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Emmanuelle PARRENIN - Maison Rose (1977)
Par MARCO STIVELL le 7 Février 2019          Consultée 86 fois

­Emmanuelle PARRENIN est un cas à part dans le monde de la folk française des années 70. Elle n'a jamais cessé de produire, depuis la fin des 60's et le milieu des "hootenannies", puis après son retour du Canada où elle a passé deux ans à jouer, échanger, collecter de la musique en compagnie d'autres musiciens amis. Seulement, tous ces albums étaient des participations ou des collaborations, groupe (MÉLUSINE) ou, de façon plus intime, duo avec son mari, le violoniste Philippe Fromont.

En 1977, lorsque paraît Maison Rose, son premier vrai disque à elle, Emmanuelle PARRENIN fête ses vingt-huit ans. La réalisation est faite à Paris (studio Acousti) et en Normandie (studio Frémontel), publiée ensuite sur le label Ballon Noir de Hughes De Courson (MALICORNE). Sans le savoir alors, l'artiste apporte un élément essentiel à un genre riche, et un de ceux dont on se souvient le mieux, pour ceux qui s'en souviennent !

Il faut savoir que Maison Rose est court (35 minutes), presque totalement enregistré par Emmanuelle PARRENIN seule, avec le concours d'un musicien supplémentaire pour deux morceaux. Il alterne des morceaux chantés et des instrumentaux, pièces pour trio vielle à roue/dulcimer/épinette des Vosges ou alors complaintes d'un esprit féminin irrésistible. PARRENIN en est l'auteure et la compositrice, mis à part "Belle Virginie" qui est un traditionnel canadien.

Jean-Claude VANNIER, "l'arrangeur des arrangeurs" en personne, est à l'origine du titre "Plume blanche, plume noire", où PARRENIN révèle à tout néophyte sa voix superbe, pleine de douceur enfantine en faisant sentir toutefois qu'elle peut y mettre plus de caractère, de piquant, à la manière de Jacqui McShee, la chanteuse du groupe PENTANGLE. On devine d'ailleurs des touches jazzy dans l'harmonie de ce morceau, accouplées au lyrisme léger des choeurs en fond.

Les choeurs, simples vocalises parfois, amènent une grâce folle, aussi pure que séductrice, sur la chanson "Maison rose", tandis que le chant principal fait étalage de nostalgie dans les paroles. Ailleurs, ce sont des contes ("Thibault et l'arbre d'or"), des femmes éperdument amoureuses, parfois délaissées ("Belle Virginie" et les marins sur le départ que rien n'arrête). Des merveilles...

Les instrumentaux sont tout aussi délicats, lorsqu'ils sont axés sur les instruments à cordes, garnis de percussions cristallines ("Liturgie"), de vocalises féeriques à peine perceptibles en fond sonore. Une telle beauté et ses nuances nous prennent aux tripes dès le départ avec "Ce matin à Frémontal". En général ce sont des airs répétés sur une durée courte, un crescendo introductif et un final en suspension, effets magiques dans tous les cas. La vielle à roue conduit une danse française ancienne ("Ritournelle"), donne un effet glorieux de cornemuses en collectif (la fin de "Ce matin à Frémontal"), avant d'être passée à la moulinette d'effets sonores modernes.

Car c'est aussi ce qui fait l'ingéniosité d'un tel disque. Les résonances et la roue libre de titres comme "Topaze" et "Après l'ondée" sont là pour rendre hommage aux talents des Allemands de TANGERINE DREAM, Klaus SCHULZE, avec un goût pour le planant, l'éthéré. Il y a un travail d'électroacoustique pour le moins brillant et que l'on ne retrouve pas chez MALICORNE, ni MÉLUSINE. C'est un voyage inédit auquel nous convie Emmanuelle PARRENIN, fragile et intime, un rêve qui se conclue avec quelques notes de harpe et phrases simples fredonnées sur le dernier titre.

L'ensemble, pochette incluse, est quasiment parfait ; il faut reconnaître que "Topaze" reste moins passionnant que le reste et bien trop allongé par rapport à la durée globale. C'est le seul disque d'une grande dame de la musique française sous son nom et aussi personnel, avant bien longtemps (une suite est publiée en 2011). Maison Rose se vend à quelques 50.000 copies et obtient un succès d'estime, avant de se faire oublier et réediter par Lion Productions, vinyle et CD, en 2008. À ranger aux côtés du Marc'h Gouez de Kristen NOGUÈS (1976), pour les mêmes qualités, caractéristiques et degré de préciosité.

La fin de la décennie 70 est intense pour Emmanuelle PARRENIN, qui, en cette même année 1977, est conviée sur l'album du groupe RIPAILLE, La Vieille Que l'on Brûla (label Ballon Noir aussi), ainsi que Douar Nevez, le premier de Dan AR BRAZ en solo. Elle et ses accompagnateurs (Yan Vagh, Jeannot Padovani et Didier Malherbe, membre du mythique groupe GONG) font la malencontreuse expérience d'une première partie inadaptée pour un concert des CLASH en France (à Pantin), devant un public de 6000 personnes irrespectueuses, tout simplement étrangères à leur univers musical.

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   MARCO STIVELL

 
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- Emmanuelle Parrenin (chant, tous les instruments)
- Denis Gasser (guitare sur 2)
- Bruno Menny (batterie et effets sonores sur 7)


1. Ce Matin à Frémontel...
2. Plume Blanche, Plume Noire
3. Liturgie
4. Thibault Et L'arbre D'or
5. Ritournelle
6. L'écharpe De Soie
7. Topaze
8. Belle Virginie
9. Ballade Avec Neptune
10. Maison Rose
11. Après L'ondée
12. Le Rêve



             



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