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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  B.O FILM

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- Style : Ramin Djawadi
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Hans ZIMMER - Black Hawk Down (la Chute Du Faucon Noir) (2002)
Par DERWIJES le 14 Novembre 2021          Consultée 214 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Adapté du roman du même nom du journaliste Mark BOWDEN publié en 1999, Black Hawk Down (La Chute du Faucon Noir en français, une traduction qui est pour une fois plus poétique que l’originale) est sorti en 2002. Son réalisateur Ridley SCOTT était alors encore porté par l’énorme succès de Gladiator, et même le succès mitigé d’Hannibal ne semblait pas l’avoir atteint. Alors qu’il avait connu une fin des années 90 difficiles avec plusieurs échecs successifs (G.I. Jane), le péplum l’a remis en selle et il va alterner les années 2000 avec un bon film et un film moins bien : Gladiator/Hannibal, La Chute du Faucon Noir/Matchstick Men, Kingdom of Heaven/A Good Year, American Gangster/Body of Lies (l’exception qui confirme la règle, un film d’espionnage classique mais efficace). Après son horrible Robin des Bois en 2010 ses films vont surtout faire parler d’eux pour les scandales qu’ils enchaînent : le white-washing d’Exodus, la scène de sexe bizarre de Cameron DIAZ dans The Counselor, le remplacement express de Kevin SPACEY dans All the Money In The World, Prometheus et Alien : Covenant qui lui attire les ires des fans de Xenomorphes…

Lors de sa sortie La Chute du Faucon Noir a enregistré de bons retours critiques malgré un score au box-office décevant pour un film de son envergure. En même temps il est sorti en Décembre 2002 et il n’a pas vraiment l’esprit des fêtes de fin d’année, c’était risqué dès le départ…Le film raconte la désastreuse bataille de Mogadiscio du 3 et 4 Octobre 1993 pendant la Guerre Civile Somalienne. Je vous laisse voir les détails avec Wikipédia, pour simplifier méchamment disons juste qu’il s’agissait d’une mission de sauvetage d’un hélicoptère américain écrasé qui a tourné au désastre. Le film s’est fait taper sur les doigts pour les libertés qu’il a pris avec la réalité des faits et pour sa représentation des Somaliens, notamment parce que le langage employé dans le film est plus proche de ceux de l’Afrique de l’Ouest que des langues africaines-asiatiques de la Corne Africaine.

Malgré tout j’aime beaucoup La Chute du Faucon Noir. Il a certes ses défauts, mais il a un casting de stars (qui se ressemblent toutes avec leurs casques et le crâne rasé) mais il réussit dans son message à évoquer la futilité de la guerre. Je pense que l’idée de Scott était de pointer du doigt que tous les conflits dans lesquels se sont engagés les Américains sont les mêmes depuis le Vietnam : Washington et ses lobbys décident de jouer les gendarmes et envoient des troufions se faire mitrailler dans un pays qui a peur d’eux, face à un ennemi qu’ils sous-estiment gravement et devant les caméras du monde entier. On pourrait retranscrire le scénario du film au Vietnam, en Afghanistan ou en Irak avec la même puissance. Une puissance qui vient d’ailleurs de la cinématographie du film qui donne vie à de superbes images, comme celles des sangliers sauvages fuyant à travers la brousse les hélicoptères ou celle du muezzin appelant la prière du haut de son minaret face au soleil levant.

L’autre élément qui participe grandement à l’immersion est la musique. Comme pour Gladiator et Hannibal, Ridley Scott fait de nouveau appel à Hans ZIMMER, leur cinquième collaboration au total en comptant Black Rain et Thelma & Louise (ainsi que True Romance pour son frère Tony, mais on n’en parle pas au risque de réveiller le stress post-traumatique de Baker). Pour se préparer, l’ex BUGGLES a envoyé son assistant Mark STRETENFIELD se promener dans les déserts africains pour y enregistrer les instruments et chants qu’il pouvait y trouver et il a aussi utilisé la musique de Baaba MAAL. Evidemment ce genre de B.O. ne fait pas office de plongée dans l’univers de la musique africaine, beaucoup trop vaste pour cela, mais les colorations qu’elle utilise ont toutefois le mérite de pouvoir intéresser les esprits curieux. Et aussi de rappeler que les premiers travaux de Zimmer étaient assez tournés vers la world music, avec beaucoup, beaucoup de percussions.

Le premier titre "Hunger" installe pendant six minutes une atmosphère tragique, avec ses grands coups de violons accompagnés par des sonorités orientales. Plutôt classique dans la forme mais diablement efficace, elle est suivie par la composition de l’algérien Rachid TAHA « Bara Bara », autrement plus agressive mais tout aussi réussie avec son chant traditionnel boosté par une guitare électrique abrasive, une ambiance que l’on retrouve en plus techno (et en nettement plus daté) sur "Bakara" et sur "Tribal Wars" de la même trempe. L’alternance entre des pistes plus sombres et atmosphériques ("Chant", qui rappelle quelque peu les ambiances jurassiques de John WILLIAMS, surtout ceux du second volet, "Ashes to Ashes", "Synchrotone" et "Of the Earth") et des morceaux élégiaques à souhait ("Vale of Plenty", "Still" et sa reprise, "Leave No Man Behind") auraient déjà suffis à hisser haut cette œuvre, surtout quand ils sont accompagnés du morceau "Minstrel Boy" de Joe STRUMMER. Mais bien sûr, le clou du spectacle c’est "Gortoz A Ran" * de Denez PRIGENT. Aussi surprenant que puisse être l’idée d’insérer un morceau breton dans un film se déroulant en Somalie, il est tellement beau et émouvant que ça marche du tonnerre. Les mauvaises langues diront que la présence de Lisa GERRARD au chant permettait à Zimmer et Scott de répéter à moindre frais le succès de "Now We Are Free" mais quelle importance ? En matière d’adieu et d’hommage à ces hommes morts pour rien, ça fonctionne et c’est tout ce qui compte.

Mine de rien ce film va bientôt avoir vingt ans. Depuis sa sortie Hans Zimmer est devenu LA référence de musique de film, détrônant pour une nouvelle génération les rois d’antan Williams et GOLDSMITH. La réussite qu’est Black Hawk Down permet de rappeler qu’avant de nous inonder avec presque une demi-douzaine de bande-son par an, c’est un maître artisan capable du meilleur.

P.S. : pour les amateurs de belles images qui ne la connaîtraient pas encore, je recommande chaudement la chaîne YouTube "The Beauty Of", tenue par un français, cocorico, dont voici le lien vers sa vidéo pour ce film : https://www.youtube.com/watch?v=SCV3o0GYzhA&t=116s

*Parue en 2000 sur son album Irvi que Marco a chroniqué sur le site !

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1. Hunger
2. Barra Barra
3. Vale Of Plenty
4. Chant
5. Still
6. Mogadishu Blues
7. Synchrotone
8. Bakara
9. Of The Earth
10. Ashes To Ashes
11. Gortoz A Ran
12. Tribal War
13. Leave No Man Behind
14. Minstrel Boy
15. Still (reprise)



             



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