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DREAM POP, SHOEGAZE  |  STUDIO

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2018 Creation

THE DAYSLEEPERS - Creation (2018)
Par RICHARD le 26 Novembre 2018          Consultée 619 fois

Un fait est définitivement acquis avec les Américains rêveurs de The DAYSLEEPERS. Ils sont tout sauf des stakhanovistes. En effet, leur premier album chroniqué sur ce site par Seijitsu était sorti il y a déjà... 10 ans ! Depuis, à l'exception de deux-trois singles épars (dont une très belle reprise d'un titre des SMITHS), nous étions sans nouvelles du quatuor de BUFFALO. Il faut dire que la discrétion, voire le mystère, semble être l'essence même du groupe. Pas de concert, des interviews sur le net au compte-goutte. The DAYSLEEPERS est à l'image de sa musique : délicat et insaisissable.

Les neuf titres de Creation prennent leur source dans le shoegaze le plus émouvant et/ou dans la dream pop la plus mélodieuse. Ce disque est tout simplement déjà dans ce genre un classique ! C'est aussi simple que cela. Le leader Jeff Kandefer a réussi le parfait équilibre entre plages sonores plongées dans des vapeurs d’éther et mélodieux soubresauts pop. Même si son audience demeure malheureusement marginale, la sphère musicale à laquelle appartient le combo tient avec ce disque une petite pépite qui ne demande qu'à être exposée au plus grand nombre. Alors, allons-y !

Le groupe a du savoir faire, c'est certain, et ouvre son nouvel opus par deux pièces maîtresses. Avec "This Dark Universe" et "Creation", il montre toutes les qualités dont il dispose pour nous secouer émotionnellement. La barre est placée très haut. On rentre de fait de plein pied dans un monde de réverbération, de langueur savamment distillée. Le combo évite le piège de la monotonie parfois inhérent au genre. L'expression rêve éveillé qui caractérise tant cette scène n'a jamais aussi bien épousé ces sonorités. Que ce soient les notes de guitares cristallines qui s'étirent à l'infini, les couches profondes de synthés ou la voix de Kandefer qui flotte, tout concourt à ce délectable sentiment. Si les Américains soignent leurs ouvertures, ils ne négligent pas non plus leur conclusion comme le souligne l’atmosphérique "The Monolith" qui enfonce définitivement le clou. Il rappelle tout doucement et un peu douloureusement qu'il faut rouvrir les yeux. Voyage terminé. Atterrissage sur terre et cruel retour à la réalité.

Entre ces belles invitations au confort ouaté, s’entrelacent des morceaux plus fluides et nettement plus pop. S'il y a bien une influence majeure chez les Américains, c'est celle des CURE. En effet, pour la frange la moins rêche du shoegaze, les arpèges aériens du leader Robert Smith ont toujours été un point de repères rassurant. SLOWDIVE, RIDE, SWALLOW entre autres ne diront sans doute pas le contraire. Il suffit d'écouter "Arclights", une sorte de "Just like Heaven" cuisinée finement et avec amour à la sauce dream pop pour s'en rendre compte. Dans une atmosphère similaire, "The Memory Maker" touche en plein cœur. La mélodie aérienne portées par les voix angéliques d'Elizabeth et Jeff Kandefer qui s'unissent sont comme la douce caresse du vent sur le visage.

C'est une certaine idée de la beauté qu'exposent les DAYSLEEPERS. Grâce à un ensemble finement travaillé, les titres s'enchaînent naturellement et c'est un onirisme aux teintes pastel très douces qui nous sert de fil d'Ariane émotionnel. L'un des points d'attraction de cet album, c'est évidemment cette facilité quelque peu déconcertante à délivrer ses plages sonores à haute teneur mélodique. Lorsqu'elles ne se font pas plus marquées, les guitares aux sonorités cristallines (les étincelants "Foreverpeople" et "Tropics") s'élèvent dans le ciel pour exploser en poussière d'étoiles et retomber avec grâce sur l'auditeur. Superbe.


Vous l'aurez sans doute compris, les Américains ont réussi assurément avec Creation dans ce pléthorique et touffu revival à proposer déjà un incontestable classique. Il serait juste dommage qu'il reste confiné exclusivement à cette sphère musicale car, après tout, les émotions qui hérissent le poil, donnent la chair de poule et serrent le cœur ne sont l'exclusivité d'aucun courant.

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   RICHARD

 
  N/A



- Jeff Kandefer (voix,guitares,basse,claviers, programmation)
- Mario Gimbrone (batterie)
- Scott Beckstein (basse)
- Elizabeth Kandefer (voix)


- Creation
1. This Dark Universe
2. Creation
3. Arclights
4. Foreverpeople
5. The Memorymaker
6. Sundiver
7. Tropics
8. Flood In Heaven
9. The Monolith



             



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