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The SHARKS - First Water (1973)
Par LE KINGBEE le 2 Novembre 2018          Consultée 75 fois

En 1972, le bassiste Andy Fraser se retrouve sur le flanc : il vient de quitter FREE suite à une mésentente totale avec Paul Kossoff auquel il reproche d’avoir l’esprit trop enfumé. Fraser reprend contact avec le guitariste anglais Chris SPEDDING, un redoutable sessionman. Les deux musiciens s’étaient rencontrés après l’échec commercial de l’album « Highway », alors que Fraser tentait une aventure parallèle avec Toby.

Si Spedding dispose d’une grosse notoriété acquise en studio, Fraser, lui, a tout juste vingt ans mais peut se targuer d’avoir joué au sein de Blues Incorporated, le groupe d’Alexis Korner, des Bluesbreakers de John MAYALL et bien sûr de FREE qu’il vient de quitter. Un sacré curriculum ! Ils sont bientôt rejoints par le batteur canadien Marty Simon (ex Life et copain d’Andy). Le Canadien vient d’enregistrer « Holy Smoke » au sein de Mylon et se retrouve lui aussi sur le carreau. Après avoir auditionné Leo Sayer et Robert PALMER, le trio porte son choix sur Steve Parsons alias Snips, un ancien chanteur des obscurs Spanish Leather, conseillé par Muff Winwood, un agent d’Island Records.
Oui, cette aventure pourrait se résumer à ces quelques lignes improbables, car si le groupe n’existe pas encore vraiment, Andy Fraser a déjà décoché un contrat avec Island Records.
Le combo prend le nom de The SHARKS⃰ et se rôde dès octobre pour une série de concerts. De janvier à avril 1973, le groupe multiplie les concerts promotionnels malgré une péripétie : alors qu’il a customisé sa Pontiac Le Mans avec un aileron et des dents de requins, Spedding est victime d’un accident de la route et Andy victime d’une fracture au poignet. On ignore si cet accident a changé la donne dans l’esprit de Fraser, mais le bassiste fondateur quitte le groupe aussitôt après la sortie du premier disque fin avril.

Officiant aussi bien à la basse qu’au piano, Andy Fraser porte au moins la moitié du disque à bout de bras. Si la pochette avec le logo Sharks sur un fond bleu sensé rappeler l’eau de l’océan ne renseigne guère sur le répertoire, « World Park Junkies », titre d’ouverture, renvoie vaguement vers FREE mais le chant ne peut en aucun cas évoquer celui de Paul Rodgers. L’album ne part vraiment qu’avec « Follow Me », un Rock mélodique dans lequel le piano de Fraser semble tirer ses compagnons vers le haut. Même impression avec « Brown Eyed Boy » avec encore une fois un piano en tête de gondole et un chanteur qui souhaiterait probablement prendre la même voie que Joe COCKER. « Driving Sideways » toujours avec un piano incandescent et une rythmique qui n’hésite pas à marteler ne dépareille guère des morceaux précités. La guitare de Spedding endosse enfin le premier rôle sur « Doctor Love », tandis que Snips Parsons a tout du chat écorché.
Quand on regarde de plus près ces différentes pistes, on s’aperçoit qu’elles proviennent toutes de la plume d’Andy Fraser et demeurent 45 ans après la sortie du disque celles qui ont le plus retenu l’attention.
Seul titre coécrit par les quatre membres, « Broke a Feeling » reste en guise de fermeture le titre qui s’orienterait le plus vers FREE. Snip Parsons apporte lui aussi sa pierre à l’édifice avec trois compo : « Ol Jelly Roll » une ballade qui se transforme très vite en Rock mélodique tandis que « Snakes and Swallowtails » nous expédie dans une ambiance digne de The FACES, le timbre vocal rappelant Rod STEWART. Avec son intro de guitare acoustique et ses arpèges folk, « Steal Away » se démarque agréablement de l’album, on pourra juste regretter que le chanteur donne l’impression d’avoir siroté une boutanche d’alcool fort avant de chanter et que le morceau dure une petite minute de trop.

Si Chris Spedding officie aussi derrière les consoles (on n'est jamais mieux servi que par soi-même) et malgré le départ d’Andy Fraser dès la sortie du disque, « First Water » mérite une attention soutenue. Le groupe n’échappe certes pas à la coloration des productions d’Island Records du moment mais se distingue de la vague Glam qui déferlait alors principalement sur la Perfide Albion (T. Rex, GLITTER, The SWEET, SLADE et consorts). Les Requins nous offraient une excellente friture renforcée d’une sauce à l’anglaise comportant des extraits de FREE, une fragrance de BAD COMPANY, quelques gouttes de MOTT The HOOPLE et une pointe de Backstreet Crawler et de TRAFFIC, à une époque où la moitié de l’Europe tendait l’oreille et la main pour attraper la ferraille tombée du tiroir caisse de « Dark Side of the Moon ». Un disque qui vaut honnêtement la moitié des productions de Bad Co et qui aurait mérité une promotion plus conséquente afin de percer. On regrette juste que le chanteur se soit coincé les doigts dans une porte ou une prise électrique, proposant un vocal de chat écorché tout au long du disque.

⃰ Un autre groupe anglais du même nom, orienté vers le Psychobilly et Neo Rockabilly, a vu le jour au début des eighties.

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   LE KINGBEE

 
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- Andy Fraser (basse, piano)
- Chris Spedding (guitare)
- Marty Simon (batterie)
- Snips Parsons (chant)


1. World Park Junkies
2. Follow Me
3. Ol Jelly Roll
4. Brown-eyed Boy
5. Snakes And Swallowtails
6. Driving Sideways
7. Steal Away
8. Doctor Love
9. Broke A Feeling



             



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