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GLAM-ROCK  |  STUDIO

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NEW YORK DOLLS - New York Dolls (1973)
Par NOSFERATU le 3 Décembre 2014          Consultée 1260 fois

Çà devait être en 83 ou 84 durant mes années "destroy" du lycée...Un punk de ma classe me prête une cassette audio enregistrée avec une photo d’un groupe bariolé en m’affirmant que le contenu allait forcément me plaire.Je me vois encore d’un ton péremptoire lui répondre : “Oh un groupe glam à la con genre MOTLEY CRUE ou SATAN JOKERS !!”. Quelle erreur !! A l’époque je ne connaissais les DOLLS que de nom, et le glam rock avait le hideux visage, en ces "mid eighties", de groupes prefabriqués de maitres nageurs pour bimbos siliconées que MTV bombardait à longueur de journée. Il est intéressant de constater que le rap, sur la chaine en question, devait d’ailleurs prendre la relève au début des années 90 avec pratiquement les mèmes thématiques des “glammers” en question, autour des “ big ass, big tits, money and cocain ” …

En réalité, en remontant l’histoire du glam, j’allais vite m’apercevoir que le genre avait été totalement dévoyé durant ces années reaganiennes… Dix ans auparavant, les poupées de New York symbolisaient donc le glam rock frustre et rèche à l’américaine, leur compatriote LOU REED les trouvait d’ailleurs très mignons… Ils (elles?)incarnaient le "glitter" ou le glam rock dans sa version "andywarholesque" mais paradoxalement beaucoup moins "arty" que ce qui se faisait dans le style en Angleterre à la même époque(BOWIE et ROXY MUSIC). Ils étaient aussi beaucoup plus décadents que les “prolos rosbifs"( SWEET et autres SLADE). Cinq types (!)maquillés comme des camionneurs , des sortes de “bad guys” junkies jouant aux trans du caniveau de la grosse pomme dans une époque où la sulfureuse théorie du genre n’existe pas encore. Voilà pour la provoc qu’illustre à merveille la pochette de leur premier album, rangé dans les disques anthologiques du PROTO PUNK à coté de ceux des STOOGES, du MC5 et du BLUE OYSTER CULT. Avec ces derniers, ils seront les chouchous de l’intelligentsia de la critique rock d’avant garde des "States" (Lester Bangs, le journal Creem…) et d’ici (Eudeline, Yves Adrien).

D’entrée, ce qui a conquis les critiques fuyant les nombreux "avatars" du mouvement hippie de la période, c’est le "shoot" électrique inauguré par le premier brulot du disque : “Personality crisis”. On y entend un chanteur, DAVID JOHANSEN, une sorte de version outrageante et braillarde de Mick JAGGER, et les riffs estampillés "garage rock" du sieur Johnny THUNDERS qui fera passer à l’époque (plus tard presque à l’état caricatural) Keith RICHARDS pour un “petit enfant à la croix de bois”... Mais au delà de l’influence stonienne totalement revendiquée, les poupées s’inspirent aussi des “girls bands” à la SHANGRIS LAS (pour les choeurs féminins sur le délicieux “Trash”), du MC5 (surtout pour Thunders), des garage bands à la CHOCOLATE WATCHMAN, du VELVET UNDERGROUND (flagrant pour “lonely planet boy”), du surf (“Subway train”). Grosso modo, tout l’héritage sexy et fou furieux des sixties.

La chanson romantique (hum!)“Looking for a kiss” sera quatre années plus tard moquée par les PISTOLS dans leur redoutable “New york” (à laquelle un Thunders en solo répondra par un lapidaire “London boys” entraînant une guéguerre fratricide entre la scène ricaine et anglaise) mais allume paradoxalement le pétard qui explosera appelé… Punk rock ! L’épique “Vietnamese baby” évoque (tout comme le “search and destroy” des STOOGES) le traumatisme du Vietnam. Les proto punkers dynamitent le fameux “Pills” de l’immense Bo DIDDLEY. Puis ”Private world” sonne comme du heavy rhythm and blues bien déviant alors que le furieux “Bad girl” est un boogie punk du meilleur effet. “Jet boys” (qui donnera son nom à un éphèmere groupe parisien “glitter garage” des "eighties") est un morceau que les pauvres GUNS AND ROSES (de faux héritiers ?)chercheront en vain d’en tirer la substantifique moelle. Mais le meilleur titre est certainement “Frankeinstein” : long de six minutes, parsemé de riffs ravageurs dont l’ambiance toute orgiaque annonce le… Gothique ! Au niveau du thème évidemment mais aussi de l’ajout judicieux de notes inquiétantes de synthés.

Pensez donc… L’oeuvre fait tâche au milieu d’une discographie “rock” dominée en grande partie en 1973 par d’horribles productions “country”, du hard pompier style DEEP PURPLE et d’affreux babas à la CAT STEVENS… Chef d’oeuvre intemporel qui devrait être la bande son de toutes vos "partys".

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   NOSFERATU

 
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- Johnny Thunders (guitare, choeurs)
- Sylvain Sylvain (guitare, choeurs)
- David Johansen (chant, harmonica, gong, piano)
- Jerry Nolan (batterie)
- Arthur 'killer' Kane (basse)


1. Personality Crisis
2. Looking For A Kiss
3. Vietnamese Baby
4. Lonely Planet Boy
5. Frankenstein (orig.)
6. Trash
7. Bad Girl
8. Subway Train
9. Pills
10. Private World
11. Jet Boy



             



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