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- Style : The Chameleons , Kitchens Of Distinction, The House Of Love

The SMITHS - Rank (1988)
Par RICHARD le 30 Avril 2019          Consultée 469 fois

Il n'y a jamais de vérité absolue et peut-être encore moins dans le monde de la musique, mais concernant le disque live, il y a un fait qui s'avère cependant souvent exact. Pas besoin de marc de café équitable, ni des prédictions hasardeuses de Mme IRMA. Un simple constat. Dans le meilleur des cas, il revêt un intérêt secondaire dans la discographie d'un groupe. Pourtant, il existe parfois de rares exceptions. Prenez ainsi cette galette des SMITHS qui délivre une partie du concert qu'ils donnèrent en octobre 1986 au National Ballroom de Londres lors de leur dernière tournée servant de support à l'opus culte The Queen Is Dead. De prime abord, elle n'a pas grand chose pour elle, la pauvre. Née d'une obligation purement contractuelle, sortant deux ans après le concert, un an après l'inattendue séparation dans l'amertume du quatuor mancunien et quelques mois après le premier album solo de Morrissey (Viva Hate), qui pouvait-elle objectivement contenter ? Et pourtant...

En cette fin d'année 1988, encore secoués par le split de leur groupe fétiche, les fans avec Rank avaient là une très belle occasion de solidifier le culte qu'ils étaient en train de commencer à lui vouer. Exit les K7 pirates au son aléatoire avec la toux du bootlegger comme accompagnement. Ces quatorze titres sont un excellent moyen de toucher au plus près la ferveur smithienne et de battre aussi en brèche quelques idées reçues concernant la bande des quatre. En cette soirée londonienne, les SMITHS sont au bord du gouffre et si proches de l'implosion. Si les succès critique et public sont là, et plus que là, du moins en Angleterre, les oppositions latentes au sein du groupe avec le temps deviennent étouffantes. Morrissey contrôle tout, se situe au centre de tous les regards et de l'attention. De la presse musicale aux tabloïds, il est l'homme à abattre ou à encenser. Les trois autres membres se sentent dès lors bien seuls. Marr le talentueux compositeur à l'étroit désire grandement explorer de nouvelles contrées sonores. Rourke le bassiste se bat avec ses démons et l'imperturbable batteur Joyce fait du Joyce. Les concerts sont alors de véritables exutoires. La tension et l'intensité qui règnent en maîtresses deviennent la marque de fabrique des Anglais en ces derniers mois furieusement frénétiques.

Si tension il y a, elle est palpable et ce dès l'ouverture de chaque set avec le brûlot rock « The Queen Is Dead ». Oui, vous avez bien lu, rock, car les SMITHS (encore plus à la fin de leur courte carrière) ne sont pas seulement qu'un groupe de pop élégante et subtile. Ici, pour soutenir cette critique hilare et acerbe de la monarchie (ce qui vaut à chaque concert des tentatives d'envahissement de la scène par des royalistes perturbateurs), les guitares sont de sortie. Johnny Marr avec force zèbre d'électricité les paroles définitives de Morrissey aidé en ça par Craig Gannon (ex AZTEC CAMERA) guitariste et cinquième membre éphémère du groupe pour les prestations live. Le leader a indéniablement des comptes à régler avec tout le monde, mis à part avec lui-même peut-être. Ça dézingue à tout va comme si le combo était animé par une urgence vitale, une forme de baroud d'honneur. Cette virulence explose aussi bien comme sur le pêchu « London » que l'ultra classique « Bigmouth Strikes Again » où la Grande Gueule répond à ses détracteurs avec sa coutumière ironie. Envahissement de la scène obligatoire sur ce titre, mais par les fans énamourés cette fois-ci !

Si les SMITHS ne sont évidemment pas les petits frères de SID VICIOUS, leur impact dans la société anglaise reste néanmoins une évidence. Que l'on se souvienne par exemple du superbe « The Headmaster Ritual » paru sur le précèdent album Meat Is Murder (1985) relatant les supposés mauvais traitements reçus par les élèves dans leurs écoles... et hop illico presto une enquête officielle des autorités pour dire que tout va bien ! On a tendance à l'oublier mais ce groupe a été durant les années 80 un véritable poil à gratter, clivant les fans de musique, mais pas seulement eux, d'ailleurs. Sur Rank, les tirs à boulet rouge et les provocations faciles seront seulement pour les journalistes accusant le Moz de plagiat (le léger « Cemetry Gates » et Oscar WILDE comme élégant partenaire de soutien), les présentateurs de la BBC ( le répétitif « Panic » et son appel sympathique à la pendaison) et les hommes d'église (le farceur et pré Gay Pride « Vicar In Tutu »). On rendra grâce à la qualité de la captation qui réussit parfaitement à bien mettre en avant chaque protagoniste. L'écoute au casque est conseillée, tant est appréciable une fois encore le superbe jeu aérien de guitare de Marr (« Ask »).

Sur scène, c'est certain, l'entente a encore toute l'apparence d'une belle amitié. Même si elle rend ses derniers souffles, c'est bien cette dernière qui nous apporte comme pour tout concert qui se respecte des Mancuniens quelques pics d'émotions. La palme revient sans conteste pour moi à la complainte bouleversante qu'est « I Know It's Over ». Jeff BUCKLEY d'ailleurs ne reprendra pas que du Edith PIAF. Ce classique smithien fera aussi partie avec bonheur de ses covers. Morrissey avec toute sa superbe se pose ici en narrateur finement ironique(« If You're So Funny Then Why Are You On Your Own Tonight? »). Délice de la diversité des ambiances qui nous est offerte comme toujours. Des fiévreux rockabilly « His Latest Flame » (reprise d'Elvis) ou « Rusholme Ruffians », la section rythmique donnant tout comme si sa vie en dépendait, au puissant « Still Ill », les SMITHS ne sont jamais avares en émotions. Si leurs concerts dépassaient rarement les 80 minutes, la dose de frissons reçue en retour devait être largement suffisante. Ce live la retranscrit plutôt bien d'ailleurs. Existe t-il une satanée machine pour remonter le temps ?

Fougueux, chaotique et émouvant, Rank montre tout bonnement les SMITHS tels qu’ils sont : un grand groupe de scène.

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- Morrissey (chant)
- Johnny Marr (guitare)
- Andy Rourke (basse)
- Mike Joyce (batterie)
- Craig Gannon (guitare)


1. The Queen Is Dead
2. Panic
3. Vicar In Tutu
4. Ask
5. His Latest Flame/rusholme Ruffians
6. The Boy With The Thorn In His Side
7. Rubber Ring/what She Said
8. Is It Really So Strange ?
9. Cemetry Gates
10. London
11. I Know It's Over
12. The Draize Train
13. Still Ill
14. Bigmouth Strikes A Gain



             



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