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THRESHOLD - Legends Of The Shires (2017)
Par BAKER le 22 Janvier 2018          Consultée 1115 fois

Attention, poids lourd. Si THRESHOLD a toujours eu une bonne réputation, malgré une certaine linéarité de style, ils viennent de balancer dans la mare du prog mélodique un peu heavy aux entournures une bombe sale. Le premier contact avec ces légendes des comtés était pourtant délicat : remplacement assez inattendu du double-revenant Damian Wilson par... un autre double-revenant, Glynn Morgan (qui l’avait vue venir, celle-là ?), et double album concept. Or, on le sait, les double-albums concepts, c’est très souvent gavant. Ca part d’une bonne intention (NDLR : Et encore, et encore...) mais très peu sont les groupes qui ont réussi leur coup. Ce sera presque le cas ici : pas de suspens, "Legends of the Shires" souffre un peu de son gargantualisme et baisse de régime dans la partie centrale du second CD.

Mais alors, avant ce dos d’âne, quelle furie ! Il n’y a pas trente-six solutions pour mener à bien un projet pareil : la narration, la production, l’enchaînement des titres, tout ça doit être bien sûr soigné et avoir un sens, mais le principal, c’est de bourrer le plus possible de mélodies retentissantes. Souvenez-vous de "Subterranea" de IQ : sa principale qualité était d’enchaîner refrain mémorable sur refrain mémorable, sans temps mort. Comme un “vrai simple” disque, quoi. Vingt ans plus tard, les Anglais (encore eux, perfide Albion !) de THRESHOLD reprennent le flambeau en vous présentant un paquet considérable de tubes enfilés comme des perles. On débute gentiment par "The Shire Part 1", la petite intro acoustique habituelle, sauf qu’elle a trois avantages. D’abord, elle évite ce que je considère comme un des fléaux des albums concept : la présentation des thèmes principaux, fausse bonne idée. Ensuite, la première mélodie est magnifique et met tout de suite dans l’ambiance : la voix sera belle et chaude, la musique très accessible. Accessible ? A d’autres, ça va bien plus loin : le refrain pourrait sortir tout droit d’un album de pop contemporaine, et ce ne sera pas le seul. C’est la grosse surprise de l’album : la moitié des titres, chantés sur d’autres arrangements, pourrait passer en radio et faire un carton. En 2017. Sincèrement. Il suffirait juste de dépouiller les instruments, couper tout solo quel qu’il soit, et appeler THRESHOLD par un autre nom.

Entre le gros riff gras typiquement Karl Groomesque de "Small Darker Lines", l’enivrant couplet de "Trust The Process", le refrain rappelant le tout meilleur des années 80 sur "On The Edge", l’extension du premier titre sur un attendu mais émouvant "The Shire Part 2", les guitares à la tierce sorties des chansons les plus gaéliques d’IRON MAIDEN sur "Snowblind", c’est un régal, un vrai festival, un banquet de mélodies copieux et raffiné. Et c’est sans compter l’excellence de "Stars and Satellites", qui résume parfaitement le groupe à lui tout seul : dès les 5 premières notes de basse, on SAIT que ça va être une tuerie. Couplet génial, prérefrain génial, refrain génial. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Le pont ? Il est nul. Non, je plaisante. Même l’une des caractéristiques principales du groupe, à savoir le jeu très froid et rigide de Johanne James (petite taille mais grand talent), ne choque pas, son côté boîte à rythmes asseyant la dynamique de chaque chanson. Quant au premier epic, "The Man Who Saw Through Time", c’est un moment de grâce avec une première partie héritée du GENESIS de la fin des 70s, pas tant dans le son que dans les harmonies. Il y a cependant un petit hic avec ce chef-d’œuvre de onze minutes : ça cale. On dirait presque une fin d’album à lui tout seul. Or ce n’est pas un EP de 20 minutes, mais un bon gros double vinyl de 82.

A partir de "Subliminal Freeways", le soufflé va donc un peu retomber. Si "State of Independance" peut se montrer poignant, le disque dure un petit quart-d’heure de trop, le temps d’arriver au refrain tuant (ce disque est un génocide) de "Lost In Translation" et la ballade folk de fin "Swallowed", qui est comme sa petite soeur d’introduction un peu cliché et attendue mais terriblement bien faite (on dirait du ARENA du meilleur niveau). Le son uniformément massif risque en outre de fatiguer vos petites oreilles fragiles, ce malgré une production aux petits oignons, comme d’habitude chez la Groom company. Alors non, "Legends" ne sera pas au niveau de "Subterranea", mais il en est très proche et enterre toute la concurrence dans ce domaine. Evidemment il faut aimer le son clinique, la rigueur mélodique anglaise, et ne pas être totalement allergique aux synthés zigouigoui, mais alors qu’on les voyait continuer pépère une petite carrière honnête, THRESHOLD vient de prouver qu’il en avait encore largement sous la pédale ! Vivement le prochain live qu’on découvre tous ces refrains beuglés par une cohorte de fans transis !

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   HEART OF STEELE

 
   (2 chroniques)



- Glynn Morgan (chant)
- Karl Groom (guitare)
- Richard West (claviers, prog)
- Johanne James (batterie)
- Steve Anderson (basse)
- Jon Jeary (voix additionnelle)


1. The Shire (part 1)
2. Small Dark Lines
3. The Man Who Saw Through Time
4. Trust The Process
5. Stars And Satellites
6. On The Edge
7. The Shire (part 2)
8. Snowblind
9. Subliminal Freeways
10. State Of Independence
11. Superior Machine
12. The Shire (part 3)
13. Lost In Translation
14. Swallowed



             



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