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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  B.O FILM

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James Newton HOWARD - The Village (le Village) (2004)
Par DERWIJES le 13 Mars 2019          Consultée 166 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

M Night SHYAMALAN et moi, c'est une histoire de rendez-vous manqués. Le courant entre-nous n'est jamais passé, et je ne cesse d'être déçu par ses films. Il propose pourtant de bonnes idées mais je trouve que sa direction artistique est froide, stérile et rend des scénarios pourtant intéressants profondément ennuyants, en particulier sur Incassable, film dont j'aime beaucoup l'histoire mais que je ne peux pas regarder sans m'endormir au bout du cinquantième plan fixe ou les personnages regardent dans le vide ou discutent de choses supposément profondes. Mais si il y a bien une chose sur laquelle je le rejoins, c'est la musique.
Dès ses débuts le cinéaste a eu la bonne idée de s'entourer du compositeur californien James Newton HOWARD qui a toujours su sublimer les images avec une musique impeccable, et nulle part ailleurs cette dichotomie n'est aussi visible que sur son film de 2004, The Village (Le Village en français).

En 2004 j'avais 09 ans, mais je me souviens avoir eu envie de voir ce film à force d'en entendre parler partout. Il faut dire que pour un gamin fasciné par tout ce qui touchait de près ou de loin au fantastique, au mythologique où à l'horreur le synopsis avait de quoi plaire : une petite communauté vivant isolé dans des règles strictes est entourée de bois où semblent vivre des forces maléfiques, mystère que décide de percer une jeune fille aveugle...
Petite avance rapide jusqu'à la sortie en DVD du film et un mercredi après-midi où mon frère et moi profitons de l'absence de mes parents pour le chaparder à mon père : ma déception est si forte que même notre chienne peut la sentir (alors que cette brave bête avait surtout le museau fin pour la nourriture plus que pour la garde). Je suis encore trop jeune pour comprendre exactement ce qui m'a déçu, mais je viens de faire une découverte des plus importantes : parfois la musique est plus forte que les images, et c'est elle qui reste gravée dans l'esprit longtemps après que le générique de fin ait fini de défiler.
Nouvelle avance rapide jusqu'à aujourd'hui. De l'eau a coulé sous les ponts mais je conserve précieusement sur mon ordinateur un extrait de la bande-son du film, « The Gravel Road », un morceau sublimement beau vers lequel je ne cesse de revenir. C'est marrant, depuis toutes ces années je n'avais jamais pensé à écouter les autres morceaux...Peut-être était-ce par peur d'être déçu ou alors étais-je tellement satisfait de cet unique morceau que je ne voyais pas la peine d'aller chercher plus loin ? Mais une rencontre avec l'album du film sous mes doigts lors d'une de mes virées hebdomadaires à ma médiathèque locale pour faire le plein de musique me donne envie de m'y plonger enfin.

Quatre écoutes et un nouveau visionnage du film plus tard, et me voilà en train de taper ces mots. Alors, The Village, quinze après ? Je lui accorde des décors et des costumes réussis, et adoube Bryce Dallas Howard. La fille de Ron Howard n'est juste « fille de » et sait mettre ses talents d'actrices à profit, lorsqu'elle n'est pas poursuivie en talons-aiguilles par des T-Rex. Mais alors, cette fin...Jamais autant l'expression « finir en eau de boudin » n'aura été aussi approprié. Pourtant l'idée n'est pas mauvaise, mais si elle soulève beaucoup de questions sur le pourquoi du comment, mais elle est utilisée comme gimmick du réalisateur plutôt que comme un véritable outil scénariste qui ajouterait un nouveau poids et une nouvelle lecture à l'histoire.

Par contre, la musique, elle...Pour une fois mes attentes ne sont pas déçues, et je l'apprécie même encore plus qu'avant, fait rare et d'autant plus précieux quand le souvenir d'enfance n'est pas gâché par la réalité de la vie d'adulte !
Tout le succès de cette bande-son tient en un seul nom : Hilary HAHN. D'une manière similaire à ce que fit John WILLIAMS pour La Liste de Schindler, James Newton Howard laisse la violoncelliste britannique porter sur ses épaules la partition, ne l'épaulant que discrètement en accompagnant le HOLLYWOOD STUDIO SYMPHONY. Plutôt que de suivre le rythme du film il s'en détache pour créer une musique possédant sa propre âme, mais qui capture à la perfection l'ambiance du film et la psychologie du film, bien mieux que ne le font les dialogues ridicules. Le violon d'Hilary Hahn nous ouvre les portes d'un univers mélancolique et profond. Les quelques interventions de Newton Howard se font en arrière-plan, glissant quelques effets atmosphériques par-ci ou d'autres cordes par-là pour ajouter de la tension.

Cela ne trouble toutefois pas l'ensemble et nous laisse face à une œuvre ô combien touchante. En dépit du partage en différentes courtes pistes, The Village doit se concevoir comme une seule et même pièce, un concerto exécute de main maître. A écouter absolument.

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- Hilary Hahn (violon)


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