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MEZQUITA - Recuerdos De Mi Tierra (1979)
Par LE KINGBEE le 12 Mai 2019          Consultée 117 fois

Le décès du Caudillo en 1975 allait lancer l’Espagne vers une transition démocratique bienvenue et souhaitée par tout un peuple. Ce n’est véritablement qu’à partir du milieu des années 70 que le pays allait s’émanciper musicalement. Après avoir rongé son frein pendant des années, le Rock andalou allait se faire connaitre via TRIANA et MEZQUITA.

Formé en 1978, MEZQUITA enregistre son premier disque en juillet 79 à Madrid sous la houlette de Vicente Romero producteur et patron du label Chapa Discos. Si le disque parvient aussitôt à intéresser les amateurs de Prog, l’album ne connaîtra qu’un succès d’estime, la faute à un manque de distribution et de promotion flagrant, Chapa Discos étant totalement et foncièrement indépendant. Dans les années 90, un label japonais et un coréen rééditent le disque à un prix, hélas, hautement prohibitif. Il faudra attendre 2005 pour que deux petites maisons de disques audacieuses publient le disque sous forme de CD pour que celui-ci fasse de nouveau bouillir les forums consacrés au Rock Prog.

La pochette avant nous montre un paysage semi désertique dans lequel se dresse un étrange bâtiment. En y regardant de plus près, il s’agit de la grande mosquée de Cordoue (mezquita de Cordoba). Les catholiques lui donneront un autre nom, la Cathédrale Notre Dame de l’Assomption, toujours est-il qu’elle se dresse fièrement sur Cordoue. Ce joyau d’architecture tombera dans les mains de l’église quand le Roi Ferdinand III reprendra la ville aux musulmans en 1230. Faire figurer la grande mosquée de Cordoue sur la pochette n’est pas si anodin, en fait de par cette exposition, le groupe annonce une sonorité andalouse très forte à travers un répertoire teinté de flamenco mais également d’une musique encore plus chaude l’arabo-andalous.

"Recuerdos De Mi Tierra", titre d’ouverture donnant son nom au disque, débute sur des synthés grinçants et acidulés et sur lesquels viennent se mêler quelques cloches. Pour un peu on se croirait pour un bref instant dans la trilogie de Sergio Leone. Les guitares aussi habiles que rapides tentent de prendre le relais, mais c’est bel et bien la guitare flamenca qui tire les marrons du feu, alors que les claviers deviennent envoûtants et mystérieux avec une soudaine coloration orientale. Un titre complexe de presque huit minutes qui se déguste comme un tableau de Monet ou Turner, avec à chaque écoute une nouvelle découverte. "El Bizco De Los Patios" fourmille d’accords de guitares qui viennent s’entrelacer aux synthés alors que le chant intervient plus rapidement cette fois ci. En milieu de piste, la basse confère une pigmentation plus Jazzy. "Desde Que Somos Dos" s’ouvre sur une volée de batterie, la basse plus groovy vient mêler son grain de sel tandis que les claviers impulsent une atmosphère mauresque renforcée par le chant aux tournures typiquement andalouses. Après avoir évolué dans un univers cosmique, la guitare revient vers la tradition flamenca en milieu de piste.
La face B s’ouvre avec sur un déluge de synthé et de guitare sous le nappage de claquements de mains et de pieds bien dans la tradition flamenca, la basse virevoltante fait une apparition pleine de rondeur tandis que le chant grondant et menaçant s’arme d’une teinte mauresque. Si la batterie et les synthés n’enrobaient pas le morceau, on serait presque en présence d’un air de flamenco. "El Suicidio", long morceau de plus de sept minutes, reprend le concept du titre d’ouverture, le rythme devient plus lent et maintient une tension dramatique que viennent relancer les synthés et la guitare. La guitare acoustique s’offre ici un excellent solo au bout de cinq minutes, prenant encore une fois l’auditeur à contrepied, le titre se terminant sous un nappage de cloches et de chœurs angéliques, pour quelques secondes de douce quiétude. "Obertura En Si Bemol" vient conclure le disque de manière aussi bizarroïde qu’étonnante. Il s’agit en effet d’un titre véritablement ancré dans le Jazz Prog ; s’il n’y avait quelques zestes ibériques on pourrait croire le morceau sorti tout droit d’un disque d’IF ou du MAHAVISHNU ORCHESTRA. Un titre qui aurait du figurer en milieu de disque, cela aurait permis de faire une coupure bienvenue. Note réelle 3,5.

Un disque qui reprend dans une certaine mesure le concept de "Rock Encouter", fabuleux disque dans lequel Joe Beck et le guitariste vétéran Sabicas, grand maître du Flamenco exilé aux States depuis des lustres, confrontaient leurs arts respectifs. Si MEZQUITA s’annonce clairement comme une formation de Rock Prog. Flamenco, au gré de certains passages, certains amateurs de Prog. y décèleront parfois un rapprochement avec GENTLE GIANT, WEATHER REPORT, GONG ou même Pat METHENY. Recuerdos De Mi Tierra sera suivi en 1981 d’un album décousu et sans guère d’intérêts. Le groupe s’est brièvement reformé en 2008 et se produit sporadiquement avec trois des membres originaux, le batteur Raphael Zorrilla ayant disparu des écrans radars.

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   LE KINGBEE

 
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- José 'rafa' Garcia (chant, guitare)
- Rosoca 'roshka' Perez (claviers, synthétiseur)
- Randy Lopez Rojas (basse, percussions, chant)
- Rafael Zorrilla (batterie, percussions, chant)


1. Recuerdos De Mi Tierra
2. El Bizco De Los Patios
3. Desde Que Somos Dos
4. Ara Buza (dame Un Beso)
5. El Suicidio
6. Obertura En Si Bemol



             



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