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ENGLAND - Garden Shed (1977)
Par MARCO STIVELL le 11 Février 2018          Consultée 240 fois

ENGLAND est une des étoiles filantes du prog 70's. Avec un seul album à leur actif (du moins, pendant très longtemps), les quatre membres qui le composent ont marqué durablement la sphère complexe du rock dans sa branche la plus lumineuse et mélodique, celle de YES et de GENESIS. La pochette de Garden Shed est évidemment une de celles qui parlent le mieux, sans aller chercher loin dans un art fantasmagorique.

En 1977, les deux membres fondateurs et principaux sont Martin Henderson (futur musicien de Jeff BECK) et Robert Webb dont la particularité est de jouer sur une moitié de Mellotron, retravaillé ainsi pour faciliter le transport. Le batteur Mark Ibbotson a laissé ses baguettes à Jode Leigh, et Frank Holland prend la place de Jamie Moses (futur guitariste de QUEEN + Paul RODGERS, MIKE & THE MECHANICS...). Signé par la major Arista, ENGLAND est promis à un brillant avenir, hélas la tendance punk et les tensions internes viennent renverser la confiance placée en un potentiel de qualité.

Il nous reste donc ce Garden Shed, pierre angulaire du rock progressif classique arrivée sur le tard, tout comme le premier album de THE ENID, In the Region of the Summer Stars (1976). Il est d'ailleurs intéressant de rapprocher deux oeuvres d'obédience symphonique pour une partie de leur son, et pas la moindre, sachant que l'une des deux se passe complètement du Mellotron, alors que l'autre, celle qui nous intéresse ici, en use et abuse pour notre plus grand bonheur.

Le périodique Melody Maker s'est hâté de qualifier ce disque de "YES au royaume des jouets". Il y a de ça en effet : des rythmiques costaudes (les parties de batterie sonnent un peu comme Bill Bruford, Henderson joue sur une Rickenbaker "à la Chris Squire") mais peut-être pas aussi décoiffantes, contrairement aux harmonies vocales tarabiscotées, composantes essentielles, qui ont aussi quelque chose de GENTLE GIANT. Le timbre du chant rappelle aussi l'univers glam, avec son caractère cynique.

Si Garden Shed donne l'impression d'un joyeux melting-pot, groupement d'influences bien digérées et recrachées, ce n'est pas une mauvaise chose et la qualité globale du disque permet de l'apprécier en tant que tel, avec son propre univers, mais à chacun d'y voir midi à sa porte. Les chansons ont des structures proches de GENESIS, du rêveur "Yellow" à base de guitares 12 cordes aux thèmes les plus héroïques de "Midnight Madness".

Ce dernier est l'un des meilleurs titres de l'ensemble avec un début aux boucles synthétiques étranges puis un développement typique du prog classique : cette excellente montée de guitare sur fond de couple orgue/Mellotron, ces rythmiques assénées et ce discours ensorceleur. La "Three Piece Suite" part d'une ambiance bucolique pour se fondre dans des ruptures pop sophistiquées dont la couleur évoquerait SUPERTRAMP s'ils avaient continué à travers ce registre moins évident.

La guitare façon Steve HACKETT en plus grasse, le très beau solo de basse, les passages soul, la fin façon musique de fête foraine, tout cela participe à rendre ce disque passionnant, malgré des enchaînements et quelques thèmes en deçà, notamment sur le pavé "Poisoned Youth" (16 minutes). Le meilleur de ce titre reste son crescendo central et son ouverture cosmique ; gros travail sur la batterie, le pédalier basse et bien sûr le Mellotron qui hante le disque comme un fantôme de bout en bout, quand il n'est pas asséné. ENGLAND est un des rares groupes à employer cet instrument avec un effet rythmique récurrent, lorsque ce ne sont pas des nappes nébuleuses.

Encore deux ou trois moments intéressants à noter : le single "Paraffinalea", rempli de mélodies corsées et tourbillonnantes, toujours dans la lignée de YES ou GENTLE GIANT, le court "All Alone" qui ne sort pas de son ambiance piano-voix romantique et jazz ; "Yellow" enfin, une splendide ballade crépusculaire. La production est parfaitement adaptée à ce Garden Shed qui, pour sûr, vous emmènera en d'autres contrées, ou ramènera pour ceux qui connaissent déjà !

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   MARCO STIVELL

 
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- Frank Holland (guitares, chant, mellotron)
- Martin Henderson (basse, guitare acoustique, chant)
- Jode Leigh (batterie, percussions, basse, chant)
- Robert Webb (mellotron, pianos, orgue, clavecin, clavinet)


1. Midnight Madness
2. All Alone
3. Three Piece Suite
4. Paraffinalea
5. Yellow
6. Poisoned Youth



             



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