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ORANG-UTAN - Orang-utan (1971)
Par LE KINGBEE le 4 Mars 2019          Consultée 139 fois

Cette chronique fait suite à la demande judicieuse d’un lecteur. Si le disque n’a pas révolutionné l’industrie du disque, on remarque que, longtemps plongé dans les oubliettes des obscurités, il a refait surface grâce à une plateforme musicale bien connue des amateurs de musique et par le biais de rééditions qui ont enfin rendu justice à ce primate impressionnant.

Alors dans la série vaudevillesque « les cocus, levez la main », les membres d’ORANG-UTAN◊ pourront lever les deux. En effet, si leur seul opus a bien été édité, le groupe n’en tirera pas le moindre centime, même pas une poignée de main amicale ou une simple lettre de remerciement.
Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, l’industrie du disque regorge de sacrés coquins et coupe jarrets de la pire espèce. Le pseudo producteur Adrian Miller récupéra les bandes on ne sait trop comment et les refourgua à Larry Uttal contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Il suffisait à Larry Uttal♠ d’apposer le nom d’une boîte de production bidon au dos de la pochette (Whyteleaf Production), de presser la galette, de la publier et le tour était joué. Bien évidemment Uttal, patron du label Bell depuis presque vingt ans, oublia de verser le moindre kopek aux jeunes anglais. Le prototype des parfaits « enculés »⃰.

Revenons un peu à ces primates méconnus. Le groupe se produit à Londres et dans le Kent sous le nom de Hunter ⸋, nom d’une chanson d’Albert KING. Il s’agit là d’un groupe éphémère plus ou moins constitué de bric et de broc. Tous ces jeunes musiciens anglais sont issus de groupes ayant splitté en 1970 avec en tête de gondole le chanteur Terry Clarke (ex Holy Mackerel, Jason Crest) les guitaristes Mike Clarke et Sid Faitman, le bassiste Paul Roberts et le batteur Jeff Seopardie (futur Pete Brown Band, Maggie Bell Band, Chris Rea, ou Pacific Eardrum) seul pourvoyeur du groupe en matière de compositions.
Le quintet se produit dans le Sud de l’Angleterre et enregistre à l’arrache dans un petit studio londonien équipé d’un 16 pistes, technique alors toute récente, huit compositions de Seopardie, l’âme pensante du groupe en matière de créativité.

En ouverture, « I Can See Inside Your Head » pourrait figurer comme le parfait prototype de Rock Psyché early seventies. La mélodie se retient aisément sans tomber dans les affres de la facilité ou du déjà entendu, les riffs de guitare sont efficaces, la rythmique bien en place et le chant de Terry Clarke parfaitement ajusté pour un morceau qui ne s’éternise pas (3 minutes et des brouettes). Une superbe entrée en matière.
Orang-Utan propose trois titres beaucoup plus longs : « Slipping Away » bénéficie d’un refrain entêtant et d’une coupure bienvenue en son milieu élargissant son spectre vers un Folk Blues Psyché issu du meilleur tonneau. « Chocolate Piano » reste pratiquement sur la même lignée, mais le groupe n’hésite pas à envoyer du petit bois. Si le chant de Terry Clarke fait peut évoquer celui de Plant, les guitares renvoient elles à DEEP PURPLE ou plus exactement à PINK FAIRIES, formation ne s’appuyant pas sur l’utilisation de claviers, à l’instar d’Orang-Utan. La formation s’immerge dans le domaine de l’Heavy Blues Psy avec « If You Leave » et ses deux guitares qui s’accordent merveilleusement pour proposer une cohésion lead/rythmique aussi solide que mélodieuse, et enfin un batteur qui prouve qu’il ne se contente pas d’écrire mais peut aussi asséner des frappes précises dignes d’un scud.
Le gigantesque primate sait également, à l’instar de King Kong, nous faire partager des moments plus tempérés. « Fly Me High » se situe plus dans le registre de la ballade psy mid tempo, avec des guitares qui se fondent dans une douceur presque mélancolique, un climat juste tranché par la voix de Terry Clarke, au timbre si particulier. Même impression avec « Love Queen » Comme son titre peut le suggérer « Country Hike » propose un petit changement de cap avec quelques fragrances de Country Rock, dans lesquelles les guitares viennent s’engouffrer aussi délicatement que possible.
Titre de fermeture, il faut près d’une cinquantaine de secondes pour que « Magic Playground » sorte de l’ornière Pop brouillonne dans lequel il semblait s’être englué, les baguettes de Jeff Seopardie relançant la machine avec justesse.

Presque un demi-siècle après sa sortie, cet unique disque d’ORANG-UTAN mérite largement d’être redécouvert. Le répertoire reste cohérent de bout en bout, la voix de Clarke parait plus puissante et maîtrisée par rapport à sa période Jason Crest, les deux guitares forment une sorte d’entre-lac captivant et enfin la production s’avère sans surenchère, contrairement aux futures tendances qui ne tarderont pas à polluer et envahir de nombreuses galettes.

Ah … … dernières choses, chez F.P, on aime bien les losers, Orang-Utan plus que lésé par Bell Records ne peut que s’attirer un capital sympathie allant de pair avec la qualité d’un répertoire bien construit. Certaines sonorités pourront évoquer tour à tour LED ZEPPELIN, PINK FAIRIES, The Deviants ou Leaf Hound enfin on signalera une pochette qui sort de l’ordinaire, en espérant qu’Uttal et Miller se ramasseront une gamelle via la peau de banane figurant sur la pochette dorsale. Le disque a été réédité en vinyle par le label espagnol Sommor et Hifly Sound Anstalt basé au Liechtenstein et sous format CD par Lizard Records et le label allemand Buy Or Die Records, une petite maison d’édition rattachée à TRC et dont les albums sont semi-référencés. On signalera que ces labels semblent verser des royalties aux membres du groupe.

◊ Le guitariste Christian Dyas a formé en 1993 à Boston un groupe au nom presque similaire, Orangutan.
♠ Larry Uttal, fondateur des labels Madison, Amy et Mala a racheté Bell Records en 1961, alors label dit petit budget. De nombreux groupes seront en procès avec Bell pour cause de royalties non versées. Uttal s’est installé à Londres en 1978 où il se lancera dans la production cinématographique et les agences de voyage. Il est décédé du VIH en 1993 à 71 ans.
⃰ J’ai longuement hésité à l’emploi de ce mot quelque peu grossier dans cette chronique. Mais après avoir mûrement réfléchi et vainement cherché un autre terme, je n’ai rien trouvé de plus adéquat. Que les oreilles chastes m’excusent cet écart.
⸋ Hunter est sans lien avec son homonyme anglais ayant enregistré un single RCA en 1970.

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   LE KINGBEE

 
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- Terry Clarke (chant)
- Mike Clarke (guitare)
- Sid Faitman (guitare)
- Paul Roberts (basse)
- Jeff Seopardie (batterie)


1. I Can See Inside Your Head
2. Slipping Away
3. Love Queen
4. Chocolate Piano
5. If You Leave
6. Fly Me High
7. Country Hike
8. Magic Playground



             



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