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BABY HUEY - The Baby Huey Story - The Living Legend (1971)
Par LE KINGBEE le 14 Mars 2019          Consultée 226 fois

Encore un gars qui aurait dû cartonner s’il n’était pas mort avant l’heure comme on dit. James Thomas Ramey voit le jour durant l’été 1944 à Richmond (Indiana) ville où vivent de nombreux quakers. Après avoir chanté au sein des Vets, James quitte le lycée et part tenter sa chance à Chicago. Il intègre plusieurs petits groupes avant de fonder Baby Huey & The Babysitters en compagnie de l’organiste Melvyn « Deacon » Jones un autre gars rencontré à Richmond et du guitariste Johnny Ross.

Entre 1965 et 1968, la formation se produit abondamment, principalement à New York, Chicago et de nombreux festivals tout en gravant une poignée de singles pour USA Records dont une reprise de « Messin With The Kid » de Junior Wells. Parallèlement aux Babysitters, James enregistre trois autres microsillons sous le nom de Claude Huey.
Alors que le groupe se produit au Thumbs Up, un club de Chicago, James est repéré par Donny Hathaway qui le conseille vivement à Curtis Mayfield qui s’empresse de signer le doux colosse et son compère Deacon Jones, laissant les autres membres sur le carreau.

Mais l’aventure sera de courte durée pour le chanteur. S’il a pris comme nom de scène le patronyme du célèbre canard de dessin animé de la firme Paramount, James souffre d’une maladie glandulaire irréversible. A 16 ans, il pesait déjà près de 160 kilos. L’abus d’alcool et de drogues diverses cumulé à une passion destructrice pour la bouffe auront bientôt raison de lui. En octobre 1970, Baby Huey et ses 180 kilos s’écroulent comme une masse dans la salle de bain d’un motel de Chicago, le cœur n’a pas résisté à une prise massive d’héroïne. Le chanteur n’intègrera même pas le triste club des 27.

Si Curtis Mayfield avait bien publié un unique single de Baby Huey en 1969 avec « Mighty Mighty Children (Unite Yourself This Hour) » décliné en deux parties, s’intégrant entre deux galettes des IMPRESSIONS, le reste ne sera que posthume, Baby Huey étant décédé prématurément prenant tout le monde de cours.
« The Baby Huey Story –The Living Legend » est donc à ranger au rayon des disques posthumes. La pochette n’est pas anodine, souffrant d’une surcharge pondérale due à sa maladie, le visage du chanteur dégage une impression infinie de tristesse. Le visuel dorsal vient en partie en contrepoint de cette vague à l’âme, on voit le colosse vêtu d’un vêtement d’intérieur tendance Acid feuilletant un livre de cuisine.
On se retrouve comme happé dès le titre d’ouverture. « Listen To Me » avec sa grosse ligne de basse, une section cuivre qui vient épicer le contenu, une guitare incisive qui semble avancer entre Funk et Acid Soul et une voix suave mais percutante qui pourrait sortir d’outre-tombe et un refrain de gratte obsédant. Un long morceau de Soul Psyché de plus de 6 minutes 30 dont on aimerait qu’il continue encore quelques minutes. Pour un peu, ce titre enivrant pourrait servir de parallèle à une séquence du film « Ipcress Danger Immédiat » dans laquelle Nigel Green essaie en vain de laver le cerveau de l’espion Harry Palmer (Michael Caine) en lui répétant sans cesse « Listen To Me ».
Manquant probablement de matériel, Curtis Mayfield incorpore ici trois instrumentaux dont on ignore avec exactitude par qui ils sont joués, le producteur ayant essayé d’exclure les Babysitters au profit des musiciens attitrés du studio Curtom. « Mama Get Yourself Together », une compo de Baby Huey, s’étale pendant plus de 6 minutes dans une ambiance mêlant Chicago Soul et Latina aussi agréable qu’entraînante.
Si « California Dreamin’ », hit de Mama’s & The Papa’s, surfe entre un univers latino et Acid avec flûte et congas, l’instrumental aurait mérité d’être quelque peu raccourci. A noter cependant quelques effets sonores influencés par un hit de James Brown. En fermeture, « One Dragon Two Dragon », troisième instrumental et composition de Baby Huey, laisse à penser que cette histoire sans paroles aurait mérité justement un apport voix, le morceau s’éternisant quelque peu.

On retrouve deux titres de Curtis Mayfield et là entre les reprises de Baby Huey et les originaux, il n’y a pas photo ! « Mighty Mighty » interprété sous forme de Live en studio est une merveille de Funk nous emmenant dans un tourbillon bien déjanté où danse et délire viennent compléter un tableau jouissif, entrecoupé par moment par une voix d’enfant. Autre grand moment avec « Hard Times », dans lequel les ombres de Sly & The Family Stone et du Godfather semblent planer. Une version pleine de groove bien plus barrée que les futures reprises de Mayfield ou de John Legend. Il confirme avec « Running » malgré un curieux effet de reverb.

Terminons ce voyage dans le monde de Baby Huey avec une reprise d’anthologie, « A Change Is Going To Come », chef d’œuvre de Sam Cooke, dans lequel Huey apporte une forte dose de Soul Psy avec des vociférations incroyables, des cris stridents en contrepoint de l’orgue churchy pour une ambiance crépusculaire et l’apparition au deux tiers du disque de paroles personnelles peut-être prémonitoires venant compléter cette chanson d’espoir.

Curieusement, ce disque ne révolutionnera pas l’industrie du disque, ni les charts, mais deviendra emblématique au fil des ans. Certains titres seront samplés par les vedettes du Hip Hop et du Rap. On ignore avec exactitude qui sont les musiciens figurant sur les différents titres. A noter que les Babysitters tenteront une seconde aventure avec en remplacement de Baby Huey une jeune chanteuse du nom de Chaka Khan, aventure sans lendemain. Si les trois instrumentaux ne venaient pas encombrer le disque, cette petite galette pourrait espérer la note maximale. De par sa stature, James Ramey ne s’imposait pas que sur scène, mais aussi en studio. Il disposait en effet d’un atout majeur, celui d’avoir du coffre et du charisme. Ce disque réédité à maintes reprises a fait l’objet d’un pressage français via Buddah Records.

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- Baby Huey (chant)
- Melvyn 'deacon' Jones (orgue, trompette)
- Danny O'neil (guitare)
- Dan Alfano (basse)
- Reno Smith (batterie)
- Dave Cook (orgue)
- Byron Watkins (saxophone)
- Rick Marcotte (trompette)
- Alton Littles (trompette)
- Othello Anderson (flûte)
- Plato Jones (percussions, bongo)
- Moulie (chœurs)


1. Listen To Me
2. Mama Get Yourself Together
3. A Change Is Going To Come
4. Mighty, Mighty
5. Hard Times
6. California Dreaming
7. Running
8. One Dragon Two Dragon



             



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