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BILLY C FARLOW & MERCY - Alabama Swamp Stomp (2011)
Par LE KINGBEE le 7 Décembre 2018          Consultée 72 fois

Il y a des associations qu’on peut trouver étonnantes, jugez plutôt : Billy C. FARLOW, ancien chanteur harmoniciste de COMMANDER CODY première mouture, MERCY trio français de Swamp et Crosscut, un label allemand.

Six ans avant l’enregistrement du disque, Jean Paul Avellaneda, guitariste du groupe Mercy, rencontre Billy C. Farlow à San Francisco, il n'en faut parfois pas plus que cela pour faire un disque, une rencontre et de l’envie et bien évidemment des talents propices à la création. Manque de chance, les deux agents respectifs de Billy et de Mercy auront de graves problèmes de santé. Scott Battes qui collaborait avec le duo Farlow /Krich sera victime d’un AVC, tandis que Dave Decker, manager irlandais de Mercy décède d’un cancer.
Malgré ces aléas, l’Américain et le Français décident de finaliser leur projet initial avec ce disque, issu d’un travail long, fait de nombreux allers-retours, Billy s’installant quelques temps en France comme artiste résidence, une étape qui lui permettra d’humer notre beau pays et de se perfectionner avec le terroir.

En ouverture, « Snake Eyes » happe carrément l’auditeur. La voix éraillée de gros fumeur, l’harmonica chromatique rivalisant avec le diatonique viennent en contrepoint d’une guitare qui se veut aussi sobre qu’efficace. On a l’impression d’avoir été balancé dans les eaux chaudes et peu claires d’un bayou. Si « Magnolia Darlin’ » évoque une ambiance plus intimiste, le trio se mettant totalement au service du chanteur, « Drive Me Like A Mule » est une merveille de Swamp Rock mid tempo bien poisseux.
Avec son intro d’harmonica style Western, « Tennessee Saturday Night » rappelle certaines intonations du hit « Hot Rod Lincoln ».
« My Name Is Trouble » pourrait figurer comme ces petits diffuseurs d’odeur automatiques qui vous envoient les senteurs de votre choix. Ici, ce sont de vraies chapes de plomb et de chaleur qui vous tombent sur le paletot via une slide entêtante. L’utilisation d’un harmonica chromatique apporte une touche Jump à « Juke Joint Friday Night ». « Alligator Crawl » peut faire figure de morceau fort, Billy Farlow nous conte l’éternelle et merveilleuse histoire de l’Alligator des Bayous (la sienne), bien secondé par une guitare qui veille toujours à ce que le foyer de la loco ne manque pas de charbon. Autre bonne pioche avec « Jenny’s Comin’ Home », un Rockin’ sur lequel on conseillera de pousser les meubles.
Le répertoire très marqué par le Swamp bénéficie de petits interludes via deux worksongs : « Yella Pocahontas » est tiré d’un Mardi Gras traditionnel. Rien d'étonnant quand on sait que Billy a du sang cherokee dans les veines. « Black Lazarus » avec ses percussions tribales, ses bruits de chaîne et ses chœurs nous renvoie irrémédiablement vers les chansons d’esclaves.
Autre moment fort avec « Good Rockin’Mama », le dobro et l’harmonica diffusant une atmosphère d’une pureté exacerbée, paradoxalement chargée d’une lourde pesanteur gorgée de feeling. Les amateurs de Guitar Blues pourront se délecter avec l’intimiste « What Have I Done ? ». « Runnin’ From The Fire » propose une tonalité à la CREEDENCE CLEARWATER, groupe que Billy C. Farlow aurait dû rejoindre s’il n’avait pas splitté. Ce sont bien des cigales du Sud qu’on entend en intro sur « Wild About You (Je suis Fou de Vous) ». De ses séjours en France, Billy nous dresse avec humour des phrases et des séquences qui lui ont tapé dans l’œil. Tout un programme.
Ambiance marécageuse garantie, section rythmique efficace avec Stéphane Avellaneda (futur Ana Popovic) et le bassiste Bruno Quinonero, avec à la clef un répertoire personnel qui fleure bon l’esprit du Sud. Signalons la superbe présentation de cet élégant digipack qui parvient à diffuser une ambiance quasi familiale avec Farlow dans le rôle du patriarche à la voix éraillée et Jean Paul Avellaneda, l’un des meilleurs guitaristes européens. Signalons que le disque remportera en Allemagne un Grammy Award dans la catégorie Blues, une première pour un groupe français dans un pays où le Blues prend une autre dimension par rapport à notre paysage hexagonal.

Cette chronique est dédiée à Dave Decker, ex-membre des WATERBOYS et des POGUES.

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   LE KINGBEE

 
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- Billy C. Farlow (chant, harmonica)
- Jean Paul Avellaneda (guitare, dobro, chœurs)
- Bruno Quinonero (basse, chœurs)
- Stéphane Avellaneda (batterie, cajon, percussions, choeurs)


1. Snake Eyes
2. Runnin' From The Fire
3. Magnolia Darlin'
4. Drive Me Like A Mule
5. Good Rockin' Mama
6. Tennessee Saturday Night
7. My Name Is Trouble
8. What Have I Done
9. Juke Joint Friday Night
10. Alligator Crawl
11. Yella Pocahontas
12. Black Lazarus
13. Jenny's Comin' Home
14. Wild About You (je Suis Fou De Vous)



             



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