, « Rexall » est un single convaincant et bien de son temps. « Sunny Day » rappellera JANE'S ADDICTION avec son break et son final orientalisant zeppelinien. Tout comme « Avoiding The Angel » avec ses envolées épiques parfaitement jouissives. Et même la relecture du « Venus In Fur » du VELVET UNDERGROUND (je rappelle qu'on y parle bondage et soumission, c'est reparti pour la franche rigolade!) s'en tire plutôt pas mal. Seulement voilà, Navarro n'a pas le talent d'un Reznor capable d'explorer sa dépression de façon passionnante sur tout un album (toute une carrière?) et l'ensemble devient vite plombant. La lumière perce trop rarement et on finit par étouffer. Dommage parce que du talent, le bonhomme en a indéniablement. On aimerait juste qu'il arrête deux secondes de se consacrer à sa carrière de people entre la mise en scène de son couple avec Carmen Electra et la présentation de concours de tatouages télévisés (Ink Master) pour revenir à l'essentiel : la musique.

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   JASPER LEE POP

 
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- Dave Navarro (guitare, chant, basse, synthétiseur)
- Matt Chamberlain (batterie)
- Rich Costey (programmation, vibraphone)
- Mike Elizondo (basse)
- Jon Brion (basse, guitare)
- Twiggy Ramirez (basse)
- Stephen Perkins (batterie)
- Danny Saber (programmation, basse)
- Roy Mayorga (batterie)
- Brendan O'brien (basse, claviers)


1. Rexall
2. Hungry
3. Sunny Day
4. Morning Son
5. Everything
6. Not For Nothing
7. Avoiding The Angel
8. Very Little Daylight
9. Venus In Fur
10. Slow Motion Sickness



             



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