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1990 Damn Yankees
1992 Don't Tread
2002 The Essentials
 

- Membre : Ted Nugent, Styx, Lynyrd Skynyrd

DAMN YANKEES - Damn Yankees (1990)
Par JASPER LEE POP le 10 Septembre 2018          Consultée 177 fois

Ted NUGENT n’y arrive plus. Il a bien essayé de changer de recette au cours des années 80 en prenant un virage Hard FM/AOR frelaté, a collaboré avec des compositeurs imposés par Atlantic, est revenu à un style plus basique mais rien n’y a fait et le constat est sans pitié : impossible de renouer avec les ventes de la fin des seventies. Tommy SHAW n’en finit plus dans un premier temps de claquer la porte de chez STYX pour mieux revenir. Le divorce est vraiment consommé après Killroy Was Here et s’ensuivront trois albums solo mais après Ambition en 1987, Shaw est un cœur à prendre. John Kalodner, le A&R qui fait la pluie et le beau temps chez Geffen, a l’idée de réunir les deux musiciens. Nugent d’abord sceptique accepte de se rendre en studio à New York et les deux hommes accouchent en quelques minutes de la chanson « Come Again ». C’est de bon aloi mais Kalodner sent qu’il manque tout de même un ingrédient pour que la mayonnaise prenne vraiment et contacte Jack BLADES qui vient de mettre un terme à la carrière de NIGHT RANGER. Bonne pioche, le trio rejoint par le batteur Michael Cartellone qui accompagnait déjà Shaw en solo écrit sans effort la moitié des titres du futur album en une semaine. Mais au grand dam de Kalodner, Geffen refuse de signer le groupe et c’est Warner qui adopte le nouveau-né.

DAMN YANKEES est donc un groupe rassemblant des musiciens qui ont déjà une sacrée carrière derrière eux et laissent miraculeusement leurs égos au vestiaire le temps que dure le projet (donc pas longtemps, les égos démesurés ont vite faim). Le savoir-faire est audible dès « Coming of Age » qui sert de premier single. Ces gens-là savent d’évidence composer et le morceau tape dans le mille. C’est Blades qui prend le premier couplet mais il est très vite secondé par Shaw et la quasi totalité des morceaux sont chantés à deux voix. Il faut dire que les deux hommes s’y connaissent en harmonies vocales, Blades avec Kelly Keagy chez NIGHT RANGER et Shaw avec James Young et Dennis DeYoung chez STYX et leurs voix s’accordent parfaitement. Rajoutez à ça le boulot du producteur Ron Nevison, pas le plus manchot pour mettre en valeur les chanteurs, et vous avez un festival vocal de tous les instants (avec des chœurs énooooormes!). Vocalement parlant, Nugent n’est pas de taille et se contente de chanter sur « Piledriver », un uptempo typique avec un break parlé comme il en a l’habitude avant remise des gaz. En revanche, que ceux qui pensaient Tonton Ted ringard après la déferlante de shredders qu’a connue la décennie passée se ravisent : le Nuge a troqué depuis un moment sa fidèle Byrdland pour une PRS rutilante qu’il fait rugir lors de solos toujours incisifs et flamboyants. Comme quoi, il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant que Deadly Teddy ne l’ait transpercé de flèches. Pro et économe de son temps, il n’a dédié que deux jours à l’enregistrement de l’album, un pour les rythmiques et un autre pour les solos au désespoir de Nevison qui comptait sur un vrai dialogue de six-cordes avec Shaw.

La plupart des morceaux sont bons (« Bad Reputation », « Runaway », « Rock City » avec un Tommy Shaw qui hurle comme un damné sur le final, on comprend mieux sa frustration chez STYX), voire excellents (« Coming of Age », « Come Again », « Mystified »), d’autres sentent le pilotage automatique moins inspiré (« Tell Me How You Want It », « Damn Yankees »). Et il y a « High Enough » qui se hisse en troisième position du Billboard Hot 100, peut-être l’archétype de la power ballad avec mélodies sucrées à souhait, chœurs fondants délicatement posés sur un écrin de cordes arrangées par un des maîtres de l’exercice, l’immense Jimmie Haskell et solo impeccable du père Nugent. Dans le genre pièce montée, ça se pose là. Évidemment, la nougatine nique les dents mais quand elle est concoctée par de bons pâtissiers, c’est quand même irrésistible, non ? Plaisir coupable en tout cas pour moi qui adore détester ces ballades.

L’association de trois pros du métier accouche donc une fois n’est pas coutume d’un super-groupe qui tient toutes ses promesses, Hallelujah ! Ne cherchez pas pour autant l’originalité, vous ne la trouverez pas, DAMN YANKEES fournit un hard rock lustré avec harmonies vocales de haut vol calibré pour les radios U.S. et fait le boulot aux petits oignons avec enthousiasme mais ne s’écarte jamais du cahier des charges. Et alors ? Il n’y a pas de mal à se faire du bien. Si la maison de disques Geffen en passant son tour pour signer le groupe avait bien senti que le marché saturait dans le genre et que le vent allait tourner, elle s’était juste plantée dans le timing. Il restait encore une petite année pour écouler deux millions d’un album qu’on peut considérer comme le baroud d’honneur d’un style avant la déferlante de Seattle.

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   JASPER LEE POP

 
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- Jack Blades (chant, basse)
- Tommy Shaw (chant, guitare)
- Ted Nugent (guitare, chant)
- Michael Cartellone (batterie)
- +
- Alan Pasqua (orgue hammond)
- Jimmy Haskell (arrangements cordes)


1. Coming Of Age
2. Bad Reputation
3. Runaway
4. High Enough
5. Damn Yankees
6. Come Again
7. Mystified
8. Rock City
9. Tell Me How You Want It
10. Piledriver



             



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