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2017 Seven

The WATCH - Seven (2017)
Par BAKER le 5 Janvier 2018          Consultée 446 fois

THE WATCH est à GENESIS et à l’Italie ce que RPWL est à PINK FLOYD et à l’Allemagne. Sur le papier. Deux groupes qui ont débuté comme des tribute bands et ont développé ensuite des compositions originales, originelles plutôt, vu que l’originalité était à remettre en cause devant l’écrasant poids de leurs influences. Sur le papier, toujours. Car dans les faits, un monde les sépare : autant RPWL a réussi très vite à trouver son identité et à se forger une carrière, autant pour THE WATCH, ça a toujours du mal à décoller. Alors certes, ils ont un mot du médecin : leur chanteur a un timbre si exceptionnellement proche de Peter Gabriel qu’il serait inutile d’écrire des chansons de zouk philharmonique ou de thrash : ça sonnerait toujours comme le GENESIS de la période "The Lamb". Mais tout de même, s’acoquiner avec Steve Hackett jusqu’à ici reprendre un de ses morceaux emblématiques, utiliser des sons de synthés que même Tony Banks regrette après coup (pourtant, Dieu n’est pas du genre à faire dans l’autocritique). Tout ceci fait peur, très peur : Pâle copie de la genèse, THE WATCH ? Un peu. Mais, c’est sans doute le plus ennuyeux pour eux (et sauve-meubles pour nous), ce ne sont pas les emprunts à la Gabriel Company qui sont les moments les plus éprouvants de l’album.

Car le vrai souci de ce "Seven", c’est que les chansons passent leur temps à naviguer entre citations de GENESIS assez marquées et volonté de faire dans l’original. Et le faire à tout prix, n’importe comment. Le premier titre est somme toute un bon résumé : il est assez, voire très agréable à écouter, mais les parties complexes sont laides. Certes, c’est une question de goût, toute chronique est forcément subjective ; cependant j’aimerais bien savoir la proportion d’auditeurs, même (et surtout) fans de rock progressif pur et dur, qui vont se dire “ouille ! là, c’est moche, les gars”. Et ce titre est largement moins déglingué que le reste. Il y a des mélodies accrocheuses, un groove à la batterie qui rappelle Phil Collins (et oui, là aussi, le Collins de 1974, autrement dit pas une mince affaire), mais si vous supportez les indélicatesses harmoniques, rien ne dit qu’il en sera de même pour le reste : chaque titre a son petit gremlin qui lui pourrit le groove. "Copycat" serait une très bonne face B de SUPERTRAMP (dernière période), avec un pont qui ô stupeur fait appel à de la 12-cordes et une flûte (ça alors, mais à qui font-ils référence ? DANZIG ? MODERN TALKING ?). Mais la partie zigouigoui néo-prog est inutile et fait IQ du pauvre (même le dernier accord est "The Wake" au dernier degré). "Masks" ou "Tightrope" sont bien faits mais ennuient plus qu’ils ne passionnent. Et que dire de "Disappearing Act", avec son synthétiseur analogique oldschool complètement O.M.D., noyé au milieu d’un océan de laideur ?

Soyons honnêtes, c’est écoutable. Juste avec de nombreuses pauses pour digérer les parties les plus délicates. Et si vous n’aviez pas compris à quel point la malédiction de Charterhouse planait sur nos transalpins, attendez le dernier morceau, un "After The Blast" tout à fait correct, bien fait et intéressant, si ce n’est qu’il est une jolie copie de "Inside And Out". THE WATCH est-il un mauvais groupe ? Non, ce qu’il fait peut sinon attirer l’attention, du moins charmer les oreilles. Mais pour cela, ils doivent soit faire du prog en copiant GENESIS de façon carbone (quitte à débaucher leur guitariste ou lui piquer des idées comme le jeu percussif espagnol sur guitare classique), ou bien... ne pas faire de prog du tout et se contenter de faire du pop rock commercial, domaine dans lequel ils ont quelques qualités. Un album à la fois mignon et hideux, à l’image de sa pochette : peut mieux faire, pourrait faire pire. Dans le doute, ne pas nourrir le troll.

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- Simone Rossetti (chant, flute, claviers)
- Giorgio Gabriel (guitare)
- Valerio De Vittorio (claviers)
- Mattia Rossetti (basse, guitare, choeurs)
- Marco Fabbri (batterie, percussions)
- Steve Hackett (guitare)


1. Blackest Deeds
2. Disappearing Act
3. Masks
4. Copycat
5. It’s Only A Dream
6. Tightrope
7. The Hermit
8. After The Blast



             



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