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SKILDA - The Return Of The Skyewalker (2017)
Par MARCO STIVELL le 25 Septembre 2017          Consultée 684 fois

L'explosion techno-rock de l'année, ce n'est pas à DAFT PUNK qu'on la doit, mais à SKILDA, et son "retour du Skyewalker", qu'il s'appelle Luke ou non, venu d'Ecosse en tout cas, et, tel un nouveau chevalier de la Table Ronde, ayant suivi sa quête jusqu'en Bretagne.

Cela fait quelques années que SKILDA nous chatouille les oreilles avec sa musique moderne colorée d'influences celtiques, à la fois traditionnelle et sexy, qui devient toujours plus chaleureuse. Il y avait, en effet, de quoi se sentir émoustillé lorsque Konan Mével proposait un réarrangement d'"Airfalari" (album Afro Gaelic Groove Tribe de son projet BELSHAMA en 2000, voir chronique) ou que John Helliwell, saxophoniste de SUPERTRAMP en personne, venait mouiller son instrument sur la chanson "Island Kids" en 2012, album Skyewalker. Et puis il y a la délicieuse, merveilleuse KOHANN, alias Michèle Gaurin, féline et féérique.

Sa voix se perd davantage dans les effets rentre-dedans de ce nouvel album, mais c'est avec une franche réussite. Il n'y a qu'à écouter le morceau-titre, "The Return of the Skyewalker", et son mélange de musique dance, de voix masculines robotiques et de vocalises féminines inspirées par les "waulking songs" d'Ecosse, les chants de travail. La mélodie de flûte basse/low whistle, un traditionnel connu, nous perd dans un obscurantisme moyenâgeux sur fond de grosse basse synthé et de rythmique martelée. La suite de l'album Skywalker est encore plus folle et fiévreuse, tenez-le vous pour dit !

"The Seahorse in the Sky" reprend davantage les thèmes de danses bretonnes comme l'an dro, même si c'est toujours déguisé dans un amas de synthétiseurs, boucles et productions modernes, de la façon la plus intelligente qui soit. Loin d'une électro rébarbative et linéaire comme on peut l'entendre aujourd'hui en boîte (vous savez, le début rapide, le tempo qui accélère jusqu'à éprouver le besoin de s'arrêter en milieu de course, quand elle était déjà constituée d'un vide mélodique, ils sont tellement à le faire !), SKILDA propose des réalisations passionnantes qui regorgent d'airs évidents, puisés dans la tradition celtique, un cocktail techno pop-rock progressif absolument inspiré.

La deuxième partie réussit le pari d'être encore meilleure que la première, à partir de "Dannsa". Les guitares d'Emmanuel Devorst vrombissent davantage, couplées à la batterie métronomique de Tom Shannon, et c'est parti pour une belle ronde finale où KOHANN est mieux mise en valeur qu'ailleurs. "A859" nous prouve combien le gaélique, pouvant paraître si dur à l'écrit pour nos consciences françaises, appartient aux langages les plus sensuels, surtout dans la bouche d'une jeune femme, robe rouge serrée et longue chevelure brune, qui sait parler aux hormones et susciter la tendresse !

La guitare électrique qui dialogue avec le fiddle ou qui se calque sur le whistle tout au long de ces morceaux, et notamment "Britanny Spears" (un titre bien savoureux !) c'est juste excellent. L'aspect rock, quasi metal on peut dire, offre à cette oeuvre un élément clé, chaleureux, qui lui confère une richesse bien plus grande et fédératrice que l'électro-world de base. Et en même temps, c'est super festif, sans temps mort et bien taillé pour le live. Bravo la compagnie ! On vous souhaite le même succès que DAFT PUNK, ou mieux.

Il y a un an presque et demi, au printemps 2016, Konan Mével fournissait avec un collectif bien plus ancien, le disque La Belle Enchantée, une des plus belles pièces de la carrière de TRI YANN. En cette année 2017, c'est SKILDA qui a de quoi remporter toutes les faveurs, même si à l'issue de cette écoute, on est presque choqué par la durée courte de l'album, 33 minutes ! Largement suffisant, même si le plaisir aurait pu être prolongé avec de "vraies" chansons pop interprétées par KOHANN (elle en fait déjà bien de son côté), ça ne fait que renforcer la cohésion d'ensemble, musiciens et composition ! Une plongée fraîche et enivrante dans les Highlands, Brocéliande, l'île de Skye, tout en rythmes, en légendes et en beauté.

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   MARCO STIVELL

 
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- Kohann (chant)
- Tom Shannon (batterie)
- Emmanuel Devorst (guitares, bouzouki)
- Konan Mével (synthétiseurs, whistles, kbass)
- + Aidan O'rourke (fiddle)


1. The Seahorse In The Sky
2. Wild
3. The Return Of The Skyewalker
4. Fear The Banshee!
5. Dannsa
6. Blue Horse, White Sea
7. A859
8. Brittany Spears



             



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