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Sari SCHORR - Never Say Never (2018)
Par LE KINGBEE le 30 Novembre 2018          Consultée 154 fois

En 2015, le producteur anglais et patron du label Blue Horizon Mike Vernon participait à l’International Blues Challenge de Memphis où il recevait un trophée pour son œuvre dans le milieu du Blues. Prix largement mérité soit dit au passage. Lors de cet événementiel, l’anglais découvrait la new-yorkaise Sari SCHORR. Époustouflé par la voix de la chanteuse, il produit son premier bébé « A Force of Nature », opus bien accueilli par la presse spécialisée. La chanteuse y reprenait notamment « Black Betty », création de Huddie « Leadbelly » Ledbetter. Tout le monde connaît ce titre, Ram Jam le transforme en hit Hard Rock en 77, un gros carton qu’on retrouve au générique de nombreux nanars hollywoodiens.

Dans la foulée de son premier disque mis en boîte à Séville, Sari fait une tournée de promotion (bein oui faut bien le vendre le machin) avec Joe Louis Walker, un guitariste dont les meilleures années remontent à perpette et Poppa CHUBBY, un bourrin new-yorkais aussi subtil qu’une grille d’égout. Depuis, Sari a regagné ses pénates à Brooklyn et s’est mis à composer pour sortir comme il se doit son second disque, celui de la confirmation comme on dit.

Cette fois-ci, Schorr est allée dans le Norfolk au Grange Studio, là où THE ALAN PARSONS PROJECT avait enregistré son premier disque, il y a bien longtemps. Toujours sous contrat avec Manhaton Records, label ayant publié Eric Bibb, Robin Trower et plus récemment King King, la chanteuse se retrouve sous la coupe du producteur allemand Henning Gehrke qui n’a que peu de références dans l'univers du blues. Pendant près de deux ans, Sari a beaucoup voyagé, passant une partie de son temps à sillonner les routes de l’Amérique mais aussi et surtout celles de l’Angleterre et de l’Espagne. Au cours de ses pérégrinations, la chanteuse a fait de nombreuses rencontres dont une partie figure dans ses nouvelles chansons. Autre gros changement, Henning Gehrke s’est attaché à lui trouver un groupe attitré. Oh, le garçon n’a pas cherché bien loin, il a fouillé dans ce qu’il avait à portée de mains : des musiciens ayant officié pour Manhaton Records : le guitariste Ash Wilson, une section rythmique portée sur le Blues Rock comme il en existe à la pelle et enfin l’organiste Bob Fridzema débauché de la formation King King.

Le titre d’ouverture « King of Rock and Roll » permet de mettre en place la voix et c’est un sentiment de puissance qui prédomine. Sari prie le Seigneur de pouvoir rallier Memphis avant de mourir sous un déluge de grosse guitare un brin démonstrative. Elle enchaîne avec « Thank You », une pièce hendrixienne dans laquelle le chant est toujours aussi puissant et déclamatoire. « Ready for Love », compo de Mick Ralphs l’ancien MOTT THE HOOPLE et Bad Company, tempère quelque peu les ardeurs via le piano, le vocal étant toujours aussi vigoureux. Le genre de titre que Pat BENATAR nous sortait il y a des lustres en mieux, sans oublier la version de BAD CO.

La chanteuse se livre à quelques apartés politico-sociaux sur « The New Revolution » tandis qu’elle clame son désarroi face à la prolifération des armes dans « Freedom », deux titres ancrés dans le Blues Rock. C’est encore le chant qu’on remarque sur « Valentina », le timbre alliant la vigueur de Joan Jett à la dureté de Dana Fuchs. « Beautiful » apporte un peu d’empathie à l’ensemble, mais aurait mérité d’être raccourci. Un peu de douceur avec « Turn the Radio on » avec un timbre tirant vers Rita Coolidge et Bonnie TYLER alors que l’Hammond tire encore les marrons du feu. « Back to L.A. » renverrait presque vers les EAGLES, si ce n’est qu’Ash Wilson ne parvient pas à la cheville de Glenn Frey ou de Joe Walsh. L’album se conclut sur une autre petite douceur avec « Never Say Never », chanson de l’ancien FACES Ian McLagan composée après le décès de son épouse. On peut penser que ce titre aurait gagné à figurer en milieu de disque, d’autant que l’interprétation féminine de Sari offre un jour nouveau à ce superbe titre.

En conclusion, malgré les efforts de Bob Fridzema aux claviers, les trois autres accompagnateurs envoient beaucoup trop de carbure, confondant cruellement virtuosité technique et décibels avec feeling et groove. Ash Wilson que certains journalistes annoncent comme le futur grand guitariste anglais se révèle ici en spécialiste du vacarme et semble manquer de nuances et de feeling. Hormis trois ou quatre titres, Sari Schorr nous offre ici un album orienté vers un Blues Rock qui ne parvient qu’à de trop rares moments à attirer l’attention, malgré une voix surpuissante (trop peut-être). Une déception par rapport au premier disque.

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   LE KINGBEE

 
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- Sari Schorr (chant)
- Ash Wilson (guitare)
- Matt Beeble (basse)
- Ray Martin (batterie)
- Bob Fridzema (claviers)


1. King Of Rock And Roll
2. Thank You
3. Ready For Love
4. Valentina
5. The New Revolution
6. Beautiful
7. Turn The Radio On
8. Maybe I'm Fooling
9. Back To La
10. Freedom
11. Never Say Never



             



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