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ORION - Le Survivant (2017)
Par BAKER le 9 Mars 2018          Consultée 1280 fois

Ami lecteur, je vais te faire une confidence : c'est mon premier ORION. Il faut bien commencer quelque part. Et à propos de commencer, il faut avouer que l'histoire du groupe est de celles qui vous redonnent confiance en la musique : originaires de Meaux, donc déjà bien frappés par le malheur, les musiciens ont sorti un premier album en 1979. Soit pas la meilleure période pour débuter une carrière dans le rock progressif en France (déjà que débuter une carrière dans le prog en France, en soi, c'est pas Byzance.). Séparé, ORION s'est finalement reformé voici... une petite poignée d'années ! Il s'agit donc d'un ce ces cas, rares mais pas inexistants, de musiciens qui après avoir abandonné leur carrière, se sont retrouvés à l'aube de la cinquantaine (et plus si affinités) rappelés par le démon de la musique, qui ne quitte jamais personne une fois qu'il a mordu ses proies. Le groupe a donc finalement sorti son second album laissé en jachère, puis composé un troisième, et voici que déboule le quatrième après seulement 5 ans de chauffe : pensez, des décennies à se dire qu'on a peut-être loupé le coche, qu'il y a forcément des gens qui ont envie de vous écouter... On en a des choses à dire !

A dire et à exprimer, tant verbalement que musicalement. Leur premier album était déjà très axé nature / écologie / progressisme et vous vous doutez que ça n'a pas changé, d'autant qu'entre 1979 et maintenant, le monde n'a pas forcément tourné dans le bon sens. Et musicalement ? Je dirais que le groupe est signé chez Muséa, et c'est presque un genre en soi, un peu comme dire qu'un groupe de jazz est signé chez ECM, ou chez GRP : on a déjà une idée préconçue rien qu'à l'évocation de ces noms mythiques. Donc du prog qui oscille entre standard un peu vieillot (les claviers d'intro, rappelant immanquablement les incontournables ANGE des débuts) et incursions plus ou moins profondes dans le domaine du jazz fusion. A ce petit jeu, le groupe s'en sort plus qu'honorablement car les passages les plus fusion font partie des plus réussis.

"Big Bang" débute donc sous les meilleurs auspices, démontrant toute la subtilité d'un jeu de guitare volubile, marquant également une limite : la guitare, et plus généralement le groupe dans son ensemble, ne sont pas tout à fait à l'aise dans le "gros riff qui tâche", ils jouent plutôt à l'économie sur ces passages. C'est là, je pense, qu'on voit que le groupe est un "vieux" groupe, comprenez par là né avant la révolution du néo-prog et qui n'ont donc pas le metal dans le sang (NDLR : Heureusement, ils vont faire une hémochromatose !). Ce n'est pas une tare puisque ce qu'ils ne peuvent pas évoquer de façon "hardos", ils le rattrapent par un savant mélange de délicatesse et de fluidité sur les passages moins bourrins. Ainsi ledit "Big Bang", par ailleurs bien évocateur de son sujet, se termine sur un délicieux solo de synthé très Richard WRIGHTesque, ce qui est évidemment un compliment. Et le titre de déboucher sur le joyau de l'album, un "Cumulostratus" en forme de bossa d'une grâce et d'une fraîcheur immenses. "Peur Du Vide" continue dans la qualité, avec encore des incursions dans le son néo, cette fois plus réussies, et un petit côté Gérard MANSET. On rajoute une seconde partie presqu'américaine (on pense à ECHOLYN notamment) et un chanteur qui jusqu'à présent fait irrésistiblement penser à William SHELLER, lequel est lui-même progueux, et la première approche du disque est hautement satisfaisante.

Malheureusement, le disque possède un assez large ventre mou tombant dans les travers de tant d'artistes français : mettre les paroles en avant au grand dam de la musique. Ainsi, le triumvirat "Ravageurs / Mère Nature / Planète des Fous" (rien qu'aux titres, on se doute qu'il ne s'agit pas d'un extrait du programme de Laurent Wuaqizs... Wauqizes... Wausq... Fillon), qui niveau vocal troque SHELLER contre quelque chose de beaucoup plus théâtral et largement moins convaincant. On va dire que je retombe toujours sur les mêmes références, mais il faut dire qu'icelle a été vraiment bien trouvée : la petite Emma de Scènes de Ménage lorsqu'elle se met au "rock alternatif altermondialiste". C'est presque ça, sauf que la musique derrière n'est pas exécrable, mais seulement assez fade, sauvée uniquement par quelques harmonies jazzy éparses et la guitare bluesy, un peu Paul PERSONNE, de la "Planète des Fous" (laquelle ? ben comme jusqu'à présent on n'en a eu qu'une...)

Ceci dit, on ne peut nier que le disque retrouve un peu de superbe vers la fin : "Le Dernier Arbre" continue sur la même lancée mais bénéficie d'un riff de piano diabolique à la Keith EMERSON, et le sentiment d'apocalypse est assez bien approché. Terminant sur un epic, le morceau-titre, un peu décousu mais très bien fait et à la partie centrale un peu plus technologique, aux claviers plus actuels, le groupe montre qu'après sa résurrection et une logorrhée musicale étonnante, il n'a sûrement pas grillé ses dernières cartouches. Il faut évidemment aimer le prog à la française, mais dans ce domaine "Le Survivant" est loin d'être à la traîne. Encore un poil plus de générosité mélodique et on y sera !

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- Patrick Wyrembski (chant, guitare)
- Janusz Tokarz (chant, choeurs, claviers)
- Alain Pierre (chant, choeurs guitare, claviers)
- Michel Taran (chant, claviers, choeurs)
- Cédric Affre (batterie)
- Pierre-jean Horville (guitare)
- Paul Cribaillet (piano)
- Eric Halter (basse, contrebasse)
- Emmanuel Della Torre (voix et textes)


1. Big Bang
2. Cumulostratus
3. Peur Du Vide
4. Les Ravageurs
5. Mère Nature
6. La Planète Des Fous
7. Le Dernier Arbre
8. Le Survivant



             



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