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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  B.O FILM

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Christopher YOUNG - Hellraiser (1987)
Par BAKER le 31 Décembre 2017          Consultée 395 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

On ne saura probablement jamais pourquoi les producteurs de "Hellraiser", au départ petit film anglais indépendant, ont refusé la musique électro-noisy-dépressive du mythique groupe COIL. Leur univers glauque, atonal et strident aurait fait merveille. Mais au final, tout va pour le mieux puisqu’en confiant en hâte la réécriture au jeune compositeur classique Christopher YOUNG, ils ont donné naissance à une des plus grandes pages de la musique de film des années 80. "Hellraiser" fait partie de ces albums cultes ayant acquis depuis leur sortie une réputation particulière ; pour celui-ci, c’est le sentiment de romantisme qui planerait sur la majeure partie des thèmes. Et vous savez quoi ? C’est totalement vrai. Gorissime, décalé, dérangeant et icônique, "Hellraiser" est avant tout une histoire d’amour ; un peu barrée certes, mais d’amour quand même. Et derrière l’horreur, la violence et le suspens, YOUNG a imprimé une palanquée de motifs et d’harmonies d’une douceur, d’une tendresse et d’un lyrisme à laisser pantois.

On va couper court au suspens : non, TOUT l’album n’est pas parfait. Il possède en son second tiers un petit ventre mou dû au film lui-même (et ce qui s’y passe, parce que quand même, faut pas déconner, y’a une histoire à suivre !), et donc au changement de style. Dans l’horreur pure, YOUNG se débrouille, un poil mieux que certains mais avec plus d’efficacité que de génie : les "Cenobites" (et l’on en fait ce que l’on veut) avec leur ambiance 100% atonhallal sans porc ni gelée de porc ni mélodie garanti AOC, "Rat Slice" exercice de bancalité bien cinglé, ou "Seduction" qui au niveau des glissements tonaux est une petite prouesse technique. C’est aussi le tout premier titre possédant un semblant de rythmique et c’est là que ça colle moins, comme par hasard. On a aussi une utilisation rigolote du clavecin, quelques essences de giallo 70s, et en gros le second tiers du disque est un exercice formel de musique d’horreur, avec un orchestre absolument impeccable (belle prise de son) et quelques synthétiseurs très épars mais diantrement efficaces. A ce titre, si "Lament" ne vous donne pas l’impression d’être entré en Enfer, c’est que vous y êtes déjà.

Mais alors les premier et troisième tiers, quels délices ! "Hellraiser" fonctionne principalement sur deux thèmes, celui du premier titre assez simple mais évocateur, et surtout "Resurrection", valse amoureuse grandiloquente perturbée par des accès de furie. "Re-Resurrection" (ça doit faire mal) en est une revisite spectaculaire : le lent est encore plus romantique, le final encore plus grand-guignol. Ne se refusant rien, YOUNG parsème sa partition de gothisme ancient, "Hellbound Heart" faisant penser à la fiancée de Frankenstein errant la nuit dans un château hanté, le tout sans reprendre une seule note de Franz WAXMAN. "Love" offre une petite accalmie inattendue et troublante, donnant à la clarinette un rôle aussi prépondérant que dans les pages les plus furieuses du MOZART de la plus faste période. "Uncle Frank" donne l’impression que des bouts de partition sont cachés, soulignant parfaitement le propos du film, et le disque se finit en apothéose sur un "Another Puzzle" classe, flamboyant, menaçant mais tout aussi attrayant, voire charmeur. Peu facile d’accès mais donnant régulièrement des clefs, "Hellraiser" est un sacré morceau de génie, une B.O. classique dans tous les sens du terme : si John WILLIAMS avait en 1977 montré que l’orchestre symphonique n’était pas mort, et était même bien vivant, Christopher YOUNG prouve qu’il peut également servir à faire peur et destabiliser. Film à découvrir si ce n’est déjà fait, ainsi que sa suite (j’ai bien dit : SA suite), et BO qui est simplement une des indispensables de toute la pourtant richissime décennie 1980.

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   BAKER

 
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- Christopher Young (composition & orchestrations)
- Paul F. Witt (direction)
- Tom Calderaro (synthétiseurs)
- Mark Zimoski (percussions)


1. Hellraiser
2. Resurrection
3. Hellbound Heart
4. The Lament Configuration
5. Reunion
6. A Quick Death
7. Seduction And Pursuit
8. In Love’s Name
9. The Cenobites
10. The Rat Slice Quartet
11. Re-resurrection
12. Uncle Frank
13. Brought On By Night
14. Another Puzzle



             



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