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2016 A/B

KALEO - A/b (2016)
Par DERWIJES le 3 Novembre 2018          Consultée 62 fois

Lorsque nous regarderons derrière nous d’ici une dizaine d’années et que nous nous demanderons « c’était quoi le rock de la deuxième moitié des années 2010 ? », nous penserons à KALEO.

Faisons les présentations : KALEO est un groupe islandais dont le nom veut dire « son » en hawaïen. Constitué du noyau classique d’un chanteur, de deux guitares, d’une basse, d’une batterie et d’un synthé, ils essaient de nous faire croire qu’ils viennent du bayou louisianais avec une musique s’inspirant à la fois du blues, du folk et de la country et utilisant une guitare à résonateur en veux-tu en voilà. En soi, ils suivent la mode de pomper à fond l’ambiance musicale d’un genre où d’une époque, rien de nouveau sous le soleil. Là où je dis qu’ils sont typiques de notre époque, c’est à la fois dans leur look, entre les chemises à carreaux, la coupe de cheveux du chanteur et le batteur qui porte un Fedora, mais aussi et surtout par le moyen avec lequel ils ont accédés au succès.
Après un premier album passé inaperçu partout sauf dans leur pays natal où ils se font connaître en étant diffusés sur la radio la plus importante du pays avant de signer chez la plus grande maison de disque islandaise, Sena, c’est grâce à Spotify qu’ils se feront connaître dans le reste du monde. Leur single « All the Pretty Girls » accumule quelques millions de vues sur la plateforme de streaming et leur permet de sortir leur second album, ce A/B chroniqué ici, chez Elektra Records. A partir de là, tout semble s’enchaîner très vite : leurs singles suivants sont propulsés en haut des charts et sont utilisés ad nauseum dans des films, des séries, des jeux vidéo, des bandes annonces, des publicités. Le groupe joue dans les talk-shows américains comme Jimmy Kimmel ou Conan, ils créent le buzz en jouant dans la chambre à magma du volcan Thrihnukagigur pour promouvoir « Way Down We Go », leur chanson phare qui finit en tête des charts US.

Il est facile de cracher sur le groupe en raison de tout cet engouement, mais que vaut réellement cet album ? Il faut déjà avouer que « Way Down We Go » ne s’écoute pas trop mal. Le refrain est accrocheur, la montée en puissance bien gérée, et c’est effectivement un morceau très cinématographique. Un bon point pour eux déjà. Le reste ne casse pas trois pattes à un canard. La première partie de l’album enchaîne des morceaux plus rock mais très classiques dans la forme comme « Hot Blood » pendant que « Glass House » lorgne discrètement vers un petit côté pop. La deuxième moitié de l’album préfère l’acoustique avec « All the Pretty Girls » et « Automobile », deux ballades guère excitantes. Le morceau chanté en islandais et un peu plus enthousiasmant, mais surtout parce que ce n'est pas courant d'écouter de l'islandais.
A/B est un album correct. Il y a une bonne chanson, entourée de morceaux plus moyens mais sympathiques. C’est agréable de voir une musique inspirée du delta blues avoir du succès de nos jours entre du rap et de la pop insipide, mais leur problème est similaire à celui de GRETA VAN FLEET : l’engouement populaire dont bénéficie le groupe peut être énervant. Les voir être portés aux nues alors qu’ils n’ont pas inventé l’eau chaude donne envie de les ignorer et de repartir écouter CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL en boucle.

C’est ici que je rejoins l’avis de mon collègue MARCO STIVELL (dans sa chronique sur les Greta Van Fleet que je ne saurais trop vous conseiller d’aller lire) : il s’agit avant tout de remettre KALEO à leur place, de les dépoussiérer de leur succès pour trouver un groupe intéressant qui propose un album sympathique mais sans plus. Dans le climat musical actuel, nous pouvons parier que la notoriété du groupe s’évaporera telle neige au soleil d’ici quelques mois, mais cela ne serait pas plus mal car se débarrasser des oripeaux du succès pourrait permettre au groupe de trouver sa propre voie et de s’imposer comme un nom qui compte vraiment.

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   DERWIJES

 
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- Jj Julius Son (chant, guitare solo, piano)
- Rubin Pollock (guitare rythmique, chant)
- Daníel Ægir Kristjánsson (basse, claviers)
- Davíð Antonsson (batterie, percussions)
- Þorleifur Gaukur Davíðsson (harmonica, bongo, claviers)


1. No Good
2. Way Down We Go
3. Broken Bones
4. Glass House
5. Hot Blood
6. All The Pretty Girls
7. Automobile
8. Vor I Vaglaskogi
9. Save Yourself
10. I Can't Go On Without You



             



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