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SPEED METAL / PROG  |  STUDIO

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2018 Omni
 

1992 Reaching Horizons
1993 Angels Cry
1996 Holy Land
  Freedom Call
1997 Holy Live
1998 Fireworks
1999 Rainy Nights
2001 Rebirth
2002 Hunters And Prey
2003 Rebirth World Tour - Liv...
2004 Temple Of Shadows
2006 Aurora Consurgens
2010 Aqua
2012 Best Reached Horizons
2013 Angels Cry - 20th Annive...
2015 Secret Garden

ANGRA - Omni (2018)
Par BAKER le 5 Juin 2018          Consultée 732 fois

A partir de quel degré de folie peut-on considérer qu'un manque d'identité devient... une identité ? A force d'aller un peu partout se cogner contre les murs du labyrinthe, si on est mignon avec une fourrure blanche, le constat est clair : t'es une souris, mec ! Et c'est ce qui est en train de se passer avec ANGRA. Le groupe a entamé en 2015 une troisième carrière qui avait débuté avec un Secret Garden très bon, mais qui décontenançait de par son côté protéiforme. Omni est là pour enfoncer le clou : non le groupe n'a plus un style particulier, une identité spécifique, mais au contraire ne cherche plus qu'à se faire plaisir, et tenter des choses. Et plus curieuses seront les expérimentations, meilleure sera la chanson.

Ainsi, sur la question de l'identité metallique (leuse ?), Angra ne se pose plus de questions : on est affiliés à la scène power metal / true metal et on a en notre sein le chanteur de RHAPSODY ? On fait du RHAPDOSY ! "Light Of Transcendence" ouvre donc le bal avec un pur titre d'heroic fantasy speedée. Manque d'originalité ? Certes mais d'une part on retrouve un peu l'ambiance d'Angels Cry, album icônique des Brésiliens s'il en est, mais surtout, dans son genre, c'est terriblement bien fait, un petit hymne ! Et à partir de là, le groupe va nous emmener au gré de sa fantaisie, le plus souvent dans des contrées speed mélo, mais avec quelques digressions bienvenues.

Déjà, il faut se rappeler qu'ANGRA est désormais multi-chanteurs, et c'est un atout non négligeable. Alors que Fabio sait très bien moduler sa voix, Rafael Bittencourt propose également quelques parties vocales impressionnantes de maîtrise, tant dans le ton grave et chaleureux que dans le sustain inné. Bon sang, avaient-ils besoin de Dédé déjà à l'époque ? Nos Paulistes se permettent même d'inviter pour un titre deux chanteuses : une disons normale, et la belle Alissa White-Gluz. Oui, vous comprenez maintenant le terme de "normal" : et du chant death dans ANGRA, ça donne quoi ? Ca aère. Surtout quand c'est suivi d'un pont dream pop. Ah oui, je l'ai dit : ANGRA ne se refuse désormais plus rien !

Percussions brésiliennes rencontrant des choeurs typiquement black sympho sur "Travellers of Time", orchestre massif sur fond de speed technique rappellant le meilleur des premières années ("Time" notamment) sur "War Horns" (featuring un solo de Kiko Loureiro, retour émouvant de l'enfant prodigue), choeurs tribaux à la SOULFLY sur Caveman, ballade country rock FM (si !) sur un "Always More" pratiquement au niveau de la sublime face B "Bleeding Heart" (un ouvre-braguette patenté), reprise orchestrale des thèmes du disque en clôture (très, très bien faite, très agréable), et le meilleur : un "Magic Mirror" mélangeant savamment couplet heavy metal et refrain... new wave (!), ANGRA n'a plus sa spécificité sonore habituelle, mais peu importe : tout ce qu'ils touchent se transforme en argent !

Argent oui, pas or, car le disque souffre quand même d'un petit défaut qui agace sur la durée : lorsqu'ils restent dans une certaine zone de confort, sans chercher à choquer le bourgeois, ça se ressent un peu. Ainsi des "Insania" (sorte d'AVANTASIA modèle réduit) ou "Bottom of my Soul" auraient mérité de meilleurs refrains, des mélodies plus poussées, car c'est bien fait mais un peu rébarbatif. Le meilleur exemple est sans nul doute le pavé "Silence Inside" : jamais, même sur l'excellent Temple of the Shadows, ANGRA n'avait sonné aussi purement metal progressif - à la DREAM THEATER ou ANDROMEDA, le vrai, le certifié d'origine ISO 9001. Et ça manque d'accroche, de passion ; alors que techniquement, à tous les instruments, ça envoie de la cagette. Ce sont ces petits passages à vide, ces frustrations plus exactement, qui font quelque peu baisser l'intérêt de ce disque.

Car ne boudons pas gratuitement notre plaisir : comme pour Secret Garden, Omni est un album qui à force de vouloir toucher à tout finira forcément par vous faire tendre l'oreille, que ce soit dans le metal le plus baraqué ou les fragments de pop les plus accessibles. C'est foutraquement bien fichu, et ça mérite autre chose que l'indifférence générale dans laquelle ce groupe autrefois adulé continue cahin-caha une carrière peu commune. Un joli moment de plaisir multifruits, un peu calorifère mais bon, une heure de footing et ça fondra comme neige au soleil !

Note finale : un 3,9999 qui se transforme en 4 car chercher encore à repousser ses limites à cet âge-là, c'est touchant. Je sais qu'c'est pas vrai, mais j'ai dix ans.

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   BAKER

 
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- Fabio Lione (chant)
- Rafael Bittencourt (guitare, chant, claviers, prog)
- Marcelo Barbosa (guitare)
- Felipe Andreoli (basse)
- Bruno Valverde (batterie)
- Alissa White-gluz (chant)
- Sandy (chant)
- Kiko Loureiro (guitare)
- Alessio Lucatti (claviers, prog)
- Nei Medeiros (claviers, prog)


1. Light Of Transcendence
2. Travelers Of Time
3. Black Widow’s Web
4. Insania
5. The Bottom Of My Soul
6. War Horns
7. Caveman
8. Magic Mirror
9. Always More
10. Ømni - Silence Inside
11. Ømni - Infinite Nothing



             



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