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BEAK> - >>> (2018)
Par JOVIAL le 30 Décembre 2018          Consultée 703 fois

BEAK> fête ses dix ans. Ça file un petit coup de vieux, non ? On revoit encore l'ami Geoff timidement débarquer en 2008 avec ce nouveau projet sous le bras, un truc étrange au vieil accent sidérurgique de la Ruhr et sans grand rapport avec PORTISHEAD. Lorsque sort Recordings l'année suivante, bien peu s'imaginent alors lui voir une suite un jour, Geoff BARROW en tête. Lui s'occupe comme il peut en attendant de retrouver Beth et Adrian et il ne s'en cache pas. Ce groupe n'est pas fait pas durer. Idem pour Billy FULLER et Matt WILLIAMS qui continuent aussi en parallèle de jouer l'un avec Robert PLANT, l'autre de son côté sous différents pseudonymes. Même son de cloche chez Will YOUNG, venu récemment remplacer le second. BEAK>, ce sont les concerts, les bières et les amis. Pas question de parler de carrière. La presse spécialisée prend quand même la chose très au sérieux. Elle n'a pas forcément tort, on est loin des répétitions de garage et des passages d'arrière-salle. La matrice chauffe à force de presser. Deux albums, un live, un E.P., des singles, un split, des compilations et même une bande originale de film, soit en tout une dizaine de sorties en neuf ans. Pas mal pour une formation dont le seul but avoué est de se faire plaisir entre potes. Geoff BARROW nous répondrait certainement que rigueur et travail ne sont guère incompatibles avec cette vision des choses. L'idée convient bien à >>> en tous cas.

Sans pour autant se montrer moins rigoureux, BEAK> a perdu de cette raideur qui figeait encore l'album précédent. Le batteur anglais l'expliquait dernièrement par l'acoustique différente du nouveau studio. Il est vrai que le son a changé. Il est désormais plus clair, moins souterrain. Comme si les musiciens venaient enfin de percer cette bulle hermétique qui les entourait et laissait parfois l'auditeur an-dehors. Sans perdre de sa spontanéité, puisque l'enregistrement se fait toujours live et sans aucune retouche, le groupe nous dévoile aussi une sensibilité nouvelle. Sentiments et couleurs apparaissent avec évidence et sans forcer le trait. L'adhésion est immédiate, presque facile. BEAK> se rend accessible sans rien renier et c'est très réussi. Jusqu'à présent, aucune autre production ne nous avait en effet semblé aussi expressive.

Sur ce point, >>> offre une palette encore assez sombre. L'introduction futuriste de « The Brazilian » est bien trompeuse. La suite nous mène vers des terres désolées, empoisonnées au soufre. « Brean Down » plonge dans les abysses. Plus loin, le groupe s'arrête dans les rues inquiétantes d' « Abbots Leigh », austère bourgade perdue des environs de Bristol. L'ambiance glaciale de Recordings ressurgit alors par endroits. Mais ce troisième effort sait aussi se faire plus diaphane. « Allé Sauvage » et « RSI » partent sur les routes du Sommerset, motorik furieux sous le capot. Entre les deux, l'aérienne « Birthday Suite » et l'élégante « Harvester » restent néanmoins d'une rare mélancolie. Avec « When We Fall », la course s'achève en bord de mer, guitares sèches autour du feu, et l'on chante alors la fin du monde.

En forçant un peu, on pourrait presque comparer cette nouvelle sortie avec Third de PORTISHEAD. Dans les deux cas, Geoff BARROW et ses camarades ont voulu bouleverser les schémas préétablis des deux efforts précédents. Les compositions pur sucre de CAN ne sont plus à l'ordre du jour et se comptent alors sur deux doigts (« Brean Down », « RSI »). BEAK> élargit son champ d'investigation au folk (« When We Fall »), à l'ambient de Brian ENO (« Teisco ») et au rock psychédélique (« Abbots Leight »). L'hypnotique « Allée Sauvage » et ses claviers vintage pourraient figurer sur un ZOMBIE ZOMBIE et « The Brazilian » renoue avec les riffs lourds de « Wulstan ». « Harvester », conclue par des violoncelles, évoque enfin Neil YOUNG, en plus minimaliste.

On présente souvent le troisième album comme celui de la maturité. Malgré un écrémage encore possible (« Teisco », « King of the Castel »), on pourrait difficilement dire le contraire en ce qui concerne >>>. Le trio alterne les exercices et la maîtrise est bien là. Le changement de line-up n'a guère ébranlé la solidité et l'assurance des musiciens. Et qui sait ? L'arrivée de Will YOUNG a peut-être apporté un nouveau souffle. Sans jamais manquer d'exigence, BEAK> donne enfin l'impression d'un groupe qui se fait plaisir.

Note réelle : 4,5/5

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   JOVIAL

 
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- Geoff Barrow (batterie/chant/claviers)
- Will Young (guitare/chant/claviers)
- Billy Fuller (basse/chant/claviers)
- Guests :
- The Bristom Ensemble (cordes)
- Juliet Mccarthy (cello)
- Alison Gillies (cello)
- Harriet Wiltshire (cello)


1. The Brazilian
2. Brean Down
3. Birthday Suit
4. Harvester
5. Allé Sauvage
6. Teisco
7. King Of The Castle
8. Rsi
9. Abbots Leigh
10. When We Fall



             



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