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2018 Bordeliko

SIDI WATCHO - Bordeliko (2018)
Par NESTOR le 2 Mai 2018          Consultée 259 fois

Bordeliko, le titre du nouvel album de SIDI WATCHO a tout son sens.
En effet, la musique proposée par le groupe est un joyeux melting pot dans lequel on retrouve pêlemêle des influences évoquant ZEBDA, Z.E.P., Sergent GARCIA, le MINISTERE DES AFFAIRES POPULAIRES ou bien MANO NEGRA.
Celles-ci sont pour certaines sans surprise tant il est vrai que des membres de SIDI WATCHO ont fait partie de Z.E.P. et de M.A.P.
Nous avons donc là un mélange de musiques d’Amérique latine, de rap, de cumbia moderne, présenté sous une forme explosive et entrainante et qui s’inscrit dans la droite ligne de Libre (2016), leur premier disque.
C’est une peu le « marché au soleil » cher à MASSILIA : un patchwork de couleurs et de saveurs qui se mêlent dans un joyeux Borleliko, pour nous inciter à bouger avec le groupe.
La recette est souvent assez simple : un rythme de tous les diables, des instruments puissants, des hymnes et des refrains scandés avec ferveur et énergie, le tout saupoudré d’une touche de folie latino.
Mais SIDI WATCHO est tout sauf un groupe superficiel, un faiseur de tubes de l’été. L’ADN du groupe est très orienté politiquement, celui-ci revendiquant haut et fort son ancrage à gauche et son soutien à divers mouvements sociaux.
De ce fait, la majorité des paroles est très marquée par des protestations ou revendications sociales.
Il en va ainsi de "Grita Justicia", de "Comme Un Pauvre" et ses sonorités flamenco, ou bien de "Saludo Revolucionario".

L’ensemble sonne spontané, jouissif, et enthousiaste avec de très bons moments comme cela peut-être le cas de "Ya Janoubi" sur lequel Amazigh KATEB, chanteur au sein de GNAWA DIFFUSION (les auteurs de l’inoubliable "Ombre-elle"), vient accompagner le groupe avec son gumbri.
"Te Gusta La Cumbia", est également très convaincant, le groupe reprenant, sur des passages entiers, le phrasé utilisé sur "La Gueule du Patrimoine" (ZEP - 2011).

Mais cette spontanéité se dilue un peu dans ce grand fourre-tout qui semble partir dans toutes les directions sans ligne directrice très précise. Et de ce fait, un sentiment de redite pointe parfois le bout de son nez. Ce d’autant plus que sur certains titres les percussions sont un peu linéaires, quasi mécaniques. Ainsi le passage du pourtant très bon "Bordeliko" à "Grita Justicia" s’opère-t-il presque sans que l’on s’en rende compte : même rythmique, même phrasé. Les petits breaks inclus ci et là ne suffisent pas à aérer suffisamment certaines compositions. Celles-ci perdant de ce fait un peu en efficacité.
Cela est encore plus sensible sur "La Esquina" qui est plombé par cette rythmique pesante et mécanique, qui semble dénuée de toute humanité, alors que par ailleurs le morceau est plutôt frais et léger.
Lorsque le groupe se déleste de ces percussions métronomiques comme cela peut-être le cas sur "Comme Un Pauvre", il se montre alors bien plus touchant et efficace. Il en va de même avec "Flores" dans lequel les rythmiques bien plus chaloupées et organiques s’avèrent bien plus entrainantes.

Et de fait les énormes qualités de SIDI WACHO ; son enthousiasme, le phrasé si particulier de SAIDOU et BENJA, et la puissance de ses slogans, sont trop souvent altérés par une rythmique qui représente l’anti thèse du groupe.
La chaleur et l’humanité qui suintent de beaucoup de morceaux de ce Bordeliko sont percutées par le caractère mécanique et impersonnel de certaines percussions.
Et ce parti pris difficilement compréhensible est vraiment dommage tant il est l’un des seuls défauts de ce disque qui nous apporte, par ailleurs, sa dose de soleil, d’énergie et d’indignation.

SIDI WATCHO continue de répandre sa furieuse folie bariolée avec passion et foi, malgré quelques choix artistiques un peu surprenants en studio. Mais il faut garder à l'esprit que le groupe est avant tout un combo propre à mettre le feu sur scène où son sens de l'interaction avec le public est un gage de folie.

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   NESTOR

 
  N/A



- Saidou (chant)
- Benja Berenjena (chant)
- Jeoffrey Arnone (accordéon, claviers, programmation)
- Manel Girard (trompette, tuba)
- Frédéric Savinien (percussions)
- Fofo Le Collégien (guitares)
- Alain Chimpen (basse)
- Amazigh Kateb (gumbri)
- Lh Chambat (basse, guitares)


1. Bordeliko
2. Grita Justicia
3. La Esquina (feat Skalpel)
4. Te Gusta La Cumbia
5. Comme Un Pauvre
6. Quiero Bailar
7. Flores
8. El Presidente
9. Ya Janoubi (feat Amazigh Kateb)
10. Sidi Wah
11. Saludo Revolucionario
12. Sigue (outro)



             



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