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METAL PROG & FUSION  |  DVD

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PSMS - Live In Tokyo (blu-ray) (2012)
Par BAKER le 4 Décembre 2017          Consultée 165 fois

Enregistrer un live au Japon a deux avantages. Le premier, c’est d’être pratiquement sûr d’avoir un public fidèle, attentif, passionné mais également sage. Rassurez-vous, ce sera le cas ici. Le second, c’est justement ce côté fidèle. Des gens sympathiques qui vous soutiennent dans les moments difficiles (remember ANVIL… OK, remember SPINAL TAP). Et de soutien, Mike Portnoy en avait bien besoin en 2012. Le moral dans les chaussettes, le pauvre batteur ne sait pas comment revenir au prog metal après s’être auto-Tarjé de DREAM THEATER. Le rock, le prog, le metal, il a fait ce qu’il fallait, mais le mélange des genres sans venir cirer les pompes de son ancien groupe, ça coince.

Viennent à sa rescousse trois virtuoses. Le premier, Billy Sheehan, bassiste volubile de Mylène FARMER et de MR BIG (OK, un petit poil plus de MR BIG), est un vieux complice de Portnoy depuis l’aventure YELLOW MATTER CUSTARD. A la fois mélodique et shreddeur poseur comme pas deux. Sheehan a dans son large répertoire téléphonique une collaboration sur le premier album solo de Tony MacAlpine, guitar hero à la fois surdoué (il faut voir comment il gère les mini-descentes de “Acid Rain” qui, je rappelle, sont au départ écrites pour * DEUX * instruments !), surdoué donc, technique, volubile, mais également humble. Et d’après de nombreux témoins facile à vivre. Et donc si un des musiciens est souple, ça permet de se garder en joker un électron libre. Or, qui dit projet prog metal dit synthétiseurs, et qui dit Portnoy et musicien caractériel dit Derek Sherinian, son vieux pote qui a été son plus fidèle allié pendant la période “FALLING INTO INFINITY”. C’est donc un quartet de pros, de requins, qui se produit ici pour une tournée finissant par le Japon et ses thuriféraires de branleurs de manche. Et pour branler les manches, ça va y aller sec.

Car c’est très clairement à de la technicité totalement gratuite et assumée à laquelle vous allez avoir droit pendant 90 minutes. Hein ? J’entends au fond des sceptiques interloqués. Oui oui, ce live dure 94 minutes applaudissements rappel et générique de fin compris. Et vous savez quoi ? C’est largement suffisant. Car ça ne s’arrête jamais. Mais alors jamais. N’oubliez pas que même des solos lents, avec peu de notes, comme le très bon (mais pas parfait) “Lines in the sand”, nécessitent eux aussi une virtuosité sans égale. Jouer bien est aussi, voire plus difficile que jouer vite. Quand vous descendez les cordes à la vitesse démesurée, les pains peuvent passer à l’as. Quand vous jouez à la GILMOUR, on n’appelle plus ça un pain : on appelle ça un lot de Marie tradition 3+1 gratuite. Et donc le concert ne pourra intéresser que, et je dis bien : QUE les amateurs de technique(s) pure(s).

Oh, ne me prêtez pas de viles intentions (NDLR : Nooooon c’est pô du tout le genre de la maison voyons !), vous avez aussi de la mélodie. Celle distillée avec tact par les reprises de DREAM THEATER (intro du concert mythique), mais aussi à travers quelques reprises de classiques, dont les immenses “Stratus” et “The pump”, bibles de chevet des jazz fusionneux qui sont ici jouées impeccablement, l’alchimie entre les musiciens étant réelle et palpable. Vous avez également des extraits de la carrière solo des différents protagonistes, et là, pas de quartier : les versions live des compositions de MacAlpine et surtout Sherinian ne sont que prétexte à des exercices de style où ça joue plus vite que son ombre. Avec chacun son style : appliqué pour Tony, flambeur et playboy sur le retour de Derek “chemise à jabot” Sherinian. On aime ou pas, certains trouveront cela écoeurant, d’autres se demanderont pourquoi diable 90 pauvres minutes, en tous cas si vous cherchiez pour du trouble, vous êtes venus à la bonne place.

Difficile donc de donner un avis tranché sur un concert tout à fait correct, avec quelques drôleries, Portnoy et Sheehan qui chantent (et bien), un public admiratif plus qu’enjoué. Tout dépendra de vos attentes. Sachez cependant que, pour un live très fortement connoté metal prog, les passages les plus excitants sont soit rock, soit fusion. Est-ce que les trois quarts du groupe s’en souviendront lorsque, troquant MacAlpine pour Ron THAL, ils fonderont le groupe SONS OF APOLLO dont ce live est la genèse ? Suspens. En tous cas, il y a un domaine dans lequel on peut donner un avis définitif : l’image. Elle est relativement belle (nonobstant la scène assez austère), le blu-ray conserve un joli grain, quelques gros plans sont assez beaux et bien définis. Mais le montage, lui, privilégie l’épilepsie. Le premier quart du concert est quasi irregardable tant ça part dans tous les sens, et si ça se calme un poil par la suite, c’est plus par habitude du spectateur que par prise de conscience du monteur. Le son, lui, est puissant, avec une stéréo mettant surtout en valeur les sons graves de synthé chers à Derek, le 5.1 proposant sur les arrières une jolie ouverte de la réverb naturelle et surtout les rares mais du coup très efficaces réactions du public. En guise de bonus, dix minutes d’habituelles petites interviews, peu passionnantes et sous-titrées à raison, tant le son est exécrable pour ne pas dire traumatisant. Un live simple donc, sympa, qui aura ses fans, et qui a pour principal intérêt une setlist restreinte qui élimine une bonne partie de la suffisance du projet. Et qui pour Magic Mike était plus important pour ce qu’il représentait que pour le résultat.

Note finale : plutôt 3,5/5. Avec un montage correct, la quatrième étoile aurait été de mise.


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Fiche technique

Editeur : Eagle Vision
Date : 24 novembre 2012 (Zepp Tokyo, Japon)
BD-25
Image : 1.77 1080i
Son : PCM 2.0, DTS-HD 5.1
Durée totale 104 minutes
Bonus : Livret 12 pages, Making-of (10 min st fr / uk / es)

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- Mike Portnoy (batterie, chant)
- Billy Sheehan (basse, chant)
- Tony Macalpine (guitare)
- Derek Sherinian (claviers)


1. A Change Of Seasons I - The Crimson Sunrise
2. Acid Rain
3. The Stranger
4. Stratus
5. Apocalypse 1470 Bc
6. Tony Macalpine Guitar Solo
7. Been Here Before
8. Birds Of Prey (billy’s Boogie) - Billy Sheehan Bas
9. The Farandole
10. The Pump
11. Mike Portnoy Drum Intro
12. Nightmare Cinema
13. Hell’s Kitchen
14. Derek Sherinian Solo 2012
15. Lines In The Sand
16. Shy Boy



             



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