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CROOKHAVEN - Crookhaven (2017)
Par GEGERS le 27 Novembre 2017          Consultée 853 fois

A la base de la musique, il y a une rencontre, toujours. Celle d'un artiste et d'un univers, celle d'un musicien et d'un instrument, celle d'un showman et d'un public, celle de deux Pierrot, la tête dans les étoiles, qui lient leurs destins sur les vertes terres irlandaises. CROOKHAVEN, c'est avant tout cette rencontre pas banale entre Bertrand, le Français et Scott, l'Américain, qui font connaissance à l'occasion d'un voyage en Irlande, et tapent le bœuf, naturellement. Les mois passent, et l'envie de faire de cette rencontre plus qu'un éphémère moment partagé germe dans l'esprit des deux jeunes artistes. Internet aidant, les idées s'échangent, tout comme les fichiers, et les quatre mains finissent par donner naissance à ce premier bébé. Sublime, soit dit en passant.

CROOKHAVEN, c'est le folk dans sa forme la plus pure. Une guitare et une voix suffisent à en démontrer la beauté, le reste n'est que fioriture. L'album nous saisit tout d'abord grâce à une ligne de chant d'une limpidité et d'une fragilité bouleversantes, celle de « Dear God ». Scott Dengerfield s'impose en quelques notes à peine comme un chanteur de grande classe, dont la voix s'aventure dans des intonations et des circonvolutions qui mêlent puissance et retenue, le tout marqué par une évidente sincérité et une richesse mélodique bluffante. Ce gars-là maîtrise son chant comme peu savent le faire.

Au chant, donc, s'ajoute une palette d'ambiances résolument folk, mais toujours variées, qui portent des morceaux à la fois traditionnels dans la forme et unique dans l'interprétation. Sur « A Million Miles or More », bercé d'influences country, CROOKHAVEN mêle bottleneck et guitare acoustique, ajoutant un harmonica sautillant, pour un résultat d'une grande beauté, qui tient autant du folk des années 70 (on pense parfois à Cat Stevens sur la première partie du morceau) que de celui plus contemporain, qui n'hésite pas à incorporer certains éléments pop (les claviers et les ambiances « comédie romantique britannique » de « Together Anyway »).

Le duo a un truc en plus : son folk n'est pas anodin. Disons plutôt que là où certains se contentent d'aligner des « petites » chansons authentiques mais sans grande envergure, CROOKHAVEN se fait épique, et n'hésite pas à varier les structures au sein même d'un morceau, pour lui donner un sens profond. « Among the Overgrown » fait partie de ces morceaux ambitieux que l'on peut trouver sur l'album. Le folk, au début léger, prend des intonations plus sombres et solennelles à mesure que le morceau progresse et gagne en intensité. Sur la fin, un accordéon et des orchestrations discrètes viennent apporter des tons bariolés à un morceau déjà riche en couleurs, et qui peut rappeler l'univers des Stanfields, période For King and Country.

Y aller par le détail, disséquer cet album, ce ne serait pas lui rendre justice, car il incombe à chacun de se l'approprier et d'en extirper la substance. Sachez seulement que sur cet opus où la guitare, dans toutes ses déclinaisons, est reine, et tisse des mélodies qui, loin de s'essouffler, continuent de grandir au fil des écoutes et ne cessent de nous éblouir. « For Cate », qui débute comme une ballade guitare/voix avant que violon, banjo et section rythmique ne s'en mêlent, est sans aucun doute un des meilleurs moments de l'album, qui témoigne d'une incroyable maîtrise et maturité de la part de ces deux jeunes artistes qui ont su dompter leur fougue pour se faire percutants de bout en bout. Tellement mature que Scott se paye même le luxe de montrer le blues de sa voix sur « Creature », rock lancinant (et seul morceau sur lequel figure une guitare électrique) qui clôture l'album. Ces mecs là dont déjà tout compris au folk, et savent comment le restituer pour lui donner une substance et une originalité.

CROOKHAVEN, fort de ses deux talents combinés qui ne semblent pas avoir de limite, vient de proposer un album-monde. Un opus générateur d'images, d'ambiances, qui naissent et meurent mille fois durant son écoute. Un album captivant, à la fois virtuose et simple, résultat d'une rencontre fortuite mais très heureuse. Le début d'une aventure musicale qui, espérons-le (car il le faut!) connaîtra une suite.

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   GEGERS

 
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- Scott Dangerfield (chant)
- Bertrand Legrand (guitare, autres instruments)


1. Dear God
2. A Million Miles Or More
3. Moonshine Taker
4. Little Dove
5. Among The Overgrown
6. Picture This Summer Day
7. Together Anyway
8. For Cate
9. A Part Of Me
10. Love(d) You
11. Though I'm Scared Of Needing You
12. Creature



             



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