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PONTY / DI MEOLA / CLARKE - Live At Montreux 1994 - The Rite Of Strings (dvd) (1994)
Par BAKER le 6 Février 2018          Consultée 432 fois

Il ne faut pas chercher très loin pour être dégoûté. Voir quelqu'un jouer du violon c'est déjà assez punitif si comme moi on tente péniblement de faire crin-crin sur trois notes. Voir quelqu'un jouer de la contrebasse est encore plus écoeurant, tant cet instrument fantastique peut faire envie (et puis il a la taille et la forme d'une femme, pas vrai ?). Et puis la guitare, là je peux dire : oui, je sais en jouer. Oui voilà, oui, je peux, certainement comme toi ami lecteur, enquiller quelques accords, jouer deux trois solos, faire des bends à peu près corrects. Jusqu'à tomber sur Al DiMEOLA. A partir de là, on peut se la péter Django, répéter dix heures par jour et suer jusqu'à en remplir la piscine de Léotard, non, on saura jamais "jouer de la guitare". Pas comme lui. Si on rajoute que les deux autres acolytes sont Jean-Luc PONTY (une légende vivante) et Stanley CLARKE (l'un des tous meilleurs bassistes de tous les temps, tous styles confondus, point), la bave commence à couler rien qu'en regardant le DVD dans le rayon. Et c'est exactement ce qui s'est passé : rien qu'apprendre l'existence de cette galette au détour d'un pauvre Leclerc Culturel de campagne, j'ai eu une érection. Confirmée avec cent minutes, non pas pour convaincre, parce que c'est inutile rien qu'en lisant le nom des musiciens, mais pour choper un priapisme que du raisin du Bordelais serait moins violet, moins juteux, moins euarps bröööööök schlurps grôôôt rhãããã...

Quarante Kleenex (pour les larmes, bande de cons !), sept tentatives de suicide et seize visionnages plus tard, quel est le verdict ? Eh bien c'est de la musique comme je n'en ferai jamais, comme beaucoup d'entre vous ne feront jamais, mais ce n'est pas (qu')une question de virtuosité. C'est une question de mental, de créativité, de confiance en soi et en les deux autres. Le crissement du violon, la rondeur de la contrebasse, les multiples sonorités de la guitare (solo ou rythmique) donnent naissance à de la musique limite "concrète" mais jamais ennuyeuse, toujours mélodique. Et feutrée, si feutrée ! Alors même que les musiciens transpirent sur leurs instruments, ça ne s'emballe que rarement, c'est plutôt une musique "en dedans", de l'intérieur (non Francis, tu n'es pas invité !), mais quand ça groove, ça groove méchamment. Vous voulez une preuve ?
Avez-vous déjà approché une contrebasse ? Si oui, vous savez à quel point cet instrument est barbare. Sinon, vous vous en doutez : c'est léger mais énorme, c'est grand mais mal équilibré, c'est fragile mais puissant. Eh bien figurez-vous que Stanley CLARKE, qui est certainement LE meilleur bassiste du monde (...oui, après mûre réflexion sur un paragraphe, c'est point à la ligne, aucune discussion possible), se permet de... slapper. Oui, il slappe sa contrebasse. C'est à se taper le croupion sur une banquise en attendant que ça fasse des étincelles. Et ça marche. Un violoniste qui tape sur les cordes avec son archet ? Oui, ça marche aussi. Un guitariste qui joue au-delà du manche, à vide sur la corde brute ? Oui oui, c'est possible, Hassan Cehef. En fait, ce live est le pendant du CD "The rite of strings", jeu de mots mignon sur le fait que nos trois gaillards jouent d'un instrument à cordes, mais jamais les mêmes cordes. Le problème, il n'est pas là. Il est que non seulement ils jouent desdites cordes de manière parfaite, mais en plus s'amusent à trouver le maximum de façons différentes d'en jouer. Et, je me répète mais ça soulage, ça marche. C'en est écoeurant. Mais qu'est-ce que c'est bon.

Le pianiste cubain Monty ALEXANDER est invité sur un titre, et non seulement il ne peut pas prétendre faire partie des Rite of Strings, vu qu'il joue sur synthé et pas sur piano (il n'y a qu'une corde, c'est l'alimentation, gniark !), mais en plus c'est un titre vraiment à part, avec autant de fausses notes que de bonne humeur... et d'improvisation presque absolue. En plus le p'tit gars a greffé sur son Clavinova un synthé "de poche" dont il ne se servira jamais, dommage. Ce titre, joyeux foutoir agréable, mis à part, nous avons une pure démonstration de ce que la musique devrait toujours être : bonne humeur, complicité, technique ahurissante, recherche expérimentale, groove, émotion (cette "Cançion de Sofia" !!!), seul petit point noir sur scène : les deux minutes de répétition à foison des musiciens et du titre de l'album... Claude, on sait qu'ils sont géniaux, mais après leur nom répété 5 fois de suite, on commence à les connaître, quoi... A part ça, eh bien, si vous voulez savoir ce qu'on peut faire avec des cordes, ce concert est à se pendre (NDLR : Ah ah. Ah ah ah ah ah.). C'est aussi, accessoirement, un des meilleurs DVD de jazz existants, et un déclencheur de sourires certifié. Bon, vous avez compris ? Pour résumer ce que vaut ce DVD, rien ne vaut la répétition du premier paragraphe, alors allons-y et tous en choeur (voir figure 1) : euarps bröööööök schlurps grôôôt rhãããã. Et plus si affinités.


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Fiche technique

Editeur : Eagle Vision
Date : Juillet 1994 - Festival de Montreux (Suisse)
Image : 1.33 4/3 PAL
Son : PCM 2.0 + DD 5.1 + DTS 5.1
Durée totale : 102 minutes
Bonus :
- Petit livret

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   BAKER

 
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- Al Dimeola (guitare)
- Jean-luc Ponty (violon)
- Stanley Clarke (contrebasse)
- Monty Alexander (piano)


1. Song To John
2. Memory Canyon
3. La Cancion De Sofia
4. Summer Country Song
5. School Days
6. Eulogy To Oscar Romero
7. Renaissance
8. Chilean Pipe Song
9. Song To John
10. Indigo



             



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