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Lloyd COLE AND THE COMMOTIONS - Easy Pieces (1985)
Par LE KINGBEE le 21 Novembre 2018          Consultée 437 fois

Nous sommes en 1985 et la formation écossaise enregistre son second disque après « Rattlesnake » ovationné par une partie de la presse mais quelque peu boudé par le public hexagonal. Easy Pieces doit son nom au film « Five Easy Pieces » du réalisateur Bob Rafelson avec Jack Nicholson, Karen Black et Billy « Green » Bush, l’un des meilleurs seconds couteaux américains des années 70. Un film qui nous en apprend un peu plus sur la personnalité du chanteur anglais Lloyd COLE, ancien étudiant en philosophie à l’Université de Glasgow et donc grand fan du film.

Le groupe est placé sous la houlette des producteurs Clive Langer et Alan Winstanley. Pour Polydor, il n’est pas question de rester les deux pieds dans le même sabot, il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. Le premier disque de Lloyd COLE laisse à penser que le prochain disque peut rapporter gros. La firme décide d’écarter Paul Hardiman, (un gars qui a quand même travaillé avec MOTT THE HOOPLE, FLEETWOOD MAC, The Groundhogs, Kate BUSH, SOFT CELL) peut être trop proche du groupe, considéré comme un producteur privilégiant l’artistique au lieu des grilles boursières. Langer n’est pas un inconnu, il a composé plusieurs génériques de films, était le guitariste de Deaf School et Big In Japan. Mais le bonhomme s’est surtout fait un nom en produisant quatre albums de MADNESS dont le fameux single "One Step Beyond", un autre de DEXYS MIDNIGHT RUNNER et enfin deux disques d’Elvis COSTELLO. Son alter ego Winstanley a collaboré à la plupart des exemples précités et dispose aussi d’une solide expérience derrière les consoles (The STRANGLERS, Joe JACKSON, The BUZZCOCKS, GENERATION X pour ne citer que les plus connus).

Contrairement à Paul Hardiman qui laissait libre court à COLE et ses potes, la paire Langer/ Winstanley ne va cesser d’intervenir, tant au niveau des textes que du vibrato naturel du chanteur. On peut se dire plus de trente ans après la sortie du disque, que ces deux zouaves auront peut être eu raison, le disque se classant 5ème dans les charts britanniques, deux titres rentrant dans le Top 20 anglais, sans parler de bonnes ventes aux States. Néanmoins, on peut également se dire qu’avec moins d’empressement, la formation aurait gagné à enregistrer plus tardivement, mais dans ces cas là, ce sont généralement les maisons de disques qui restent décisionnaires, le but ultime étant de se remplir les poches sans vergogne.

Chez nous, Easy Pieces va connaitre un succès inattendu, il faut dire que France 3 programme en février un reportage dominical sur le groupe. Pas de quoi détrôner WHAM, Matt BIANCO, A-HA, SADE ou les COMMUNARDS des meilleures ventes de singles, mais l’album s’affirme parmi les réussites de l’année. Rappelons que les productions de la seconde moities des eighties ne sont guère meilleures que la première et qu’il faut gratter sec pour trouver quelque chose sortant du lot.

Ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est le désir des producteurs à s’engouffrer dans une sonorité commerciale sans fond, les percussions de "Rich", titre d’ouverture en sont le plus bel exemple. Trois titres préfigurent ici le fameux syndrome du second album : "Grace", "James" et "Minor Character", intrinsèquement ces titres pourraient s’illustrer ailleurs avec une certaine réussite, mais ici ils donnent l’impression d’avoir été écrits à la va-vite sans toutefois verser dans le remplissage. Si le succès du groupe en Amérique a de quoi surprendre, tout comme celui de Tintin avant lui, on peut se demander si Langer et son compère n’ont pas placé "Why I Love Country Music" pour pénétrer le marché ricain ?

Au niveau des textes, Lloyd COLE se démarque de la production de masse, apportant une touche de romantisme, mais aussi de concepts issus de la philo dans lesquels viennent tourbillonner à la fois mélancolie, désillusion et joie, mais les référence culturelles et plus particulièrement au cinéma sont moins présentes. Il n’hésite pas à aborder des thématiques sensibles comme le suicide ou la folie d’un week end désastreux passé à Amsterdam ("Lost Weekend").

"Pretty Gone" pourrait presque au niveau de la mélodie sonner comme du MAGAZINE s’il n’apportait pas une touche de gaieté. Bien sur, on garde en mémoire le superbe "Brand New Friend" avec ses percussions synthétiques, la guitare et ce refrain si métaphorique qui vous rentre dans la tête pour ne plus en ressortir : "Walking in the pouring rain-Walking with Jesus and Jane-Jane was in her turtleneck-I was much happier then-Am I asking oh for so much?- I'm just looking for a brand new friend …". Plus énergique, "Lost Weekend" aura retenu l’attention des programmateurs radio avec cette infusion de cordes, de claviers et d’un accordéon délicat nous versant un somptueux mappage. L’album s’achève sur "Perfect Blue" avec son intro d’harmonica qui ne peut qu’évoquer l’univers des SILENCERS, autre grand groupe écossais.

Alors plus de trente ans après sa sortie, Easy Pieces n’a pas pris trop de rides comme la plupart des productions Pop UK de la seconde moitié des eighties. La fraîcheur de certains titres constituerait presque comme un bain de jouvence. On se dit que sans la voracité de Polydor, avec leur producteur d’origine le groupe aurait pu nous sortir un disque de référence si on n’avait laissé du temps au temps. Peut être l’un des meilleurs disques Pop de la période. Sans deux titres plus faiblards, l’album aurait presque pu atteindre la note maximale.

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   LE KINGBEE

 
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- Lloyd Cole (chant, guitare)
- Neil Clark (guitare)
- Lawrence Donegan (basse)
- Stephen Irvine (batterie, percussions, tambourin)
- Blair Cowan (claviers, accordéon)
- Gary Barnacle (saxophone)
- Lynda Hayes (chœurs)
- Jimmy Thomas (chœurs)
- Jimmy Helms (chœurs)
- Jimmy Chambers (chœurs)
- Lance Ellington (chœurs)
- Tony Jackson (chœurs)


1. Rich
2. Why I Love Country Music?
3. Pretty Gone
4. Grace
5. Cut Me Down
6. Brand New Friend
7. Lost Weekend
8. James
9. Minor Character
10. Perfect Blue



             



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