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ROCK N ROLL HILLBILLY  |  COMPILATION

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Barbara PITTMAN - Getting Better All The Time (1997)
Par LE KINGBEE le 6 Janvier 2019          Consultée 215 fois

Barbara PITTMAN voit le jour au nord de Memphis en avril 1938. Issue d’une famille nombreuse et pauvre de douze enfants, elle dispose de belles ascendances : sa mère est d’origine irlandaise tandis que son père, violoniste amateur à ses heures perdues, a du sang indien dans les veines. La famille Pittman réside à deux pas de la famille Presley, les deux mères de famille sont des amies de quartier.
Plus jeune de trois ans que le futur King, Barbara se met très tôt au chant, un de ses oncles tient un magasin de disques sur Beale Street, endroit où se produit un autre King, en la personne de B.B. Agée d’une douzaine d’années, la gamine tente sa chance au 706 Union Av. dans les studios Sun de Sam Phillips. L’audition ne donne rien si ce n’est qu’avec son tact habituel, Sam Phillips conseille à Barbara de ne pas lui faire perdre son temps et d’aller prendre des leçons de chants. Phillips va rater au cours de l’aventure Sun de nombreux artistes. On se souvient de se sa rencontre avec Ike Turner dans laquelle le patron du label à étiquettes jaunes tenait des propos outranciers et racistes à l’encontre du guitariste.

Si Barbara a toutes les peines du monde à se remettre de cette déception cruelle, elle rebondit en bossant pour Sleepy-Eyed John, un disc-jockey local programmateur au Eagle’s Nest, une salle de spectacle située près de l’autoroute 78 où Elvis et Scotty Moore se produiront à plusieurs reprises. Barbara devient chanteuse de l’orchestre maison mais doit quitter le groupe, n’ayant même pas l’âge légal pour pouvoir rentrer dans l’établissement. Pendant un an, Barbara intègre la revue de Lash Larue et va apprendre toutes les ficelles du métier, passant de la scène au management, à l’organisation des spectacles et des tournées jusqu’au baby-sitting pour les membres de la troupe ayant des enfants. Lash Larue, ancienne star de Western, est également un excellent guitariste, il se produira plus tard au Dew Drop Inn de la Nouvelle Orleans en compagnie d’Earl Palmer.

En 1956, de retour à Memphis, Barbara rencontre Stan Kesler qui vient de composer une chanson pour Elvis PRESLEY ; Kesler invite la chanteuse à reprendre le titre lors d’un passage au Cotton Club afin d’en faire une démo. Pour l’anecdote, « Playing for Keeps » sera enregistré par le King en janvier 57, le titre atteignant une honorable 34ème place dans les classements. Mais la démo mise en boîte à la va-vite par Barbara et Kesler incite Sam Philips à redonner sa chance à la chanteuse. Dans la foulée, Barbara et Kesler s’attaquaient à « I’ll Never Let You Go (Little Darlin) », titre de Jimmy Wakely figurant dans le premier disque de Presley. Malheureusement pour la chanteuse, si Sam Phillips veut bien l’auditionner, il refuse que les deux démos soient publiées en single.
Le 15 avril 56, Barbara s’offre deux sessions et enregistre cinq titres, épaulée par le groupe de Clyde Leoppard. De cette séance qu’on qualifiera d’historique, Barbara Pittman obtient son unique single labellisé Sun Records avec le sauvage « I Need A Man » couplé à « No Matter Who’s To Blame », titre nettement plus tempéré. Comme bien souvent, le single propose une face rapide et une seconde beaucoup plus lente correspondant ainsi aux pratiques et modes de l’époque.

Barbara Pittman ne va pas lâcher l’affaire. Entre le 5 avril 57 et le 24 février 1960, elle participe à cinq sessions, met en boîte vingt titres mais seuls six font l’objet d’une édition via trois singles Phillips Int., le second label de Sam Phillips. On rajoutera à cette liste minuscule le single Sun 293 constitué de « Love Is A Stranger » et la ballade « The Lonely Hours » sortie sous le nom des Sunrays. Au début des sixties, elle ouvre fréquemment pour Johnny et Dorsey BURNETTE et pour les Righteous Brothers.
Installée en Californie depuis 1962, Barbara met en boîte deux titres quatre ans plus tard, publiés par Tower Records sous le nom de The Visitors. Elle récidive l’année suivante avec deux nouvelles chansons éditées cette fois par Manhattan Records.

Barbara Pittman n’insiste pas outre mesure, elle se produit sporadiquement et fait son retour en 1984 avec un Live enregistré à Houston, prouvant qu’elle n’avait rien perdu de sa voix. Curieusement, comme bien souvent en Rockabilly, ce sont les amateurs européens qui en gardent le meilleur souvenir et parviennent à la faire venir en Angleterre et en Hollande en 1983.

Barbara Pittman a tiré sa révérence en 2005 à 67 ans, une crise cardiaque l’emportant vers d’autres horizons certainement meilleurs, la chanteuse dont la maison avait été saisie vivant dans le dénuement le plus total. Il faudra que Roland Janes, guitariste de Sun Records, lance une souscription pour que Barbara puisse être enterrée dignement.

Pour récapituler, sa discographie ne compte donc que huit singles (deux introuvables, un autre dont le prix se négocie neuf entre 350 et 450 €), un album Live et trois compilations. Chanteuse honteusement sous-enregistrée, Barbara Pittman figure également au générique d’un documentaire sur les Hell’s Angels et d’un film de Biker Exploitation « Wild Ones On Wheels » réalisé en 1962 avec Francine York et Edmund Tontoni. Elle participe également à la bande originale du film « Dr. Goldfoot and the Girl Bomb », un nanar de Mario Bava avec Vincent Price, Fabian et Laura Antonelli.

Cette compilation de 27 titres propose la totalité des faces Sun et Phillips Int. Alors, on peut reprocher le nombre élevé d’alternates ou démo (11 au total) donnant l’impression de faire doublons et ramenant le nombre de chansons à 16, mais il faut parfois savoir se contenter de ce qu’on a.
Si le mid tempo « I’m Getting Better All The Time » donne son nom à la compil, « I Need A Man » risque d’attirer tous les regards ou les oreilles avec l’un des meilleurs Rock n Roll féminin de la vague Rockab et un Roland Janes auteur d’un solo aussi dévastateur que précis. Autre bon Rock n Roll avec « Everlasting Love » dans lequel la guitare de Janes et le piano se livrent une bonne bourre arbitrée par le sax de Bill Justis.
Autre bonne pièce avec « Sentimental Fool » un Rock gorgé de Swing à moins que cela soit le contraire avec le saxophone d’Ace Cannon. Mais Barbara n’était pas qu’une chanteuse de Rock ou de Hillbilly, « Handsome Man » s’inscrit entre Blues et R&B du meilleur effet. Les ballades sont également à l’honneur avec « Voice Of A Fool », l’attendrissant folk sudiste « Two Young Fools In Love » dans lequel la guitare acoustique place la voix au diapason. « Cold, Cold Heart » vogue entre spleen et tendresse avec une certaine réussite alors que « Eleventh Commandment » sur lequel on a cru bon de greffer des chœurs loin d’être indispensables et des cordes s’avère largement inférieur. Enfin, notons la ballade purement Hillbilly « I Forgot To Remember to Forget » enrobée par la lap steel de Jack Clement et la trompette lointaine d’Hank Byers.

Afin de conclure, chacun d’entre nous risque d’avoir une préférence pour l’une des quatre prises de « I’m Getting Better All The Time », Forces Parallèles place ses billes sur la dernière. Editée en 1997, cette compilation demeure jusqu’à ce jour la plus complète dédiée à la chanteuse. On espère qu’un label de réédition aura un jour l’idée de publier une anthologie avec la dizaine de titres manquants et pourquoi pas de les regrouper avec « Texas Boogie Recorded Live in Houston » dans lequel Sonny Fisher faisait son apparition. A titre informel, ce recueil a été réédité en 2008 par Charly Records avec une autre pochette et un livret intérieur plus complet. Sans l’omniprésence de Marion Keisker, secrétaire du label Sun, et les oreilles parfois malentendantes de Sam Phillips, Barbara Pittman aurait pu se prévaloir d’une plus longue discographie.

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- Barbara Pittman (chant)
- Roland Janes (guitare 1-2-4-5-6-7-8-9-12-19-20-26)
- Buddy Holobaugh (guitare 1-2-4-15)
- Jack Clement (guitare 5-6-)
- Brad Suggs (guitare 10-11)
- Jimmy Knight (guitare 13-14)
- Billy Riley (guitare 10-11, basse 5-6)
- Stan Kesler (steel 1-2-4-13-14-15, basse 7-10-11-19-20-26)
- Marcus Van Story (basse 1-2-4)
- Jimmy Van Eaton (batterie 5-6-7-8-9-10-11-12-19-20-26)
- Clyde Leoppard (batterie 13-14)
- Johnny Bernero (batterie 1-2-15)
- Smokey Joe Baugh (piano 1-2-4-7-13-14-15-19-20)
- Jimmy Wilson (piano 5-6-8-9-12)
- Ace Cannon (saxophone 1-2-4-15-26)
- Bill Justis (saxophone 8-9-12)
- Hank Byers (trompette 5-6-13-14)
- Gene Lowery (chœurs 8-9-10-11-12)
- Sara Bruce (chœurs 8-9-10-11-12)
- Edwin Bruce (chœurs 8-9-10-11-12)
- Nita Smith (chœurs 8-9-10-11-12)
- Lee Holt (chœurs 8-9-10-11-12)
- Elsie Sappington (chœurs 10-11-13-14)


1. I Need A Man
2. No Matter Who's To Blame
3. Sentimental Fool
4. Voice Of A Fool
5. Two Young Fools In Love
6. I'm Getting Better All The Time
7. Take My Sympathy
8. Cold, Cold, Heart
9. Everlasting Love
10. Eleventh Commandment
11. Handsome Man
12. Just One Day
13. Love Is A Stranger
14. The Lonely Hours
15. Sentimental Fool
16. Cold, Cold, Heart
17. Everlasting Love
18. No Matter Who's To Blame
19. I'm Getting Better All The Time
20. Take My Sympathy (demo)
21. Two Young Fools In Love (demo)
22. I'm Getting Better All The Time (demo)
23. No Matter Who's To Blame
24. I'm Getting Better All The Time
25. Sentimental Fool
26. I Forgot To Remember To Forget
27. I'm Getting Better All The Time



             



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