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HILLBILLY ROCKABILLY  |  COMPILATION

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RUDY GRAYZELL - Let's Get Wild (2010)
Par LE KINGBEE le 4 Mai 2018          Consultée 102 fois

Second couteau du Hillbilly et de la vague Rockab, Rudy GRAYZELL n’a pas enregistré plus d’une douzaine de singles, ce qui n’empêche pas le garçon de figurer parmi les pionniers du Rockab.

Rudolfo Jimenez voit le jour en 1933 à Saspamco, un bled paumé au sud-est de San Antonio (Texas). D’ascendance latine, son père est d’origine espagnole et sa mère italienne. Il est influencé par tout un panel de chanteurs passant sur les ondes du Grand Ole Opry (Ernest Tubb, Faron Young, Webb Pierce et Lefty Frizzell) tout en s’intéressant aux petits groupes Tex Mex en provenance du Golfe du Mexique.
Suite à une déception amoureuse, une fille lui préférant un autre gars du collège qui joue de la guitare, Rudolfo décide de se mettre à la guitare, instrument qu’il maîtrise rapidement. La guitare va plus ou moins rééquilibrer les chances, notre Rudolfo mesure tout juste 1M 52. En 1950, il monte son premier groupe The Silver Buckles, enchaîne au sein des orchestres de Johnny Olenn et des Ah-Ha Playboys d’Eddy Dugosh. C’est à cette époque qu’il embauche Doug Sahm, un gamin d’à peine 13 ans. Imaginez-vous l’impact du groupe dans les bars texans, de vrais bouges limite coupe-gorge où la bière et le whisky coulent à flots comme les colts.

En 1952, alors qu’Hank Williams fête son anniversaire au Barn Club, Rudolfo est repéré par Charlie Walker, propriétaire du Club, disc-jockey local et chanteur. Walker le met en contact avec Fabor Robinson, patron du label Abbott. Robinson qui a connu quelques petits succès avec Johnny HORTON et Jim Reeves décide de changer son prénom trop hispanique pour Rudy. En septembre 1953, Rudy GRAYZELL enregistre son premier single avec « Looking At The Moon And Wishing On A Star ». Le disque ne rentre pas dans les charts mais le single se vend correctement jusqu'à attirer l’attention de Skeets McDonald et Charline Arthur qui reprennent le morceau pour Capitol et la RCA. L’aventure chez Abbott s’arréte au bout de trois singles, Robinson vendant son label, mais lui permet de se produire à Nashville et à la Louisiana Hayride.
Par l’entremise de Charlie Walker, Rudy GRAYZELL rebondit chez Capitol où il est embauché par Ken Nelson qui lui permet d’enregistrer trois singles sous le nom de Rudy Cray. Rudy loupe malencontreusement le coche avec la reprise des Jewels « Hearts Made Of Stone ». Quelques jours après la sortie du disque, ce sont les Charms et les Fontane Sisters qui décrochent la timbale avec des Numéro Un dans les divers classements. Rudy reste encore à quai. Suite à ces échecs relatifs, Capitol met fin à son contrat et cette fois-ci Rudy atterrit chez Starday, le label à étiquette jaune de Pappy Daily. C’est encore une série de trois singles que grave GRAYZELL pour Starday. Il rentre enfin dans la légende du Rockabilly avec « Ducktail » qui se transforme en classique du Rockab. Mais encore une fois, Rudy manque de chance car c’est la reprise de son titre par Joe Clay sur Vik Records qui cartonne. On note que sur les deux premiers singles Starday, le chanteur guitariste est affublé du sobriquet « Tutti », surnom que lui aurait attribué Elvis PRESLEY. En juin 1957, Rudy met en boîte son second coup de canon avec le délirant « Let’s Get Wild ».
Pour de nombreux amateurs de Rockabilly, GRAYZELL demeure légendaire pour le Rockab « Judy » et la ballade « I Think Of You », deux titres gravés en octobre 57 dans les studios Sun à Memphis. En 1959, Rudy installé en Californie sort son dernier single pour le label d’Oakland Award Records avec le démentiel « F.B.I. Story » avant de se lancer dans l’organisation de concerts et le management de groupes.

Surgissant tel un diable de sa boîte, Rudy GRAYZELL fait son retour en enregistrant pour Sundial Records une nouvelle version de « Ducktail ». Auteur d’une tournée européenne en 1990, il enregistre l’année suivante un EP pour Norton Records, secondé par les A Bones. En 1998, le bonhomme enregistre un CD édité par Burnside Records où il est secondé par les Skeletons. Entre 2008 et 2009, on le retrouve à l’affiche de la comédie musicale horreur-burlesque « Zombie Voodoo Scream Party » où il incarne un clône de PRESLEY.

Cette superbe rétrospective consacrée à Rudy GRAYZELL propose 32 titres mis en boîte entre l’été 53 et juillet 59. En dehors d’un excellent dépoussiérage sonore, une habitude chez ce label teuton, le compilateur propose un excellent livret de 39 pages richement illustrées et pas moins de 6 inédits. Au menu, toutes les influences du chanteur guitaristes figurent en bonne place, offrant ainsi une palette nuancée pleine de contrastes. L’emprise des premières influences issues du Hillbilly sont évidentes sur de nombreux titres : « My Spirit Is Willing », « The Mom Is Up » ou « Bonita Chiquita » qui renvoie vers Link Davis. Tous se déclinent comme de vrais Western Swing avec saxophone et fiddle. On note la présence de pièces Hillbilly plus classiques: « Ocean Paradise », « I’m Gone Again », « Looking At The Moon And Wishing On A Star », « Day By Day » ou le Honky Tonk «The Heart That Once Was Mine ». Le « petit bonhomme » savait durcir le tempo avec de bons Hillbilly Rock « There’s Gonna Be A Ball », « You Better Believe It » et « It Ain’t My Baby».
Mais GRAYZELL s’affirme dans le R&B comme en atteste « Should I Ever Love Again » popularisé par Wynona Carr et future reprise de Gene VINCENT et Timi Yuro. Sur des rythmes plus lents, GRAYZELL nous offre quelques ballades oscillant entre Teen et Doo-Wop, trop sirupeuses à mon goût : « I Love You So », « You Hurt Me So », « Be Mine Forever », « Remember When », « I Won’t Be The Fool » ou « I Think Of You ».
Preuve de l’évolution de la musique américaine durant les fifties avec des Teen Rock légers : « Please Big Mama », « Yes Daddy Yes » avec saxophone ou « Ca-razy ! » qui peut faire figure de proto Teen Rock.
Si Rudy GRAYZELL a laissé son nom dans certains ouvrages dédiés au Rock, ce n’est pas pour rien et c’est là qu’on attaque les meilleurs moments avec du Rock' n' Roll pur jus : « You’re Gone » en formule trio et avec voix syncopée, « Jag-Ga-Lee-Ga » et le délirant « F.B.I. Story ». Terminons ce tour d’horizon par les plus beaux décors, de vraies pièces de Rockab, le primitif « Let’s Get Wild » avec un tueur au piano (Greg Nanus) sans-cesse relancé par Rudy, « Judy » titre Sun avec Roland Janes à la guitare et Jimmy Smith aux ivoires et enfin « Duck Tail », un classique du Rockab sur lequel il est impossible de ne pas danser comme tout cat qui se respecte. « You gotta jump like a jumper- Moo like a moo-cow - Bop like a bopcat- Don’t a mess with my ducktail …». Certains préfèreront peut-être la version de Joe Clay avec Hal Harris et Link Davis aux guitares, mais l’originale vaut assurément le coup. Une vraie queue de canard.

Présenté dans un luxueux digipack, cette anthologie rend hommage à un second couteau au répertoire aussi éclectique que sincère et sans plan de carrière. La présence de trois doublons (délivré en alternate) empêche ce recueil d’atteindre la note maximale. Reste à savoir dans quel tiroir ranger ce recueil. Bien que les pistes Hillbilly soient majoritaires, « Let’s Get Wild » sera classé dans la catégorie Rock' n' Roll.

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- Rudy Grayzell (chant, guitare)
- Hal Harris (guitare 1-2-7-8-9-10-11-12-13-14-23-29)
- Dave Sullivan (guitare 3-4-5-6-31)
- Roland Janes (guitare 15-16-17-18-19-20)
- Jim Reeves (guitare 22-24-25-26)
- Tommy Bishop (guitare 27-28)
- Jimmy Day (steel guitar 22-24-25-26)
- Wayne Wood (steel guitar 7-8-9-10-11-12-13-14)
- Herb Remington (steel guitar 23-29)
- Joe 'junior' Pruneda (basse 1-2-5-6-7-8-9-10-11-12-13-14-21-30-31-32)
- Don Davis (basse 22-24-25-26-27-28)
- Dick Ketner (basse 15-16-17-18-19-20)
- Gerald Carnes (batterie 1-2-5-6-31)
- Kermit Baca (batterie 7-8-9-10-11-12-13-14)
- Roy Mcmeans (batterie 3-4-21-30-32)
- Otis Jett (batterie 15-16-17-18-19-20)
- Ace Lewis (percussions 22-24)
- Rusty Hornbeak (fiddle 7-8-9-10-11-12-13-14)
- Kenneth Hayes (fiddle 22-24-25-26-27-28)
- Ernie Hunter (fiddle 23-29)
- Earl Caruthers (fiddle 23-29)
- Greg Nanus (piano 1-2-5-6-9-10-11-13-31)
- Floyd Cramer (piano 22-24-25-26-27-28)
- Jimmy Smith (piano 15-16-17-18-19-20)
- Charles 'doc' Lewis (piano 23-29)
- Tony Kay (piano 21-30-32)
- Ernie Cortez (saxophone 7-8-12-14)
- Al Caffigan (saxophone 21-30-32)
- The Imperials (chœurs 1-2-5-6-31)
- The Sparkles (chœurs 21-30-32)


1. Let's Get Wild
2. I Love You So
3. You're Gone
4. Duck Tail
5. Jag-ga-lee-ga
6. You Hurt Me So
7. Please Big Mama
8. Yes Daddy Yes
9. There's Gonna Be A Ball
10. You Better Believe It
11. Ca-rasy !
12. My Spirit Is Willing
13. Hearts Made Of Stone
14. Be Mine Forever
15. Judy (2)
16. Remember When
17. Judy (3)
18. I Won't Be The Fool
19. Judy (master)
20. I Think Of You
21. You'll Be Mine
22. It Ain't My Baby (and I Ain't Gonna Rock It)
23. The Moon Is Up (the Stars Are Out)
24. Ocean Paradise
25. Bonita Chiquita
26. I'm Gone Again
27. The Heart That Once Was Mine
28. Looking At The Moon And Wishing On A Star
29. Day By Day
30. Should I Ever Love Again
31. Jag-ga-lee-ga (alt)
32. F.b.i. Story



             



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