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2017 Monochrome
 

2017 Monochrome
 

- Membre : The Gathering
- Style + Membre : Anathema

DANIEL CAVANAGH - Monochrome (2017)
Par BAKER le 31 Mars 2018          Consultée 1411 fois

Il y a peut-être eu maldonne à propos du dernier ANATHEMA. Alors que ce groupe était depuis 2010 encensé partout, y compris dans des médias les plus improbables (même dans des magazines qui croient parler de musique, vous voyez de qui je veux parler), voilà que The Optimist, doté d'une accroche marketing jamais vue depuis le "prolongez votre plaisir par un 30 centimètres" de CBS Records, était quelque peu malmené par certains critiques. Et même par les fans. Comme si le coup de bâton était prévisible, inévitable, comme si brûler ce qu'on avait adoré faisait partie d'un rituel cathartique, voilà que The Optimist défrayait la chronique et était globalement vu comme un disque raté, fainéant ou trop peu original. Il est vrai que certains titres faisaient largement partie du cheptel "certifié ANATHEMA post-Hindsight AOC", y compris d'ailleurs le magnifique titre de fin ; mais c'est aller un peu vite en besogne et oublier que si elles n'ont pas été toutes réussies, loin de là, il y a eu des expérimentations sur The Optimist : le trip hop Lynchien de "Springfield", le jazz pataud mais aventureux de "Close Your Eyes", le post-rock gluant de naïveté de "Wildfires", sans compter le titre d'ouverture, véritable hymne stoner à vous donner envie de sauter dans votre bagnole et rouler à tombeau ouvert, la chanson à 130 décibels dans l'autoradio agonisant.

Bref, The Optimist pouvait avoir des défauts, mais ce n'était certainement pas un disque d'ANATHEMA "lambda", tout comme The Astonishing pouvait être accusé de dix huit milliards de maux hideux, mais sûrement pas d'être un disque de DREAM THEATER "lambda".

Enter mister Daniel CAVANAGH. Et là, ça se complique. Ca se complique très franchement. Parce que le garçon est très sympathique, parce que sa démarche artistique ne peut pas être remise en question, parce que son savoir-faire est indéniable, parce que, il faut l'avouer derechef, à l'écoute de ce Monochrome, on se dit tous que c'est beau. C'est très beau. Et c'est un peu chiant sur les bords, les amis.

Monochrome est un disque qui porte très bien son nom. Le titre d'ouverture, "The exorcist" (rien à voir avec Mike OLDFIELD, nonobstant l'utilisation intensive du piano), est selon ses dires une idée rejetée par ANATHEMA lors de la conception d'Optimist. Et qu'on les comprend, les frères Vincent et Jamie. Car on reconnait "le" style, vous savez, celui de We're Here... dès les premières secondes ; on reconnaît le type de mixage, le son de piano caractéristique (comme chez SAVATAGE, mais en réussi), la mise en place de l'explosion, la voix qui force pendant icelle, le solo de guitare joué en e-bow, la retombée graduelle ne laissant que piano et guitare folk. Tout y est, toutes les petites cases sont cochées méticuleusement, sans un atome d'angstrum d'aliBismuth de prise de risque. Plus grave, dès que Daniel chante, la PREMIERE phrase est clichée. On sait très exactement où ça va nous mener et comment. Alors c'est vraiment très joli, et ça se laisse écouter, mais on prie silencieusement pour que le reste de l'album soit moins... ANATHEMesque.

Las, pauvre Yorick, ce sera le cas, et pas qu'un peu. Une surprise vient pourtant charmer les oreilles (et pour certains le coeur) dès le second titre : un duo avec doux chant féminin comme les CAVANAGH savent si bien les concocter, et pour éviter que "ça se voie trop", on trouve en lieu et place de Lee DOUGLAS la pétillante Anneke VAN GIESBERGEN. Alors c'est joli, soigné, il y a ce petit côté pétillant chez Anneke immanquable, mais c'est anecdotique. Et presque tout est comme ça. On passe d'une chanson contemplative et triste à une chanson contemplative et triste, en passant par "Silent Flight" qui n'est pas une chanson, mais un instrumental en quatre parties, triste et contemplatif, en plus de se montrer franchement auto-indulgent. On ne peut pas remettre en cause la bonne volonté de Daniel, ses aptitudes, son désir de faire partager de belles mélodies et plonger l'auditeur dans une sorte de cocon spleeneux contrôlé ; mais le tout est si prévisible que c'en est gênant. Les parties les plus purement atmosphériques sont les meilleures, mais elles sont minoritaires. Même le solo si THE EDGE de "Oceans of Time" ne peut sauver ce titre... bateau, si j'ose dire.

Mais comme le disque avait bien commencé, il finit de même. Pourtant, "Some Dreams Come True" semble lui aussi provenir d'un même moule : celui de l'auteur de "Childhood Dream". Seulement, "Childhood" date d'avant la métamorphose ANATHEMesque. Et donc par la grâce d'un minimalisme optimiste et naïf, et l'utilisation judicieuse de bruitages et ambiances en quantité industrielle, CAVANAGH nous ramène à cette enfance insouciante, ce nuage new age si apaisant, qui permet à l'auditeur de finir l'album en douceur, comme une plume se posant sur un banc. C'est là qu'il est le plus fort et la seconde partie éthérée, pure, pratiquement sans mélodie, est ce qu'il a fait de plus fort sur ce disque. Preuve en est que le garçon a des choses à dire même en solo ; mais s'il veut aller plus loin, il devra impérativement se libérer des chaînes familiales, invisibles mais tenaces.


Note finale : 2,5/5

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   BAKER

 
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- Daniel Cavanagh (chant, guitares, claviers, batterie, basse, prog)
- Anneke Van Giesbergen (chant, choeurs)
- Anna Phoebe (violon)


1. The Exorcist
2. This Music
3. Soho
4. The Silent Flight Of The Raven Winged Hours
5. Dawn
6. Oceans Of Time
7. Some Dreams Come True



             



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